怪盗レトン|第八章 メグレ、本気になる

怪盗レトン

注記(区切り記号について)
この翻訳文には、点字に対応させるための区切り記号(マス空け)を入れています。
「|」 … 1マスあけ
「||」 … 2マスあけ
点訳の際に必要となる区切りを、見える形で示しています。
読み進めるうちに、文章のリズムや切れ目を意識していただければ幸いです。

・固有名詞はフランスの実際の発音を標準にしますが、日本語で馴染みのあるカタカナ表記を優先しています。
・固有名詞は、原則として最初に登場した時に限って、その固有部分を「第2カギ符」で囲んでいます。
・固有名詞の複合語は、「マス空け」「中点」ではなく、一つの意味のまとまりとして一体性を保つために「第2つなぎ符」で表記しています。

・フランスの「通り名」は、「Avenue」並木道なみきみち、「boulevard」大通りおおどおり、「Qai」河岸かがん通りどおり、「Rue」通りとおり
・当時の1フラン=現在の日本円で200円程度
・建物の階数は、rez-de-chaussée=1階、premier étage=2階と表記しています。

『Brille Editor System ver.8』用の『BESファイル』を、ZIPファイルに圧縮して公開しています。(2026年2月18日現在未完成)

Pietr le Letton
Chapter Ⅷ
Maigret ne joue plus

||||||||怪盗|レトン
||||||第八章
||||メグレ、|本気になる

Les chauffeurs qui «font la nuit», à Montmartre, comprennent les choses à demi-mot, comprennent même souvent lorsqu’on ne leur dit rien.
Au moment où le coup de feu avait éclaté, l’un de ceux qui stationnaient en face du Pickwick’s-Bar allait ouvrir la portière de sa voiture pour laisser pénétrer Maigret. Il ne connaissait pas l’identité de celui-ci. Devina-t-il, à l’allure, qu’il avait affaire à un policier ?

モンマルトルで|夜の|仕事を|する|タクシーの|運転手は|物事を|半分|言われれば|わかる。||何も|言われなくても|わかることさえ|多い。||銃声が|響いた|瞬間、|ピックウィックス・バーの|前に|停まっていた|一台の|運転手が|メグレを|乗せようと|扉を|開けようと|していた。||彼は|メグレの|素性を|知らなかった。||それでも|その|物腰から|相手が|警官だと|見抜いたのだろうか。||

Les consommateurs d’un petit bar d’en face accouraient. Dans quelques instants, il y aurait autour du blessé tout un rassemblement. Alors l’homme, en un tournemain, aida le portier qui soutenait le commissaire, mais qui ne savait qu’en faire. Et moins d’une demi-minute plus tard la voiture s’éloignait. Maigret était sur les coussins.
L’auto roula ainsi pendant une dizaine de minutes, s’arrêta dans une rue déserte. Le chauffeur descendit de son siège, ouvrit la portière, vit son client assis presque normalement, une main glissée sous son veston.

向かいの|小さな|バーの|客たちが|駆け寄ってきた。||あと少し|すれば|負傷者の|周りに|人だかりが|できるところだった。||そのとき|運転手は|手際よく、|警部を|支えながらも|どうすればよいか|わからずにいた|ドアマンを|手伝った。||そして|三十秒も|経たないうちに|車は|走り出した。||メグレは|クッションの上に|いた。
車は|十分ほど|走り、|人気のない|通りで|止まった。||運転手が|席を|降りて|扉を|開けると、|客が|ほぼ|普通の|姿勢で|座り、|片手を|上着の|下に|滑り込ませているのが|見えた。

— Je vois que ce n’est rien, comme je le pensais. Où faut-il vous conduire ?

「思った通り|たいしたことは|なさそうですね。||どこへ|お連れしましょうか?」

Maigret avait quand même le visage un peu bouleversé, et précisément parce que la blessure était superficielle. La chair de sa poitrine était  déchirée. La  balle avait frôlé une côte, était ressortie près de l’omoplate.

それでも|メグレの|顔は|少し|青ざめていた。||命に|別状は|ないとは|いえ、|胸の|肉が|裂けていた。||弾丸は|肋骨を|かすり、|肩甲骨の|近くから|飛び出していた。

― Préfecture de police…

「警視庁へ」

Le chauffeur grommela quelque chose d’indistinct. Chemin faisant, le commissaire se ravisa.

