3
Quand on avait quitté Paris, vers trois heures, la foule s’agitait encore dans un frileux soleil d’arrière-saison. Puis, vers Mantes, les lampes du compartiment s’étaient allumées. Dès Évreux, tout était noir dehors. Et maintenant, à travers les vitres où ruisselaient des gouttes de buée, on voyait un épais brouillard qui feutrait d’un halo les lumières de la voie.
Bien calé dans son coin, la nuque sur le rebord de la banquette, Maigret, les yeux mi-clos, observait toujours, machinalement, les deux personnages, si différents l’un de l’autre, qu’il avait devant lui.

Le capitaine Joris dormait, la perruque de travers sur son fameux crâne, le complet fripé.
Et Julie, les deux mains sur son sac en imitation de crocodile, fixait un point quelconque de l’espace, en essayant de garder, malgré sa fatigue, une attitude réfléchie.
Joris ! Julie !
Le commissaire Maigret, de la Police judiciaire, avait l’habitude de voir ainsi des gens pénétrer en coup de vent dans sa vie, s’imposer à lui pendant des jours, des semaines ou des mois, puis sombrer à nouveau dans la foule anonyme.
Le bruit des bogies scandait ses réflexions, les mêmes au début de chaque enquête. Est-ce que celle-ci serait passionnante, banale, écœurante ou tragique ?
Maigret regardait Joris, et un vague sourire errait sur ses lèvres. Drôle d’homme! Car pendant cinq jours, quai des Orfèvres, on l’avait appelé « l’Homme », faute de pouvoir lui donner un nom.
3
三時ごろに|パリを|発ったとき、|秋の|終わりの|冷たい|日ざしの|中で、|人の|群れは|まだ|忙しくなく|動いていた。||それから、|マントの|あたりで、|コンパートメントの|ランプが|ともった。||エヴルーを|過ぎるころには、|外は|すっかり|暗くなっていた。||そして|今は、|曇った|窓ガラスを|水の|しずくが|流れ、|その向こうに、|線路の|灯を|おぼろげにする、|深い霧が|見えていた。
隅に|深く|腰を|落ち着け、|首の|後ろを|座席の|背もたれに|預けて、|メグレは、|半ば|目を|閉じたまま、|目の前に|いる、|互いに|まるで|違う|二人を、|なんとなく|見つめつづけていた。
ジョリス船長は|眠っていた。||あの|見慣れた|頭の上で、|かつらが|斜めに|ずれ、|スーツは|しわだらけだった。
ジュリーは、|クロコダイル模様の|合皮のバッグに|両手を|置き、|疲れているのに、|考えごとを|しているような|姿勢を|保とうとしながら、|どことも|知れない|一点を|見つめていた。
ジョリス!||ジュリー!
パリ司法警察の|メグレ警部は、|こんなふうに|人が|風のように|自分の|暮らしへ|入り込み、|何日も、|何週間も、|あるいは|何か月も|付き合わされた|挙句、|そのあと|また|名もない|人混みの|中へ|沈んでいくのを|見ることに|慣れていた。
車輪の|音が、|彼の|思いを|刻んでいく。||それは、|どの|捜査の|始まりでも|同じ|思いだった。||今度の|出来事は、|興味深いものものに|なるのか、|平凡なものに|なるのか、|胸糞悪いものに|なるのか、|それとも|悲劇的なものに|なるのか?
メグレは|ジョリスを|見ていた。||その|唇には、|かすかな|笑みが|浮かんでいた。||妙な|男だ!||というのも、|五日の|あいだ、|オルフェーヴル河岸では、|名前を|つけようが|なかったために、|彼は|「あの男」と|呼ばれていたのだ。
4
Un personnage qu’on avait ramassé sur les grands boulevards, à cause de ses allées et venues affolées au milieu des autobus et des autos. On le questionne en français. Pas de réponse. On essaie sept ou huit langues. Rien. Et le langage des sourds-muets n’a pas plus d’effet sur lui.

Un fou ? Dans le bureau de Maigret, on le fouille. Son complet est neuf, son linge neuf, ses chaussures neuves. Toutes les marques de tailleur ou de chemisier sont arrachées. Pas de papiers. Pas de portefeuille. Cinq beaux billets de mille francs glissés dans une des poches.
Une enquête aussi crispante que possible ! Recherches dans les sommiers, dans les fiches anthropométriques. Télégrammes en France et à l’étranger. Et l’Homme souriant avec affabilité du matin au soir, en dépit d’interrogatoires éreintants !
Un personnage d’une cinquantaine d’années, court sur pattes, large d’épaules, qui ne proteste pas, ne s’agite pas, sourit, paraît parfois faire un effort de mémoire, mais se décourage aussitôt.
Amnésie ? Une perruque glisse de sa tête et l’on constate que son crâne a été fendu par une balle, deux mois auparavant tout au plus. Les médecins admirent : rarement on a vu opération si bien faite !
Nouveaux télégrammes dans les hôpitaux, les cliniques, en France, en Belgique, en Allemagne, en Hollande.
Cinq jours entiers de ces recherches méticuleuses. Des résultats saugrenus, obtenus en analysant les taches des vêtements, la poussière des poches.

On a trouvé des débris de rogue de morue, c’est-à-dire d’œufs séchés et pulvérisés de ce poisson, qu’on prépare dans le nord de la Norvège et qui sert à appâter la sardine.
Est-ce que l’Homme vient de là-bas ? Est-ce un Scandinave ? Des indices prouvent qu’il a accompli un long voyage par chemin de fer. Mais comment a-t-il pu voyager seul, sans parler, avec cet air ahuri qui le fait remarquer aussitôt ?
Son portrait paraît dans les journaux. Un télégramme arrive de Ouistreham :
Inconnu identifié !
4
大通りで|拾われた|男だった。||バスや|車の|あいだを、|おびえたように|行ったり|来たりしていたからだ。||フランス語で|たずねても、|返事は|ない。||七つか|八つの|ことばを|試しても、|だめだった。||耳の|聞こえない|人や|口の|きけない|人の|手話も、|彼には|何の|ききめも|なかった。
気が|おかしいのか?||メグレの|部屋で、|彼の|持ちものを|調べた。||スーツは|新しく、|シャツも|新しく、|靴も|新しかった。||仕立屋や|シャツ屋の|しるしは、|すべて|はぎ取られていた。||身分証明は|ない。||財布も|ない。||ポケットの|一つに、|千フラン札が|五枚、|きれいに|入っていた。
これ以上ない|神経の|すりへる|取り調べだった!||前科者台帳を|調べ、|身体測定記録を|調べた。||フランス国内にも、|外国にも、|電報を|打った。||それでも|「あの男」は、|疲れきるほどの|問いかけにも|かかわらず、|朝から|晩まで、|人なつこく|ほほえんでいた!
五十歳ほどの|男。||足は|短く、|肩は|広い。||文句も|言わず、|騒ぎも|せず、|ほほえみ、|ときどき|思い出そうと|しているように|見えるが、|すぐに|あきらめてしまう。
記憶を|なくしたのか?||かつらが|頭から|ずれ、|頭が|銃弾で|割られていたことが|わかった。||それも、|せいぜい|二か月前の|ことだった。||医者たちは|感心した。||これほど|うまく|手当てされた|例は、|めったにないと|いうのだ!
また|病院や|診療所へ|電報を|打った。||フランス、|ベルギー、|ドイツ、|オランダへ。
五日間、|細かい|手がかりを|追いつづけた。||服の|しみや、|ポケットの|ほこりを|調べて、|妙な|結果も|出た。
タラの|卵の|くずが|見つかった。||つまり、|タラの|卵を|干して|粉に|したものだ。||それは|ノルウェー北部で|作られ、|イワシを|おびき寄せる|えさに|使われる。
「あの男」は|そこから|来たのか?||スカンジナビア人なのか?||いくつかの|手がかりから、|彼が|鉄道で|長い|旅を|してきたことは|わかった。||だが、|話も|せず、|すぐに|人目を|引く|あの|ぼんやりした|様子で、|どうやって|一人で|旅を|してこられたのか?
彼の|写真が|新聞に|載った。||ウイストルアム1から|電報が|届いた。
身元不明者、|身元判明!