運転手は|何か|ぼそぼそと|つぶやいた。||走りながら、|警部は|気が変わった。

― Au Majestic… Vous me déposerez à la porte de service, rue de Ponthieu…

「マジェスティックへ|行ってくれ。||ポンティウ通りの|勝手口で|降ろしてくれ」

Il avait mis son mouchoir, roulé en boule, sur la plaie et il constatait que le sang cessait de couler.

A mesure que l’on avançait vers le cœur de Paris, ses raits exprimaient moins de douleur et plus d’inquiétude.

Le chauffeur voulut l’aider à descendre de taxi. Il l’écarta du geste, traversa le trottoir d’un pas ferme. Dans un étroit couloir, il trouva derrière le guichet le concierge somnolent.

― Il ne s’est rien passé ? ― Que voulez-vous dire ?

Il  faisait  froid.  Maigret  revint  sur  ses  pas  pour  payer  le chauffeur, qui bougonna encore parce que, pour le tour de force qu’il avait réalisé, il ne recevait que cent francs.

Maigret, tel quel, avait une silhouette impressionnante. Sa main serrant le mouchoir était toujours posée sur sa poitrine, sous les vêtements. Il tenait une épaule plus haute que l’autre et il prenait malgré tout la précaution de ménager ses forces. Il se sentait un peu vague. Parfois il avait l’impression de flotter et il devait faire un effort pour se ressaisir, pour recouvrer la netteté de ses perceptions et de ses gestes.

Il  s’engagea  dans  un  escalier  de  fer  qui  montait  vers  les étages, ouvrit une porte, trouva un corridor, se perdit dans un labyrinthe, échoua dans un autre escalier exactement pareil au premier, mais portant un autre numéro.

Il  divaguait  dans  les  coulisses  de  l’hôtel.  Par  bonheur,  Il rencontra  quelque  part  un  cuisinier  en  bonnet  blanc  qui  le regarda s’avancer avec effroi.

― Conduisez-moi au premier… Près de l’appartement de M. Mortimer.

Mais, d’abord, le coq ne connaissait pas le nom des clients. Ensuite il était impressionné par la vue de cinq traînées de sang que Maigret avaient laissées sur son visage en y passant la main. Cette sorte de géant dans le réseau des étroits couloirs de service, avec un pardessus noir jeté sur les épaules, manches non  passées,  sa  main  obstinément  posée  sur  sa  poitrine, déformant gilet et veston, l’ahurissait. ― Police ! S’impatienta Maigret.

Il sentait poindre des menaces de vertige. La plaie brûlait, comme traversée, en outre, par de longues aiguilles.

ハンカチを|丸めて|傷口に|あてていたが、|血が|止まりかけているのに|気がついた。||パリの|中心部へ|近づくにつれ、|メグレの|顔から|苦痛の色が|薄れ、|かわりに|不安の色が|濃くなっていった。

運転手が|タクシーから|降りるのを|手伝おうとした。||メグレは|身振りで|それを|断り、|しっかりとした|足取りで|歩道を|渡った。||細い廊下の|奥に|小窓があり、|うとうとしている|コンシェルジュが|いた。

「何も|なかったか?」

「それは|どういう|意味でしょうか?」

外は|寒かった。||メグレは|引き返して|運転手に|料金を|払った。||運転手は|また|ぶつぶつと|文句を|言った。||あれだけ|頑張ったのに、|百フランしか|もらえないからだ。

メグレは|そのままでも|堂々とした|風貌だった。||ハンカチを|握った|手は|相変わらず|服の下で|胸に|あてられていた。||片方の肩が|もう一方より|高くなっていたが、|それでも|体力を|温存しようと|気をつけていた。||頭が|少し|ぼんやりしていた。||ときどき|体が|浮いているような|感覚に|おそわれ、|意識を|保って、|はっきり|感じ、|しっかり|動くために、|気を|張り続けなければ|ならなかった。

鉄製の|階段を|上り、|ドアを|開けて|廊下を|進んだ。||しかし|迷路のような|通路に|迷い込み、|気がつくと|最初の|階段と|そっくりだったが、|表示が|違った。

ホテルの|舞台裏を|さまよっていた。||幸いなことに、|どこかで|白い|帽子を|かぶった|コックに|出会った。||コックは、|近づいてくる|メグレを、|おびえた様子で|見ていた。

「一階へ|連れていってくれ……||モーティマーの|部屋の|近くだ」

しかし|コックは、|客の名前を|知らなかった。||それに|メグレが、|手で|顔を|触ったときについた|五本の|血の|筋に|すっかり|動揺していた。||黒い|オーバーを|肩に|引っかけ、|袖を|通さず、|手を|頑固に|胸に|あてて|チョッキと|上着を|ふくらませた|この|大男が、|狭い|通用口の|廊下を、|ゆっくりと|歩いてくる|

「警察だ!」
メグレは|苛立ちを|あらわにした。

めまいが|起きそうだった。||傷口が|燃えるように|痛み、|長い|針を|何本も|刺されているようだった。

Le cuisinier finit par se mettre en marche, sans se retourner. Un peu plus tard, les pieds de Maigret foulèrent des tapis. Il comprit qu’il avait quitté les dégagements de service, qu’il était dans l’hôtel. Il regarda les numéros des chambres. Il se trouvait côté impair.

Il dénicha enfin une domestique qui s’effara. ― La chambre de Mortimer ?

― En dessous… Mais… vous…

Il  descendit  un  escalier  et,  pendant  ce  temps,  le  bruit  se répandit  parmi  le  personnel  qu’un  homme  étrange,  blessé, fantomatique, errait dans le palace.

Il s’appuya un instant au mur, y laissa une tache de sang tandis   que   trois   petites   gouttes   d’un   rouge   très   sombre tombaient sur le tapis.

Il finit par apercevoir l’appartement des Mortimer et, à côté, la porte de la chambre où Torrence s’était installé. Il atteignit cette porte, en marchant un peu de biais, la poussa…

― Torrence !…

La chambre était éclairée. La table était toujours encombrée de victuailles et de bouteilles.

Les épais sourcils de Maigret se rejoignirent. Il ne voyait pas son collègue. Par contre, il sentait dans l’atmosphère comme des relents d’hôpital.

Il  fit  quelques  pas,  toujours  aussi  vague.  Et  soudain  il s’arrêta devant un canapé.

Un pied chaussé de cuir noir dépassait.

Il dut s’y reprendre à trois fois. Dès qu’il retirait sa main de la blessure, le sang commençait à couler avec une abondance alarmante.

Il finit par prendre la serviette qui se trouvait sur la table et par  la  caler  sous  son  gilet,  dont  il  serra  très  fort  la  boucle. L’odeur qui régnait dans la chambre l’écœurait.

Les gestes mous, il souleva un côté du canapé, fit pivoter le meuble sur deux pieds.

Il s’y attendait : c’était Torrence qui gisait là, recroquevillé, un bras tordu, comme si on lui eût brisé les membres pour le tasser dans un petit espace.

コックは|メグレを|無視するように、|振り返りも|せず|歩きだした。||少しすると、|メグレの|足が|絨毯を|踏んだ。||通用部分を|抜けて、|ホテルの|中に|入ったのだと|わかった。||部屋番号を|見て、|自分が|奇数番号の|廊下に|いることが|わかった。

ようやく|客室係を|見つけたが、|彼女は|おびえた。「モーティマーの|部屋は?」

「下の階、|ですが、|あなたは」

階段を|降りた。||その間に、|奇妙な|男が|負傷して|幽霊のように|ホテルを|さまよっているという|噂が|従業員の|間に|広まっていた。

メグレは|一瞬|壁に|もたれた。||壁に|血の跡が|ついた。||真っ赤な|小さな|しずくが|三滴、|絨毯の上に|落ちた。

やっと|モーティマーの|部屋が|見えてきた。||隣に、|トランスが|陣取っている|部屋の|ドアが|見えた。||少し|体を|傾けながら|歩いて、|そのドアに|たどり着き、|押し開けた。

「トランス!」

部屋には|明かりが|ついていた。||テーブルには|まだ|食べ物や|瓶が|並んでいた。

メグレは、|その|太い|眉を|ひそめた。||同僚の|姿が|見えない。||しかし|部屋の中に|病院のような|臭いが|漂っていた。

ふらふらしながら|数歩|進んだ。||そして|突然、|ソファの|前で|立ち止まった。

黒い|革靴を|はいた|足が|一本、|はみ出していた。

メグレは|傷口を|三度|抑え直した。||手を|離すたびに、|血が|どっと|吹き出すからだ。

テーブルの上の|ナプキンを|取り、|チョッキの|下に|当てて、|チョッキの|留め金を|きつく|締めた。||部屋に|漂う|臭いが|気持ちを|悪くさせた。

おぼつかない|手つきで|ソファの|片側を|持ち上げ、|二本の|脚を|軸にして|ソファを|回転させた。

予想した通りだった。||そこには|トランスが|横たわっていた。||手足を|折られたかのように|体を|丸められ、|小さな|空間に|無理やり|押し込められていた。

Un bandeau couvrait le bas du visage, mais n’était pas noué. Maigret s’agenouilla.