5
Une femme suit le télégramme, une jeune fille plutôt, et la voilà dans le bureau de Maigret, avec un visage chiffonné, mal barbouillé de rouge et de poudre : Julie Legrand, la servante de l’Homme !

Celui-ci n’est plus l’Homme ! Il a un nom, un état civil ! C’est Yves Joris, ancien capitaine de la marine marchande, chef du port de Ouistreham.
Julie pleure ! Julie ne comprend pas ! Julie le supplie de lui parler ! Et il la regarde doucement, gentiment, comme il regarde tout le monde.
Le capitaine Joris a disparu de Ouistreham, un petit port, là- bas, entre Trouville et Cherbourg, le 16 septembre. On est fin octobre.
Qu’est-il devenu pendant ces six semaines d’absence ?
— Il est allé faire sa marée à l’écluse, comme d’habitude. Une marée du soir. Je me suis couchée. Le lendemain, je ne l’ai pas trouvé dans sa chambre…
» Alors, à cause du brouillard on a cru que Joris avait fait un faux pas et était tombé dans l’eau. On l’a cherché avec des grappins. Puis on a supposé qu’il s’agissait d’une fugue.

— Lisieux : trois minutes d’arrêt !.…
Maigret va se dégourdir les jambes sur le quai, bourre une nouvelle pipe. Il en a tellement fumé depuis Paris que l’atmosphère du compartiment est toute opaque.
— En voiture !.…
Julie en a profité pour tapoter le bout de son nez de sa houppette. Elle a encore les yeux un peu rouges d’avoir pleuré.
C’est drôle ! Il y a des moments où elle est jolie, où elle paraît très fine. Puis d’autres où, sans qu’on sache pourquoi, on sent la petite paysanne restée fruste.
Elle remet la perruque d’aplomb sur la tête du capitaine, de son monsieur, comme elle dit, et elle regarde Maigret avec l’air de lui signifier : « N’est-ce pas mon droit de le soigner ? »
Car Joris n’a pas de famille. Il vit seul, depuis des années, avec Julie, qu’il appelle sa gouvernante.

— I] me traitait comme sa fille.
5
電報の|あとを|追うように、|一人の|女が|やって来た。||いや|むしろ、|娘といった|年頃で、|メグレの|部屋に|現れたとき、|やつれた顔で、|口紅も|おしろいも|下手に|塗りたくっていた。||ジュリー・ルグラン、|「あの男」の|女中だった!
男は、|もう|「あの男」では|なかった!||名前が|あった。||身元が|あった!||イーヴ・ジョリス。||もと|商船の|船長で、|ウイストルアムの|港湾長だった。
ジュリーは|泣く!||ジュリーには|わからない!||ジュリーは、|彼に|話してくれと|頼みこむ!||けれど|彼は、|だれを|見るときとも|同じように、|やさしく、|おだやかに|彼女を|見ている。
ジョリス船長は、|九月十六日に、|ウイストルアムから|姿を|消していた。||そこは、|トルーヴィルと|シェルブールの|あいだに|ある、|はるか向こうの|小さな|港だった。||今は|十月の|終わりだ。
その|消息不明の|六週間、|彼は|どうしていたのか?

「いつものように、|水門作業の|見回りに|行きました。||夜の潮の|作業2でした。||私は|寝ました。||次の朝、|あの方は|部屋に|見えませんでした。||それで、|霧の|せいで、|ジョリスは|足を|すべらせて、|水に|落ちたのだろうと|思われました。||引っかけ錨を|使って|探しました。||そのあと、|家出だろう|という話に|なりました」
「<リジウー>!||三分|停車!」
メグレは、|足を|のばしに|ホームへ|出て、|新しい|パイプに|たばこを|詰めた。||パリから|ずっと|吸いつづけていたので、|車室の|空気は|すっかり|白く|霞んでいた。
「ご乗車ください!」
ジュリーは、|その|あいだに、|パフで|鼻の|先を|軽く|たたいていた。||泣いた|あとで、|目は|まだ|少し|赤かった。
奇妙なものだ!||きれいに|見えるときが|ある。||とても|洗練されて|見えるときも|ある。||ところが|別のときには、|なぜだか|わからないまま、|垢抜けない|小さな|田舎娘を|感じさせる。
彼女は、|船長の|頭の|かつらを|まっすぐに|直した。||彼女の『旦那さま』である。||そして|メグレを|見る|その|顔つきは、|『この方の|お世話を|するのは、|私の|権利では|ありませんか?』と|言っているようだった。
というのも、|ジョリスには|家族が|なかった。||もう|何年も|前から、|彼は|ひとりで、|ジュリーと|暮らしていた。||彼は|彼女を|家政婦と|呼んでいた。

「あの方は、|私を|娘のように|扱ってくださいました」
6
Et on ne lui connaît pas d’ennemis ! Pas d’aventures ! Pas de passions !
Un homme qui, après avoir bourlingué pendant trente ans, n’a pu se résigner à l’inaction. Alors, malgré sa retraite, il a demandé ce poste de chef de port à Ouistreham. II a fait construire une petite maison…
Et un beau soir, le 16 septembre, il a disparu de la circulation pour reparaître à Paris six semaines plus tard dans cet état !
Julie a été vexée de le trouver vêtu d’un complet gris de confection ! Elle ne l’a jamais vu qu’en vêtements d’officier de marine.
Elle est nerveuse, mal à l’aise. Chaque fois qu’elle regarde le capitaine, son visage exprime à la fois de l’attendrissement et une crainte vague, une angoisse insurmontable. C’est bien lui, évidemment ! C’est bien son monsieur. Maïs, en même temps, ce n’est plus tout à fait lui.
— Il guérira, n’est-ce pas ?.. Je le soignerai…
Et la buée se transforme en grosses gouttes troubles sur les vitres. L’épais visage de Maigret se balance un peu de droite à gauche et de gauche à droite à cause des cahots. Placide, il ne cesse d’observer les deux personnages : Julie, qui lui a fait remarquer qu’on aurait pu aussi bien voyager en troisième classe, comme elle en a l’habitude, et Joris, qui s’éveille, mais ne promène autour de lui qu’un regard vague.
Encore un arrêt à Caen. Puis ce sera Ouistreham.
— Un village d’un millier d’habitants ! a dit à Maïigret un collègue né dans la région. Le port est petit, mais important, à cause du canal qui relie la rade à la ville de Caen et où passent des bateaux de cinq mille tonnes et plus.
Maigret n’essaie pas d’imaginer les lieux. Il sait qu’à ce jeu-là on se trompe à tout coup. Il attend, et son regard se dirige sans cesse vers la perruque, qui cache la cicatrice encore rose.
Quand il a disparu, le capitaine Joris avait des cheveux drus, très bruns, à peine mêlés d’argent aux tempes. Encore un motif de désespoir pour Julie ! Elle ne veut pas voir ce crâne nu ! Et, chaque fois que la perruque glisse, elle se hâte de la remettre en place.
— En somme, on a voulu le tuer…
6
そして|ジョリスには、|敵は|一人も|いない!||色恋沙汰も|ない!||道楽も|ない!
三十年も|海を|渡り歩いた|男で、|何も|しない|暮らしには|どうしても|なじめなかった。||そこで、|引退した|身で|ありながら、|ウイストルアムの|港湾長の|職を|願い出た。||小さな|家も|建てさせた。
そして、|九月十六日の|ある|晩、|彼は|消息が|わからなくなり、|六週間後に|パリで、|この|ありさまで|現れたのだった!
ジュリーは、|彼が|既製品の|灰色の|スーツを|着ているのを|見て、|がっかりしていた!||彼女は、|彼の|船長らしい|制服姿しか|見たことが|なかったのだ。
彼女は|神経質で、|落ち着きが|なかった。||船長を|見るたびに、|その顔には、|いとおしさと、|漠然とした|恐れ、|どうにも|しずめられない|不安が、|同時に|浮かぶ。||たしかに|彼だ!||たしかに|彼女の|『旦那さま』なのだ。||しかし、|同時に、|もはや|まったく|彼では|ない。

「治りますよね?||私が|お世話します」
そして|窓ガラスの|曇りは、|にごった|大きな|しずくに|変わっていった。||メグレの|ずんぐりした|顔が、|列車の|揺れのせいで、||右から左へ、|左から右へと、|小さく|揺れる。||落ち着いた|様子で、|彼は|二人を|絶え間なく|観察していた。||「三等で|十分だったんですけどね、|いつもそうしてますから」と言った|ジュリーと、|そして|目を|覚ましたものの、|ただ|ぼんやりした|目を|まわりに|向けるだけの|ジョリス。
また|カーン3で|停車した。||その|次が|ウイストルアムだった。
「千人ほどの|村ですよ」と、|その|土地の|生まれの|同僚が、|メグレに|言った。||「港は|小さいですが、|大事な|港です。||入り江と|カーンの|町を|結ぶ|運河が|ありますからね。4||五千トン以上の|船も|そこを|通ります」
メグレは、|その場所を|頭の中で|思い描こうとは|しない。||そういう遊びは、|かならず|裏切られると|わかっている。||彼は|待っているのだ。||そして|その目は、|まだ|赤みの|残る|傷あとを|隠している|かつらへ、|たえず|向いていた。
姿を|消したとき、|ジョリス船長には|濃く|しっかりした|髪が|あった。||とても|黒く、|せいぜい|こめかみに|白いものが|まじる程度だった。||それもまた、|ジュリーを|がっかりさせる|原因でもあった!||彼女は、|髪の毛のない|頭を|見たくないのだ!||だから、|かつらが|ずれるたびに、|急いで|元に|戻した。

「つまり、|誰かが|殺そうと|したわけだ」
7
On a tiré sur lui, c’est un fait ! Mais aussi on l’a soigné d’une façon remarquable !
Il est parti sans argent sur lui et on l’a retrouvé avec cinq mille francs en poche.
Il y a mieux ! Julie ouvre soudain son sac.
— J’oubliais que j’ai apporté le courrier de monsieur…

Presque rien. Des prospectus de maisons d’articles pour la marine. Un recu de cotisation du Syndicat des capitaines de la marine marchande. Des cartes postales d’amis encore en service, dont une de Punta Arenas.….
Une lettre de la Banque de Normandie, de Caen. Une formule imprimée, dont les blancs sont remplis à la machine :
. avons l’honneur de vous confirmer que nous avons crédité votre compte 14173 de la somme de trois cent mille francs que vous avez fait virer par la Banque Néerlandaise, de Hambourg…
Et Julie qui a déjà répété dix fois que le capitaine n’est pas riche ! Maigret regarde tour à tour ces deux êtres assis en face de lui.
La rogue de morue… Hambourg… Les souliers qui sont de fabrication allemande…
Et Joris seul qui pourrait tout éclaircir ! Joris qui esquisse un sourire gentil tout plein, parce qu’il s’aperçoit que Maigret le regarde !
— Caen! Les voyageurs pour Cherbourg continuent… Les voyageurs pour Ouistreham, Lion-sur-Mer, Luc…
Il est sept heures. L’humidité de l’air est telle que la lumière des lampes, sur le quai, perce à peine la couche laïiteuse.
— Quel moyen de transport avons-nous, maintenant ? demanda Maigret à Julie, tandis que la foule les bouscule.

— Il n’y en a plus. L’hiver, le petit train ne fait la route que deux fois par jour…
Il y a des taxis devant la gare. Maigret a faim. Il ne sait pas ce qu’il trouvera là-bas et il préfère dîner au buffet.
Le capitaine Joris est toujours aussi sage. Il mange ce qu’on lui sert, comme un enfant qui a confiance en ceux qui le guident.
7
撃たれたのは|事実だ!||だが、|驚くほど|見事に|手当ても|されている!
彼は|金を|持たずに|出ていった。||ところが、|見つかったときには、|ポケットに|五千フランが|入っていた。
妙なことは|さらに|ある!||ジュリーが|ふいに|バッグを|開いた。

「忘れていました。||旦那さまの|郵便物を|持ってきたんです」
ほとんど|何も|なかった。||船舶用品の|店のちらし。||商船船長組合の|会費の|領収書。||まだ|現役の|友人たちからの|絵はがきが|何枚か。||その中には、|プンタ・アレナス5からのものが|一枚|あった。
カーンの|ノルマンディー銀行からの|手紙が|一通。||印刷された|用紙で、|空いた|ところは|タイプで|埋められていた。
……ハンブルクの|オランダ銀行を|通じて|送金された|三十万フランを、|あなたの|口座一四一七三に|入金したことを、|ここに|お知らせいたします……
しかも|ジュリーは、|船長は|金持ちでは|ないと、|もう|十回も|くり返していた!||メグレは、|向かいに|座る|二人を|代わる代わる|見ていた。
タラの|卵。||ハンブルク。||ドイツで|作られた|靴。
そして、|すべてを|明らかに|できるのは、|ジョリスだけだ!||その|ジョリスは、|メグレが|自分を|見ているのに|気づいて、|人の|よさそうな|笑みを|少し|浮かべている!
「カーン!||シェルブール行きの|お客様は|そのまま|ご乗車ください。||ウイストルアム、|リオン・シュル・メール、|リュック行きの|お客様は」
七時だった。||空気の|湿りが|ひどく、|ホームの|ランプの|光は、|乳のように|白い|霧の中を、|かろうじて|抜けるだけだった。

「これから|乗り物は|何が|ある?」と|人波に|揉まれながら、|メグレが|ジュリーに|たずねた。

「もう|ありません。||冬は、|小さな|列車が|一日に|二回しか|走らないんです」
駅前には|タクシーが|いる。||メグレは|腹が|減っていた。||向こうで|何が|食べられるか|わからなかったので、|駅の|食堂で|夕食を|とることに|した。
ジョリス船長は|相変わらず|おとなしかった。||自分を|導く|人たちを|信じている|子どものように、|出された|ものを|食べていた。
8
Un employé du chemin de fer tourne un instant autour de la table, l’observe, s’approche de Maigret.