Tous ses mouvements furent calmes, très lents même, sans doute à cause de son propre état. Sa main hésita à palper la poitrine. Et, quand elle eut atteint le cœur, le commissaire se figea,  resta  là,  immobile  sur  le  tapis,  les  yeux  fixés  sur  son compagnon.

Torrence était mort ! La bouche de Maigret insensiblement se  tordit.  Son  poing  se  serra.  Et  tandis  que  ses  prunelles devenaient  troubles,  il  lança,  dans  le  silence  de  la  chambre close, un terrible juron.

Cela  eût  pu  être  grotesque.  Non !  C’était  terrible !  C’était tragique ! C’était effrayant !

Le  visage  de  Maigret  était  durci.  Il  ne  pleurait  pas.  Cela devait lui être impossible. Mais il y avait une telle rage, une telle douleur en même temps qu’un tel étonnement sur ses traits que cela confinait à l’hébétude.

Torrence avait trente ans. Depuis cinq ans, il ne travaillait pour ainsi dire qu’avec le commissaire.

Il  avait  la  bouche  ouverte,  comme  s’il  eût  fait  un  effort désespéré pour happer une gorgée d’air.

Un  voyageur  retirait  ses  chaussures,  à  l’étage  supérieur, Juste au-dessus du mort.

Maigret regarda autour de lui, pour chercher un ennemi. Sa respiration était forte.

Il s’écoula plusieurs minutes de la sorte et, quand le policier se leva, c’est qu’il sentait les progrès d’un travail sournois dans son organisme.

Il  se  dirigea  vers  la  fenêtre,  l’ouvrit,  vit  la  piste  vide  des Champs-Elysées. Il laissa un instant la brise rafraîchir son front, puis il alla ramasser le bandeau qu’il avait arraché du visage de Torrence.

C’était une serviette de table damassée, portant le monogramme du Majestic. Il s’en dégageait encore un sourd relent de chloroforme. Maigret restait debout, la tête vide, avec seulement  quelques  pensées  informes  qui  s’entrechoquaient dans ce vide avec de douloureuses résonances.

Une fois encore, comme il l’avait fait dans les couloirs, il appuya  son  épaule  au  mur  et  il  y  eut  un  affaissement  assez brusque  des  chairs  de  son  visage.  Il  parut  vieilli,  découragé. Peut-être,   à   ce   moment-là,   fut-il   bien   près   d’éclater   en sanglots ? Mais il était trop grand, trop gros, d’une matière trop dure.

布切れが|顔の下半分を|覆っていたが、|結ばれていなかった。||メグレは|ひざまずいた。

おそらく|自分自身の|状態のせいで、|動作は|すべて|落ち着いて|いて、|ひどく|ゆっくりだった。||手が|胸を|触れるのを|ためらった。||そして|心臓に|触れた瞬間、|警部は|固まった。||絨毯の上に|動かずに|座ったまま、|目を|同僚に|向けた。

トランスは|死んでいた。||メグレの|口が|かすかに|歪んだ。||拳が|握りしめられた。||目が|潤んできた。||そして、|閉め切った|部屋の|静寂の中で、|激しく|ののしる|言葉を|吐いた。

滑稽に|なりかねなかった。||だが|違った!||恐ろしかった!||悲惨だった!||戦慄すべきことだった!

メグレの|顔は|こわばっていた。||泣いては|いなかった。||泣くことが|できなかったのだろう。||しかし|その表情には|激しい|怒りと|深い|悲しみ、|そして|茫然自失が|入り混じっていて、|けたように|見えた。

トランスは|三十歳だった。||五年間、|ほとんど|警部と|二人で|仕事をしてきた。

口を|開けたまま|倒れていた。||まるで|必死に|一口の|空気を|吸おうとしたかのように。

真上の|階では、|旅行者が|死者の|真上で|靴を|脱いでいた。

メグレは|敵を|探すように|周りを|見回した。||呼吸が|荒かった。

数分が|そのように|過ぎ、|警官が|立ち上がったのは、|体の中で|何か|ひそかな|異変が|進んでいるのを|感じたからだった。

窓の方へ|向かい、|開けると、|シャンゼリゼの|人気のない|車道が|見えた。||しばらく|そよ風に|額を|冷やしてから、|トランスの|顔から|引き剥がした|布切れを|拾い上げた。