— Ce n’est pas le chef de port de Ouistreham ?
Et il fait tourner son index sur son front. Quand il a obtenu confirmation, il s’éloigne, impressionné. Julie, elle, se raccroche à des détails matériels.
— Douze francs pour un dîner pareil, qui n’est même pas préparé au beurre ! Comme si nous n’aurions pas pu manger en arrivant à la maison…
Au même moment Maigret pense :
— Une balle dans la tête. Trois cent mille francs…
Et son regard aigu fouille les yeux innocents de Joris, tandis que sa bouche a un pli menaçant.

Le taxi qui s’avance est une ancienne voiture de maître, aux coussins défoncés, aux jointures qui craquent. Les trois occupants sont serrés dans le fond, car les strapontins sont démantibulés. Julie est coincée entre les deux hommes, qui l’écrasent tour à tour.
— Je suis en train de me demander si j’ai fermé la porte du jardin à clé ! murmure-t-elle, reprise par ses soucis de ménagère à mesure qu’on approche.
Et, au sortir de la ville, on fonce littéralement dans un mur de brouillard. Un cheval et une charrette naissent à deux mètres à peine, cheval fantôme, charrette fantôme ! Et ce sont des arbres fantômes, des maisons fantômes qui passent aux deux côtés du chemin.

Le chauffeur ralentit l’allure. On roule à dix kilomètres à l’heure à peine, ce qui n’empêche pas un cycliste de jaillir de la brume et de heurter une aile. On s’arrête. Il ne s’est fait aucun mal.
On traverse le village de Ouistreham. Julie baisse la vitre :
— Vous irez jusqu’au port et vous franchirez le pont tournant. Arrêtez-vous à la maison qui est juste à côté du phare !

Entre le village et le port, un ruban de route d’un kilomètre environ, désert, dessiné par les lucioles pâles des becs de gaz. À l’angle du pont, une fenêtre éclairée et du bruit.
8
鉄道の|係員が、|しばらく|テーブルの|まわりを|歩き、|彼を|見つめてから、|メグレに|近づいた。

「ウイストルアムの|港湾長では|ありませんか?」
そして|人差し指を|額のところで|くるくると|回した。||そうだと|わかると、|彼は|ひどく|感じ入った|様子で|離れていった。||ジュリーのほうは、|目の前の|こまごましたことに|気を取られている。

「こんな|夕食で|十二フランですって。||しかも|バターも|使っていないのに!||まるで|家に|着いてからは|食べられなかったみたい」
同じとき、|メグレが|考えていることは、

『頭に|一発。||三十万フラン』
そして|鋭い目で、|ジョリスの|無邪気な|目の奥を|深く|探っているのだが、|その|口元には、|険しい|しわが|寄っていた。
やって来た|タクシーは、|昔は|金持ちの|専用車だった|古い車だ。||座席の|クッションは|へたり、|つなぎ目は|ぎしぎし|鳴った。||補助席は|壊れていたので、|三人は|奥の|席に|ぎゅうぎゅうに|詰めこまれた6。||ジュリーは|二人の|男の|あいだに|はさまれ、|両側から|かわるがわる|押しつぶされている。

「庭の入り口に|鍵を|かけたかどうか|今|気になっているんです!」と|彼女はつぶやく。||家に|近づくに|つれて、|家事のことを|思い出し|心配になったのだ。
そして、|町を|出ると、|車は|文字どおり|霧の壁に|突っこんだ。||馬と|荷車が、|わずか|二メートル|先に|ふっと|現れた。||幽霊の霊、|幽霊の幽霊!||道の両側を|過ぎていくのも、|幽霊の木、|幽霊の家だ。
運転手は|速度を|落とした。||時速|十キロほどで|走ったが、|それでも|自転車が|霧の中から|飛び出してきて、|車の|泥よけに|ぶつかった。||車は|止まった。||けれど|相手に|けがは|なかった。
車は|ウイストルアムの|村を|通り抜けた。||ジュリーは|窓を|下げた。

「港まで|行って、|跳ね橋を|渡ってください。||灯台の|すぐ横の|家で|止めてください!」
村と|港の|あいだには、|一キロほどの|さびしい|一本道が|続いている。||道は、|ガス灯の|青白い|ほたるのような|光で|かろうじて|浮かび上がっている。||橋の角に、|明かりのついた|窓が|あり、|物音が|していた。
9

— La Buvette de la Marine ! dit Julie. C’est là que tous ceux du port se tiennent la plupart du temps.
Au-delà du pont, la route est presque inexistante. Le chemin va se perdre dans les marécages formant les rives de l’Orne.
Il n’y a que le phare et une maison à un étage, entourée d’un jardin. L’auto s’arrête. Maïigret observe son compagnon, qui descend le plus naturellement du monde et se dirige vers la grille.

— Vous avez vu, monsieur le commissaire ! s’écrie Julie, pantelante de joie. Il a reconnu la maison ! Je suis sûre qu’il finira par revenir à lui tout à fait.
Et elle introduit la clé dans la serrure, pousse la grille qui grince, suit l’allée semée de gravier. Maigret paie le chauffeur, la rejoint rapidement. L’auto partie, on ne voit plus rien.
— Vous ne voulez pas frotter une allumette ? Je ne trouve pas la serrure.
Une petite flamme. La porte est poussée. Une forme sombre passe, frôle les jambes de Maigret. Déjà Julie, dans le corridor, tourne le commutateur électrique, regarde curieusement par terre, murmure :

— C’est bien le chat qui vient de sortir, n’est-ce pas ?
Tout en parlant, elle retire son chapeau et son manteau d’un geste familier, accroche le tout à la patère, pousse la porte de la cuisine, où elle fait de la lumière, indiquant ainsi sans le vouloir que c’est dans cette pièce que les hôtes de la maison ont coutume de se tenir.
Une cuisine claire, avec des pavés de faïence sur les murs, une grande table de bois blanc frotté au sable, des cuivres qui étincellent. Et le capitaine va s’asseoir machinalement dans son fauteuil d’osier, près du poêle.
— Je suis pourtant sûre d’avoir mis le chat dehors en partant, comme toujours.
Elle parle pour elle-même. Elle s’inquiète.
— Oui, c’est bien certain. Toutes les portes sont bien fermées. Dites ! monsieur le commissaire, vous ne voulez pas faire le tour de la maison avec moi ? J’ai peur.

9

「ラ・ビュヴェット・ド・ラ・マリーヌ、|海軍食堂です」と、|ジュリーが|言った。
「港の|人たちは、|たいてい|あそこに|います」
橋を|越えると、|道は|ほとんど|道とは|いえなかった。||道は、|オルヌ川7の|岸を|なす|沼地の|中へ|消えていくようだ。
そこには|灯台と、|庭に|囲まれた|二階建ての|家が|あるだけだ。||車が|止まった。||メグレが|連れの|男を|見ていると、|彼は|当たり前のように|車を|降り、|門のほうへ|向かっていく。

「ご覧に|なりましたか、|警部さん!」と、|ジュリーが|喜びに|息をはずませて|叫んだ。
「家が|わかったんです!||きっと|最後には|すっかり|正気に|戻ります」
そして|彼女は|鍵を|鍵穴に|差しこみ、|きしむ|門を|押し開け、|砂利を|敷いた|小道を|進んだ。||メグレは|運転手に|金を|払い、|すぐに|彼女に|追いついた。||車が|去ると、|もう|何も|見えない。

「マッチを|すって|いただけませんか。||鍵穴が|見つかりません」
小さな|炎。||扉が|押し開けられた。||黒いものが|通りすぎ、|メグレの|足元を|かすめた。||ジュリーは|すでに|廊下で|電気の|スイッチを|ひねり、|床を|不思議そうに|見て、|つぶやいた。

「今|出ていったのは、|たしかに|猫でしたよね?」
そう|言いながら、|彼女は|慣れた|手つきで|帽子と|外套を|脱ぎ、|それを|壁のフックに|掛け、|台所の|扉を|押し開ける。||そこで|明かりを|つけたことで、|彼女は|気づかぬうちに、|この家の|人たちが|いつもいるのは|この部屋だと|教えていた。
明るい|台所だった。||壁には|陶器の|タイルが|張られ、|砂で|磨いた|白木の|大きな|テーブルが|あり、|銅製の|調理道具が|輝いている。||そして|船長は、|何も|考えずに|体が|覚えているように、|ストーブの|そばの|籐椅子に|腰を|下ろした。

「でも、|出かけるとき、|いつものように|猫を|外へ|出したのは|たしかなんですが」
彼女は|ひとり言を|言った。||不安なのだ。

「ええ、|たしかに|そうです。||扉は|どれも|ちゃんと|閉まってます。||ねえ!||警部さん、|私と|一緒に|家のまわりを|見ていただけませんか。||怖いんです」
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Au point qu’elle ose à peine marcher la première. Elle ouvre la salle à manger, dont l’ordre parfait, le parquet et les meubles trop bien cirés proclament qu’elle ne sert jamais.
— Regardez derrière les rideaux, voulez-vous ?

Il y a un piano droit, des laques de Chine et des porcelaines que le capitaine a dû rapporter d’Extrême-Orient.
Puis le salon, dans le même ordre, dans le même état qu’à la vitrine du magasin où il a été acheté. Le capitaine suit, satisfait, presque béat. On monte l’escalier aux marches couvertes d’un tapis rouge. Il y a trois chambres, dont une non utilisée.

Et toujours cette propreté, cet ordre méticuleux, une tiède odeur de campagne et de cuisine.
Personne n’est caché. Les fenêtres sont bien fermées. La porte du jardin est close, mais la clé est restée à l’extérieur.
— Le chat sera entré par un soupirail, dit Maigret.
— Il n’y en a pas.
Ils sont revenus à la cuisine. Elle ouvre un placard.
— Je peux vous offrir un petit verre de quelque chose ?
Et c’est alors, au milieu de ces allées et venues rituelles, en versant de l’alcool dans de tout petits verres ornés de fleurs peintes, qu’elle sent le plus intensément sa détresse et qu’elle fond en larmes.

Elle regarde à la dérobée le capitaine qui s’est assis dans son fauteuil. Ce spectacle lui fait si mal qu’elle détourne la tête, bégaie pour changer le cours de ses pensées :
— Je vais vous préparer la chambre d’ami.
Et c’est entrecoupé de sanglots. Elle décroche un tablier blanc, au mur, pour s’essuyer les yeux.

— Je préfère m’installer à l’hôtel. Je suppose qu’il y en a un…
Elle regarde une petite pendule de faïence comme celles que l’on gagne dans les foires et dont le tic-tac fait partie des dieux lares de la maison.
— Oui! À cette heure-ci, vous trouverez encore quelqu’un. C’est de l’autre côté de l’écluse, juste derrière l’estaminet que VOUS avez aperçu…
Pourtant, elle est sur le point de le retenir. Elle paraît avoir peur de se trouver seule avec le capitaine, qu’elle n’ose plus regarder.
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そのため|彼女は|先に|進んでいくことさえ|ためらうほどだ。||彼女は|食堂を|開けた。||そこは、|非の打ちどころなく|整頓され、|ワックスで|磨き抜かれた|寄せ木作りの|床と|家具は、|この部屋が|一度も|使われていないことを|物語っている。

「カーテンの|後ろを|見て|いただけますか?」
そこには|アップライトピアノと、|中国の漆塗りと、|ジョリス船長が|極東から|持ち帰ったに|違いない|磁器製品が|あった。
つぎは|客間。||そこも|同じように|整然として、|買った店の|ショーウインドーに|並んでいのと|同じような|状態だ。||船長は|満足げに、|ほとんど|うっとりした|様子で|ついてきた。||赤い|じゅうたんを|敷いた|階段を|上がる。||寝室は|三つあり、|そのうちの|一つは|使われていない。
そして|どこも|清潔で|細かく|行きとどいて|整然としており、|田舎と|台所の|心地よい|香りが|漂っている。
誰も|隠れていない。||窓は|きちんと|閉まっている。||庭の出入り口も|閉まっているが、|鍵は|外側に|差したままだ。

「猫は|換気口から|入ったんだろう」と、|メグレが|言った。

「そんなものは|ありません」
二人は|台所へ|戻った。||彼女は|戸棚を|開けた。

「何か|少し|お飲みになりますか?」
そして、|そうやって|いつものように|行き来する中で、|花模様の|ごく|小さな|グラスに|お酒を|注いでいると、|彼女は|自分の|悲しみを|いちばん|強く|感じ、|泣き崩れた。
彼女は|籐椅子に|腰を|下ろした|船長を、|そっと|気づかれないよう|見る。||その姿が|あまりに|つらく、|彼女は|顔を|そむけ、|考えを|そらそうとして|つかえながら|言った。

「お客さまの|部屋を|ご用意します」
その言葉は|すすり泣きで|とぎれとぎれだった。||彼女は|壁から|白い|エプロンを|外し、|目を|ぬぐった。

「私は|ホテルに|泊まる。||一軒くらいは|あるだろう」
彼女は|縁日で|もらえるような|陶器の|小さな|置き時計を|見た。||その|チクタクいう|音は、|この家を|守り続ける|神様の|一つのようだ。

「ええ!||この時間なら、|まだ|誰か|いるはずです。||水門の|向こう側です。||さっき|ご覧になった|酒場の|すぐ裏です」
それでも|彼女は、|彼を|引き止めようと|している。||もう|見ることも|できない|船長と|二人きりに|なるのを|怖がっているようだった。
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— Vous croyez qu’il n’y a personne dans la maison ?
— Vous avez pu vous en rendre compte vous-même !
— Vous reviendrez demain matin ?
Elle le reconduit jusqu’à la porte, qu’elle referme vivement. Et Maigret, lui, plonge dans une brume tellement dense qu’il ne voit pas où il pose les pieds. Il trouve néanmoins la grille. Il sent qu’il marche dans l’herbe, puis sur les cailloux du chemin. En même temps il perçoit une clameur lointaine qu’il est longtemps avant d’identifier.
Cela ressemble au beuglement d’une vache, mais en plus désolé, en plus tragique.
— Imbécile ! grommelle-t-il entre ses dents. C’est tout bonnement la corne de brume…

Il se repère mal. Il voit, à pic sous ses pieds, de l’eau qui paraît fumer. Il est sur le mur de l’écluse. Il entend quelque part grincer des manivelles. Il ne se souvient plus de l’endroit où il a traversé l’eau avec l’auto et, avisant une étroite passerelle, il va s’y engager.
— Attention !.…
C’est stupéfiant ! Parce que la voix est toute proche ! Alors que la sensation de solitude est complète, il y a un homme à moins de trois mètres de lui, et c’est à peine si, en cherchant bien, il devine sa silhouette.
Il comprend tout de suite l’avertissement. La passerelle sur laquelle il allait s’engager bouge. C’est la porte même de l’écluse qu’on ouvre, et le spectacle devient plus hallucinant encore parce que, tout près, à quelques mètres, ce n’est plus un homme qui surgit, mais un véritable mur, haut comme une maison. Au- dessus de ce mur, des lumières que tamise le brouillard.