それは|マジェスティックの|モノグラムが|入った|ダマスク織り1の|テーブルナプキンだった。||まだ|かすかに|クロロフォルムの|臭いがした。||メグレは|立ったまま、|頭の中が|空っぽで、|いくつかの|まとまらない|考えが|その|空白の中で|ぶつかり合い、|痛みを|ともなって|響いていた。

もう一度、|廊下でしたように、|壁に|肩を|もたせかけると、|顔の|肉が|急に|たるんだ。||老いて|意気消沈しているように|見えた。||もしかすると|その瞬間、|嗚咽を|こらえるのが|やっとだったのかもしれない。||しかし|彼は|大きすぎ、|太すぎ、|あまりにも|頑丈すぎた。

Le canapé était de travers, touchait la table non desservie, où, dans une assiette, parmi les os de poulet, traînaient des bouts de cigarette.

Le commissaire tendit la main vers l’appareil téléphonique. Mais il n’y toucha pas, fit claquer rageusement ses doigts, revint vers le cadavre, qu’il fixa.

Ce fut avec une grimace d’ironie et d’amertume qu’il pensa aux règlements, au Parquet, aux formalités, aux précautions à prendre.

Est-ce que cela comptait ? Il s’agissait de Torrence ! C’était comme si ce fût lui-même, quoi !

Torrence, qui était de la Maison, qui…

Il déboutonna le gilet, si fiévreux, sous son calme apparent, qu’il arracha deux boutons. Et alors il vit quelque chose et son teint se plomba.

Sur la chemise, à hauteur du milieu du cœur, il y avait un petit point brun.

Pas même la grosseur d’un pois chiche ! Une seule goutte de sang avait perlé, s’était figée en un caillot de la valeur d’une tête d’épingle.

Et Maigret, les yeux brouillés, grimaça d’une indignation qu’il était impuissant à exprimer.

C’était répugnant, et c’était en même temps le comble de l’habileté en matière criminelle ! Il n’avait pas besoin de chercher davantage ! Il connaissait le procédé, qu’il avait étudié quelques mois auparavant dans une revue de criminologie allemande.

La serviette chloroformée d’abord qui, en vingt ou trente secondes, réduit la victime à l’impuissance. Puis cette longue aiguille que l’assassin, sans hâte, enfonce entre deux côtes, cherchant le cœur, cueillant la vie, sans bruit et sans souillure.

Le même crime, exactement, avait été commis à Hambourg, six mois plus tôt.

ソファは|斜めに|ずれて、|片付けられていない|テーブルに|触れていた。||皿の上には|鶏の骨に|交じって|煙草の吸い殻が|散らばっていた。

警部は|電話機に|手を|伸ばした。||しかし|触れずに、|苛立たしげに|舌打ちして、|遺体の方へ|戻って|じっと|見つめた。

苦々しい|皮肉な|表情で、|規則、|検察、|手続き、|取るべき|措置のことを|考えた。

そんなことが|重要か?||トランスの|ことなのだ!|まるで|自分が|死んだも|同然だった!

トランスは|仲間だった。||警察の……

落ち着いた|様子の|裏で|激しく|動揺しながら、|チョッキの|ボタンを|外した。||二つの|ボタンが|もぎ取れた。||そして|何かを|見つけると、|顔色が|青ざめた。

シャツの上、|ちょうど|心臓の|真ん中あたりに、|小さな|茶色い|点が|あった。

ひよこ豆ほどの|大きさも|なかった。||一滴の|血が|にじみ、|針の頭ほどの|かたまりに|なって|固まっていた。

目を|潤ませながら、|メグレは|言葉に|できない|憤りで|顔を|歪めた。

おぞましかった。||しかし|同時に、|これは|犯罪の|手口として|最高の|巧妙さだった!||もう|調べる|までも|なかった!||この|手口は|数か月前に|ドイツの|犯罪学の|雑誌で|研究していた。

まず|クロロフォルムを|染み込ませた|ナプキンで|二十秒から|三十秒で|被害者を|動けなくする。||次に|犯人が|急がずに|長い|針を|肋骨の|間に|差し込み、|心臓を|探し当て、|音も|血も|出さずに|命を|奪う。

まったく|同じ|犯行が、|半年前に|ハンブルクでも|行われていた。

Une balle peut rater son but ou blesser, Maigret en était la preuve. Elle fait du bruit, salit.
L’aiguille, qu’on introduit dans le cœur d’un homme Inerte, tue scientifiquement, sans erreur possible.