Un navire qui passe à portée de la main du commissaire ! Une aussière tombe près de lui et quelqu’un la ramasse, la porte jusqu’à une bitte où il la capelle.
— En arrière !… Attention !… crie une voix, là-haut, sur la passerelle du vapeur.
Quelques secondes auparavant tout semblait mort, désert. Et maintenant Maigret, qui marche le long de l’écluse, s’aperçoit que le brouillard est plein de formes humaines. Quelqu’un tourne une manivelle. Un autre court avec une seconde amarre. Des douaniers attendent que la passerelle soit jetée pour monter à bord.

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「家の中に|誰も|いないと|思いますか?」

「ご自分で|確かめたでしょう!」

「明日の|朝、|また|来てくださいますか?」
彼女は|メグレを|玄関まで|送り、|扉を|すばやく|閉めた。||メグレは|自分の|足元さえ|見えない|濃い霧の中へ|足を|踏み入れた。||それでも|出入り口を|見つけた。||草の上を|歩いているのが|わかり、|次に|道の|小石の上を|歩いている。||そのとき、|遠くから|叫び声のような|音が|聞こえたが、|それが|何か|分かるまでには|かなり|時間が|かかった。
牛の|鳴き声に|似ていた。||けれども|もっと|さびしく、|もっと|悲しい|音だった。

「ばかめ」と、|メグレは|舌打ちしながら|つぶやいた。
「ただの|霧笛じゃないか」
方角が|よく|わからない。||自分の足の|真下に、|煙を|立てているような|水が|見える。||彼は|水門の|壁の上に|いた。||どこかで|ハンドルが|きしむ|音が|聞こえる。||車で|水の上を|横着った|場所が|思い出せない。||細い|通路を|見つけ、|そこへ|踏み出そうとした。
「気をつけろ!」
驚いた!。||声は|すぐ近くから|聞こえた。||完全に|ひとりきりだと|感じていたのに、|三メートルも|離れていない|ところに|男が|いた。||目を|凝らして|ようやく、|その|シルエットが|わかるほどだ。
メグレは|すぐに|警告の|意味を|理解した。||彼が|踏み出そうとした|通路が|動いていた。||それは|まさに|開かれようとしている|水門の|扉だった。||そして|光景は|さらに|幻想的に|なった。||すぐ近く、|数メートル先に|現れたのは、|もはや|人間ではなく、|家ほどの|高さの|本物の|壁だった。||その|壁の上には、|霧で|滲んだ|灯りが|見える。
大型船が|警部の|手の|届くほど|近くを|通っている!||太い|もやい綱が|そばに|落ち、|誰かが|それを|拾い、|係船ビットまで|運んで、|そこへ|掛けた。
「後ろへ下がれ!||危ないぞ!」と、|蒸気船の|ブリッジの上から|声が飛ぶ。
数秒前まで、|すべては|死んだようで、|人気も|なかった。||ところが|今、|水門沿いを|歩く|メグレは、|霧の中が|人影で|満ちていることに|気づいた。||誰かが|ハンドルを|回していた。||別の|男が|二本目の|もやい綱を|持って|走っている。||税関の|役人たちは|乗船用の|タラップが|岸壁に|渡されるのを|待っている。
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Tout cela sans rien voir, dans le nuage humide qui accroche des perles aux poils des moustaches.
— Vous voulez passer ?
C’est tout près de Maigret. Une autre porte d’écluse.
— Faites vite, parce qu’après vous en avez pour un quart d’heure…

Il traverse en se tenant à la main courante, entend l’eau bouillonner sous ses pieds et, toujours au loin, les hurlements de la sirène. Plus il avance et plus cet univers de brume se remplit, grouille intensément d’une vie mystérieuse. Un point lumineux l’attire. Il s’approche et il voit alors un pêcheur, dans une barque amarrée au quai, qui abaisse et relève un grand filet retenu par des perches.
Le pêcheur le regarde sans curiosité, se met à trier dans un panier du menu poisson.

Autour du navire, le brouillard, plus lumineux, permet de distinguer les allées et venues. Sur le pont, on parle anglais. Un homme en casquette galonnée, au bord du quai, vise des papiers.
Le chef du port ! Celui qui remplace maintenant le capitaine Joris !
Un petit homme aussi, mais plus maigre, plus sautillant, qui plaisante avec les officiers du navire.
En somme, l’univers se réduit à quelques mètres carrés de clarté relative et à un grand trou noir où l’on devine de la terre ferme et de l’eau. La mer est là-bas, à gauche, à peine bruissante.
N’est-ce pas un soir tout pareil que Joris a soudain disparu de la circulation ? Il visait des papiers, comme son collègue. Il plaisantait sans doute. Il surveillait l’éclusée, les manœuvres. Il n’avait pas besoin de voir. Quelques bruits familiers lui suffisaient. De même que nul ici ne regarde où il marche !
Maigret, qui vient d’allumer une pipe, se renfrogne, parce qu’il n’aime pas se sentir gauche. Il s’en veut de sa lourdeur de terrien qu’effraie ou émerveille tout ce qui touche à la mer.
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何も|見えないまま、|口髭に|真珠のような|しずくを|つける|湿った|雲のような|中で、|すべてが|行われている。

「通りますか?」
声は|メグレの|すぐ|そばだった。||別の|水門の|扉だった。

「急いでください。||そのあとだと、|十五分は|待つことになります」
メグレは|手すりに|つかまりながら|渡った。||足の|下で|水が|泡立つ|音が|聞こえ、|遠くでは|相変わらず|霧笛が|鳴っている。||進めば|進むほど、|この|霧の世界で|覆われ、|見知らぬ世界の|生活の|気配が|激しく|ひしめいている。||一点の|灯りが|彼を|引き寄せた。||近づくと、|岸に|つながれた|小舟の中に|漁師が|いて、|竿で|支えた|大きな網を|下ろしたり|上げたりしていた。
漁師は|興味も|なさそうに|メグレを|見て、|かごの中の|小魚を|より分けはじめた。
大型船の|周りでは、|霧が|少し|晴れて|明るくなり、|人の|行き来が|見分けられた。||デッキでは|英語が|話されていた。||岸壁の端では、|金の飾りの|制帽を|かぶった|男が、|書類に|目を|通していた。||
港湾長だ。||今、|ジョリス船長の|代わりをしている|男だ。
やはり|小柄な|男だったが、|もっと|やせていて、|もっと|せわしなく|動き、|船の|乗組員たちと|冗談を|交わしていた。
つまり、|この世界は、|いくらか|明るい|数メートル四方と、|その周りの|黒い|大きな|穴に|集約できる。||そこには|固い地面と|水が|あるらしいと|わかるだけだ。||海は|はるか向こう、|左手に|あり、|かすかに|音を|立てているだけだった。
ジョリスが|ふいに|姿を|消したのも、|まさに|これと|同じような|夜では|なかったのか。||彼は|この同僚と|同じように|書類に|目を|通していた。||きっと|冗談も|言っていた。||水門を|通す|作業や、|船の|動きを|見守っていた。||彼は|目で|見る|必要など|なかった。||聞き慣れた|いくつかの|音だけで|十分だった。||ここでは|誰ひとり、|自分が|歩いている|場所など|見ていないのと|同じように!
火を|つけたばかりの|パイプを|くわえた|メグレは、|顔を|しかめた。||自分が|ぎこちなく|感じるのが|嫌だからだ。||海に|関わるものに|いちいち|おびえたり|驚いたりする、|陸の人間である|自分の鈍さが|腹立たしかった。
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Les portes de l’écluse s’ouvrent. Le bateau s’engage dans un canal un peu moins large que la Seine à Paris.
— Pardon ! Vous êtes le capitaine du port ?.. Commissaire Maigret, de la Police judiciaire. Je viens de ramener votre collègue.
— Joris est ici ?.. C’est donc bien lui ?.. On m’en a parlé ce matin… Mais c’est vrai qu’il est. ?
Un petit geste du doigt, qui touche le front.
— Pour l’instant, oui ! Vous passez toute la nuït au port ?
— Jamais plus de cinq heures à la fois. Une marée, quoi ! Il y a cinq heures par marée pendant lesquelles les bateaux ont assez d’eau pour pénétrer dans le canal ou pour prendre la mer… L’heure varie tous les jours… Aujourd’hui, nous venons de commencer et nous en avons jusqu’à trois heures du matin…
L’homme est très simple. Il traite Maigret en collègue, étant en définitive un fonctionnaire comme lui.
— Vous permettez ?.….
Il regarde du côté du large où on ne voit rien. Et pourtant il prononce :
— Un voilier de Boulogne qui s’est amarré aux pilotis en attendant l’ouverture des portes…
— Les bateaux vous sont annoncés ?
— La plupart du temps. Surtout les vapeurs. Ils font presque tous un trafic régulier, amenant du charbon d’Angleterre, repartant de Caen avec du mineraï…
— Vous venez boire quelque chose ? propose Maigret.
— Pas avant la fin de la marée… Il faut que je reste ici…
Et il crie des ordres à des hommes invisibles, dont il connaît la place exacte.
— Vous êtes chargé de faire une enquête ?

Des bruits de pas viennent du village. Un homme passe sur une porte de l’écluse et, au moment où il est éclairé par une des lampes, on reconnaît le canon d’un fusil.
— Qui est-ce ?
— Le maire, qui va à la chasse aux canards… Il a un gabion sur l’Orne… Son aide doit déjà être là-bas à tout préparer pour la nuit…
— Vous croyez que je trouverai l’hôtel ouvert ?
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水門の|扉が|開いた。||船は|パリの|セーヌ川より|少し|狭い|運河へ|入っていった。

「失礼!||あんたが|港湾長か?||司法警察の|メグレ警部だ。||あんたの|同僚を|連れて来ている」

「ジョリスが|ここに?||では、|やはり|本人なんですね?||今朝、|その話は|聞きました。||しかし、|本当に|あの人は」
指先で|額に|触れる|小さな|しぐさ。

「今のところは、|そういうことだ。||あんたは|一晩じゅう|港に|いるか?」

「一度に|五時間を|超えることは|ありません。||つまり、|満潮の頃だけです!||満潮ごとに|五時間、|船が|運河へ|入ったり、|海へ|出たり|できるだけの|水深になります。||時刻は|毎日|変わります。||今日は|始まったばかりで、|午前三時まで|続きます」
その男は|とても|率直だ。||つまり|自分と|同じ|役人ということで、|メグレを|同僚のように|扱っている。

「ちょっと|失礼」
彼は|何も|見えない|沖の|方を|見た。||それなのに、|こう|言った。

「ブローニュの|帆船です。||扉が|開くのを|待って、|杭に|つながれています」

「船は|前もって|知らされるのか?」

「たいていは。||とくに|蒸気船は|そうです。||ほとんどが|決まった|航路で、|イギリスから|石炭を|運び、|カーンからは|鉱石を|積んで|出ていきます」

「何か|飲みに|行かないか?」と、|メグレが|誘った。

「満潮が|終わるまでは|だめです。||ここに|いなければ|なりません」
そして|彼は、|見えない|男たちへ|命令を|叫んだ。||彼らの|正確な|居場所を|知っているのだ。

「あなたは|捜査を|担当しているのですか?」
村の方から|足音が|してきた。||一人の男が|水門の|扉の上を|通り、|ランプの|一つに|照らされた|瞬間、|猟銃の|銃身が|見えた。

「あれは|誰だ?」

「村長です。||カモ猟に|行くところです。||オルヌ川に|隠れ小屋を|持っています。||手伝いの者は、|もう|あちらで|夜の|準備を|しているはずです」

「ホテルは|開いていると|思うか?」
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— L’Univers, oui! Mais dépêchez-vous.… Le patron aura bientôt fini sa partie de cartes et ira se coucher… Dès lors, il ne se lèverait pas pour un empire…
— À demain… dit Maigret.
— Oui ! Je serai au port dès dix heures, pour la marée.

Ils se serrent la main, sans se connaître. Et la vie continue dans le brouillard, où on heurte soudain un homme qu’on n’a pas vu.
Ce n’est pas sinistre, à proprement parler, c’est autre chose, une inquiétude vague, une angoisse, une oppression, la sensation d’un monde inconnu auquel on est étranger et qui poursuit sa vie propre autour de vous.
Cette obscurité peuplée de gens invisibles. Ce voilier, par exemple, qui attend son tour, tout près, et qu’on ne devine même pas.
Maigret repasse près du pêcheur immobile sous sa lanterne. Il veut lui dire quelque chose.
— Ça mord ?.….
Et l’autre se contente de cracher dans l’eau tandis que Maigret s’éloigne, furieux d’avoir dit une telle stupidité.
La dernière chose qu’il entend avant d’entrer à l’hôtel est le bruit des volets qui se ferment au premier étage de la maison du capitaine Joris.
Julie qui a peur !… Le chat qui s’est échappé au moment où on entrait dans la maison !…

— Cette corne de brume va gueuler toute la nuit ? gronde Maigret, avec impatience, en apercevant le patron de l’hôtel.

— Tant qu’il y aura du brouillard… On s’habitue..
Il eut un sommeil agité, comme quand on fait une mauvaise digestion ou encore comme quand, étant enfant, on attend un grand événement. Deux fois il se leva, colla son visage aux vitres froides et ne vit rien que la route déserte et le pinceau mouvant du phare, qui semblait vouloir percer un nuage. Toujours la corne de brume, plus violente, plus agressive.
La dernière fois, il regarda sa montre. Il était quatre heures, et des pêcheurs, panier au dos, s’en allaient vers le port au rythme bruyant de leurs sabots.