Le commissaire se souvint d’un détail. Le soir même, quand le gérant avait annoncé le départ des Mortimer, il rongeait une cuisse de poulet, assis sur le radiateur et, envahi par une bouffée de bien-être, il avait été sur le point de choisir pour lui cette faction à l’hôtel et d’envoyer Torrence au théâtre.
Cette pensée l’agita. Il regarda son collègue avec gêne, en proie à un malaise général, sans qu’il pût préciser si c’était le fait de sa blessure, de l’émotion ou des bouffées de chloroforme.
L’idée ne lui venait même pas de commencer une enquête régulière, ordonnée.
C’était Torrence qui était là ! Torrence avec qui il avait fait toutes les campagnes des dernières années ! Torrence à qui il n’avait qu’à dire un mot, qu’à adresser un signe pour se faire comprendre !
Torrence qui avait la bouche ouverte comme pour tenter encore d’avaler un peu d’oxygène, de vivre quand même. Et Maigret, qui ne pouvait pas pleurer, se sentait malade, inquiet, avec un poids sur les épaules, un écœurement dans la poitrine.
Il marcha à nouveau vers le téléphone, parla si bas qu’on dut lui faire répéter deux fois sa demande.
— La Préfecture… Oui… Allô !… La Préfecture… Qui est à l’appareil ?… Hein ?… Tarraud ?… Ecoutez, petit… Vous allez courir chez le chef… Oui, chez lui… Dites-lui… dites-lui de venir me rejoindre au Majestic… Tout de suite… Chambre… je ne sais pas le numéro, mais on le conduira… Hein ?… Non, rien d’autre…
» Allô… Qu’est-ce que vous dites ?… Non, je n’ai rien…
Il raccrocha, car son collègue le questionnait, trouvant sa voix étrange et l’ordre donné plus étrange encore.
Il resta un moment les bras ballants. Il évitait de regarder dans le coin où était étendu Torrence. Il aperçut son image dans un miroir et constata que le sang avait transpercé la serviette. Alors, à grand-peine, il retira son veston.c

銃弾は|的を|外したり|傷を|負わせるだけに|終わることもある。||メグレ自身が|その|証拠だった。||音が|出るし、|血も|飛び散る。||しかし|針なら、|動けなくなった|人間の|心臓に|差し込めば、|確実に、|音も|なく|命を|奪える。

警部は|あることを|思い出した。||その夜、|支配人が|モーティマー夫妻の|外出を|知らせてきた時、|暖房の上に|腰かけて|鶏の|もも肉を|かじりながら、|ふと|幸せな|気分に|なって、|自分が|ホテルに|残り、|トランスを|劇場へ|行かせようかと|思いかけたのだった。

その|考えが|胸を|締めつけた。||後ろめたさを|感じながら|同僚を|見た。||体全体が|だるかった。||傷の|せいか、|動揺の|せいか、|それとも|クロロフォルムの|臭いの|せいか、|自分でも|わからなかった。

きちんとした|捜査を|始めようという|気には|なれなかった。

そこに|いるのは|トランスだった!||ここ数年、|あらゆる|捜査を|共にしてきた|トランスだった!||一言、|目くばせするだけで|わかり合えた|トランスだった!

それでも|生きようとするかのように、|口を|開けたまま、|もう一口の|酸素を|吸い込もうとしている|トランス。||泣くことの|できない|メグレは、|気分が|悪く、|不安で、|肩に|重荷を|背負い、|胸の中に|むかつきを|感じていた。

再び|電話の方へ|歩き、|聞き返されるほど|小さな声で|話した。

「警視庁へ……|そう……|もしもし!……|警視庁……|誰だ?……|え?……|タロー?……|いいか、|君……|捜査部長の家へ|走ってくれ……||そう、|家へ……|こう|伝えてくれ……||マジェスティックへ|来るように|伝えてくれ……|すぐに……|部屋番号は|わからないが、|案内させる……||え?……||いや、|それだけだ……||もしもし……|何だって?……||いや、|俺は|何でもない……」

電話を|切った。||同僚が|奇妙な|声と、|さらに|奇妙な|指示に|首をかしげていたからだ。

しばらく|腕を|だらりと|下げたまま|立っていた。||トランスが|横たわっている|隅を|見ないように|していた。||鏡に|自分の|姿が|映っているのに|気づき、|血が|ナプキンを|染み通しているのを|確認した。||そして|やっとの思いで|上着を|脱いだ。

Quand  le  directeur  du  Service  des  recherches  frappa  à  la porte,  une  heure  plus  tard,  en  compagnie  d’un  employé  de l’hôtel qui le pilotait, il vit la silhouette de Maigret se profiler dans le mince entrebâillement de l’huis.

― Pouvez  aller !  dit  le  commissaire  d’une  voix  sourde  à l’employé.

Et   il   n’ouvrit   que   quand   l’homme   eut   disparu.   Alors seulement, le directeur constata que Maigret avait le torse nu. La porte de la salle de bains était béante. Sur le sol, il y avait des flaques d’eau rougie.

― Fermez vite, fit le commissaire, sans souci de hiérarchie.

Il avait une plaie très longue, tuméfiée, au côté droit de La poitrine. Ses bretelles pendaient sur ses cuisses.

Il désigna de la tête le coin où était Torrence, mit un doigt sur ses lèvres.

― Chut !…

Alors, le directeur fut secoué d’un frisson. Soudain agité, Il questionna :

― Mort ?

La tête de Maigret retomba.

― Vous   voulez   me   donner   un   coup   de   main,   chef ?… murmura-t-il d’un ton morne.

― Mais… vous… C’est très grave…

― Chut !… La balle est sortie, c’est le principal !… Aidez-moi à serrer tout cela dans la nappe…

Il avait posé la vaisselle par terre, coupé la nappe en deux.

― La bande du Letton… expliqua-t-il. Ils m’ont raté… Mais ils n’ont pas raté Torrence…

― Vous avez désinfecté la plaie ?

― Avec du savon, puis avec de la teinture d’iode, oui… ― Vous croyez que ?…

― Cela  suffit  pour  le  moment !…  Une  aiguille,  chef !…  Ils l’ont tué avec une aiguille, après l’avoir endormi…

Ce n’était plus le même homme. On avait l’impression de le voir, de l’entendre à travers un rideau de tulle qui feutrait les images et les sons.

― Passez-moi ma chemise…

一時間後、|捜査部長が|ホテルの|従業員に|案内されて|ドアを|ノックすると、|細く|開いた|隙間に|メグレの|シルエットが|浮かんだ。

「もう|いい」|と|警部は|くぐもった|声で|従業員に|言った。

男が|姿を|消してから|やっと|ドアを|開けた。||そこで|初めて、|部長は|メグレが|上半身裸なのに|気づいた。||浴室の|ドアが|大きく|開いていた。||床には|赤く|染まった|水たまりが|あった。

「早く|閉めてくれ」|と|警部は|上下関係も|気にせず|言った。

胸の|右側に|長く|腫れ上がった|傷があった。||サスペンダーが|太ももの上に|だらりと|垂れていた。

トランスが|いる|方向に|顎で|示し、|唇に|指を|当てた。

「しっ!……」

部長は|ぞっとした。||あわてて|聞いた。

「死んだのか?」

メグレは|頭を|垂れた。

「手を|貸してくれませんか、|部長……」|と|うつろな|声で|つぶやいた。

「しかし……|君は……|これは|大変だ……」

「しっ!……|弾丸は|抜けています、|それが|大事なんです!……|これを|テーブルクロスで|縛るのを|手伝ってください……」

食器を|床に|置き、|テーブルクロスを|二つに|切っていた。

「レトン一味の|仕業です……|私は|外れましたが……|トランスは|外れなかった……」

「傷は|消毒したか?」

「石鹸で、|それから|ヨードチンキで……|はい……」

「それで|大丈夫だと?……」

「今は|それで|十分です!……|針ですよ、|部長!……|眠らせてから|針で|殺したんです……」

もはや|別人だった。||薄い|布越しに|見たり|聞いたり|しているような、|ぼんやりとした|印象だった。

「シャツを|取ってください……」

Une voix neutre. Des mouvements mesurés, imprécis. Un visage sans expression.

― Il fallait que vous veniez… Du moment qu’il s’agit d’un de nous…  Sans  compter  que  je  voudrais  qu’on  ne  fasse  pas  de bruit… Qu’on vienne le chercher tout à l’heure… Pas un mot dans les journaux… Vous avez confiance en moi, n’est-ce pas, chef ?

Il avait quand même un tremblement imperceptible dans la gorge. Cela affecta son interlocuteur, qui lui prit la main.

― Voyons, Maigret !… Qu’est-ce que vous avez ?…

― Rien… Je suis calme, je vous jure… Je crois bien que je n’ai jamais  été  aussi  calme…  Mais,  maintenant,  c’est  une  affaire entre eux et moi… Vous comprenez !…

Le directeur l’aida à passer son gilet, son veston. Maigret apparut  déformé  par  le  pansement  qui  épaississait  sa  taille, enlevait la précision de ses lignes, si bien qu’il semblait avoir des bourrelets de graisse.

Il  se  regarda  dans  un  miroir  et  esquissa  une  grimace ironique. Il sentait parfaitement la mollesse de son attitude. Ce n’était plus le bloc dur, tout d’une pièce, formidable, qu’il aimait camper devant ses adversaires.

Le   visage,   pâle   avec   des   traînées   rouges,   paraissait boursouflé,  et  on  distinguait  des  poches  naissantes  sous  les yeux.

― Merci,   chef…   Vous   croyez   que,   pour   ce   qui   est   de Torrence, ce soit possible ?

― D’éviter la publicité, oui… Je vais avertir le Parquet… Je verrai personnellement le procureur.

― Bon ! Moi, je me mets au travail…

Il dit cela en arrangeant un peu ses cheveux défaits. Puis il marcha  vers  le  corps  de  Torrence,  hésita,  demanda  à  son compagnon :

― Je  peux  lui  fermer  les  yeux,  hein ?…  Je  pense  qu’il aimerait que ce soit moi…

Ses doigts frémissaient. Il les laissa un bon moment sur les paupières  du  mort  comme  une  caresse.  Le  directeur,  plus nerveux, supplia :

― Maigret !…

単調な声。|抑えた、|ぎこちない|動作。|無表情な|顔。

「来て|もらわなければ|なりませんでした……|仲間の|ことですから……|それに|騒ぎに|したくないんです……|あとで|連れていって|もらって……|新聞には|一言も|出さないで……|私を|信頼して|くれますね、|部長?」

喉に|かすかな|震えが|あった。||それが|部長の|胸を|打ち、|メグレの|手を|握った。

「メグレ!……|何が|あったんだ?……」

「何でも|ありません……|落ち着いています、|本当に……|こんなに|落ち着いたことは|ないくらいです……|しかし|もう|これは|あいつらと|私の|問題です……|わかりますね!……」

部長が|チョッキと|上着を|着るのを|手伝った。||包帯で|胴回りが|太くなり、|体の|輪郭が|ぼやけて、|まるで|脂肪が|ついたように|見えた。

鏡を|見て、|皮肉な|表情を|浮かべた。||自分の|体の|だらしなさが|よく|わかった。||敵の|前に|どっしりと|立ちはだかる、|あの|岩のような|体では|もはや|なかった。

顔は|青白く、|赤い|筋が|走り、|むくんで|見えた。||目の下に|くまが|できはじめていた。

「ありがとうございます、|部長……|トランスのことは、|うまく|できますか?」

「公にしないことは|できる……||検察に|連絡しておく……|検事長に|直接|会うことにしよう」

「わかりました!|私は|仕事に|かかります……」

乱れた|髪を|少し|整えながら|言った。||それから|トランスの|遺体の|方へ|歩き、|ためらってから|部長に|頼んだ。

「目を|閉じてやっても|いいですか……|私が|してやりたいんです……」

指が|震えていた。||しばらくの間、|死者の|まぶたの上に|そっと|手を|置いた。||部長は|たまらなくなって|懇願した。

「メグレ!……」

Le commissaire se leva, jeta un dernier coup d’œil autour de lui.
— Au revoir, chef… Qu’on ne dise pas à ma femme que je suis blessé…
Sa silhouette remplit un instant tout l’encadrement de la porte. Le directeur du Service des recherches faillit le rappeler, car il l’inquiétait.
Pendant la guerre, des compagnons d’armes lui avaient dit ainsi au revoir, avec ce même calme, cette même douceur irréelle, avant de monter à l’assaut.
Et ceux-là n’étaient jamais revenus !

警部は|立ち上がり、|部屋を|見回した。
「では、|部長……|妻には|怪我のことを|言わないで|ください……」
その|大きな|体が|一瞬、|ドアの|枠いっぱいに|広がった。||捜査部長は|思わず|呼び止めそうに|なった。||メグレが|心配だったのだ。

戦争中、|戦友たちも|突撃の前に|こんな|ふうに|別れを|告げたものだった。||同じ|落ち着き、|同じ|現実離れした|穏やかさで。
そして|その者たちは|誰一人、|戻らなかった!

  1. ダマスク織りとは、花や幾何学模様が織り込まれた上質な織物のことです。高級ホテルのテーブルナプキンによく使われます。 ↩︎