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「ユニヴェール・ホテルなら、|開いています!||でも、|急いでください。||主人は|もうすぐ|カード遊びを|終えて、|寝てしまいます。||そうなったら、|いくら|頼まれても|起きません」

「では、|明日」と、|メグレは|言った。

「ええ!||十時には|港に|います。||満潮の頃です」
二人は|まだ|互いを|知らないまま、|握手を|した。||そして|霧の中では|人間の|活動が|続いている。||そこでは|見えなかった|男に、|急に|ぶつかるのだ。
それは|正確に言えば|不気味なわけでは|ない。||それとは|別のもの、|ぼんやりした|不安、|胸を|しめつける|思い、|息苦しさ。||自分が|よそ者である|知らない|世界が、|自分の|まわりで|自らの|活動を|続けているという|感覚だ。
見えない|人間たちで|満たされた|この暗がり。||たとえば、|順番を|待っている|あの|帆船も、|すぐ近くに|いるのに、|気配さえ|わからない。
メグレは|ランタンの下で|動かずに|いる|漁師のそばを|また|通った。||何か|言いたくなった。

「釣れるか?」
相手は|水の中へ|唾を|吐いただけだった。||メグレは|そんな|くだらないことを|言った|自分に|腹を立てながら、|遠ざかった。
ホテルへ|入る前に|彼が|最後に|聞いたのは、|ジョリス船長の|家の|二階で、|雨戸が|閉まる|音だった。
怖がっている|ジュリー!||家に|入った|そのとき、|逃げ出した|猫!

「この|霧笛は|一晩じゅう|鳴っているのか?」と、|ホテルの|主人を|見つけた|メグレは、|苛立たしそうに|ぼやいた。

「霧がある|あいだは|ずっと。||慣れますよ」
落ち着かない|眠りだった。||まるで|胃もたれを|したときのような、|また、|子どものころ、|大きな|イベントを|待っていたときのような|そんな|眠りだった。||二度、|彼は|起き上がり、|冷たい|窓ガラスに|顔を|押しつけたが、|見えたのは|人けのない|道と、|雲を|突き破ろうと|しているような|灯台の|動く|光の|筋だけだった。||霧笛は|相変わらず|いっそう|激しく、|いっそう|攻撃的に|鳴っていた。
最後に|彼が|時計を|見ると、|四時だった。||背に|籠を|負った|漁師たちが、|木靴の|大きな|音を|立てながら、|港の方へ|歩いていった。
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Presque sans transition des coups précipités frappés à sa porte et celle-ci qu’on ouvrait sans attendre sa réponse, le visage bouleversé du patron.

Mais du temps s’était écoulé. Il y avait du soleil sur les vitres. Pourtant la corne de brume sévissait toujours.
— Vite !.. Le capitaine est en train de mourir…
— Quel capitaine ?
— Le capitaine Joris… C’est Julie qui vient d’accourir au port pour qu’on vous prévienne en même temps qu’un médecin…

Maigret, les cheveux en broussaille, passait déjà son pantalon, enfilait ses chaussures sans les lacer, endossait son veston en oubliant son faux col.
— Vous ne prenez rien avant de partir ?.… Une tasse de café ?.. Un verre de rhum ?.…
Mais non ! Il n’en avait pas le temps. Dehors, en dépit du soleil, il faisait très frais. La route était encore humide de rosée.

En franchissant l’écluse, le commissaire aperçut la mer, toute plate, d’un bleu pâle, mais on n’en voyait qu’une toute petite bande, car à faible distance une longue écharpe de brouillard voilait l’horizon.
Sur le pont, quelqu’un l’avait interpellé.
— Vous êtes le commissaire de Paris ?.. Je suis le garde champêtre… Je suis heureux… On vous a déjà dit ?.…
— Quoi ?.….
— Il paraît que c’est affreux !.. Tenez ! Voici la voiture du docteur.
Et les barques de pêche, dans l’avant-port, se balançaient mollement, étirant sur l’eau des reflets rouges et verts. Des voiles étaient hissées, sans doute pour sécher, montrant leur numéro peint en noir.
Deux ou trois femmes, devant la maisonnette du capitaine, là-bas, près du phare. La porte ouverte. L’auto du docteur dépassa Maigret et le garde champêtre qui s’accrochaït à lui.

— On parle d’’empoisonnement… Il paraît qu’il est verdâtre..
Maigret entra dans la maison au moment précis où Julie, en larmes, les yeux gonflés, les joues pourpres, descendait lentement l’escalier. On venait de la mettre à la porte de la chambre où le docteur examinait le moribond.

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ほとんど|間を|置かず、|あわただしく|扉を|叩く|音が|した。||そして、|返事を|待たずに|扉が|開くと、|そこに|取り乱した|ホテルの|主人の|顔が|現れた。
しかし、|時間は|過ぎていた。||窓ガラスには|日が|差していた。||それでも、|霧笛は|まだ|鳴り続けていた。

「急いでください!||船長が|死にかけています」

「どの|船長だ?」

「ジョリス船長です。||ジュリーが|港に|駆け込んできました。||医者を|呼ぶのと|同時に、|あなたにも|知らせてほしいと」
メグレは、|髪を|ぼさぼさにしたまま、|もう|ズボンを|はいていた。||靴ひもも|結ばずに|靴を|はき、|付け襟を|忘れたまま|上着を|羽織った。

「出かける前に|何か|召し上がりませんか?||コーヒーを|一杯?||ラムを|一杯?」
だが、|いらない!||そんな|時間は|なかった。||外は、|日が|差しているにも|かかわらず、|かなり|冷えていた。||道は|まだ|朝露で|ぬれていた。
水門を|渡っているとき、|海が|見えた。||まっ平らで、|淡い|青色だったが、|見えるのは|ほんの|細く|横に伸びる|水面だけだった。||その|すぐ先で、|長い|霧の帯が|地平線を|おおっていたからだ。
橋の上で、|誰かが|彼に|声をかけた。

「あなたが|パリの|警部さんですか?||私は|村の|巡査です。||よかった。||もう|聞きましたか?」

「何を?」

「ひどいらしいですよ!||ほら!||医者の|車です」
そして|港の近くでは、|漁船が|ゆっくりと|揺れ、|その|赤や|緑の色が|水面に|映り込んでいた。||帆が|上げられていた。||おそらく|乾かすためで、|黒く|塗られた|番号が|見えていた。
向こうの|灯台の|そば、|船長の|小さな|家の|前に、|二人か|三人の|女が|いた。||扉は|開いている。||医者の車が、|メグレと、|彼に|うるさくつきまとう|村の|巡査を|追い越した。

「毒を|盛られたという|話です。||どうも、|顔が|緑がかっているとか」
メグレが|家に|入った|その瞬間、|ジュリーが|涙を|流し、|目を|腫らし、|頬を|赤くして、|ゆっくりと|階段を|降りてきた。||死にかけている|男を|医者が|診ている|部屋から、|彼女は|外へ|出されたところだった。
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Elle portait encore, sous un manteau passé en hâte, une longue chemise de nuit blanche et elle avait les pieds nus dans ses pantoufles.
— C’est affreux, monsieur le commissaire !.. Vous ne pouvez pas vous faire une idée… Montez vite !..… Peut-être que…
Maigret entra dans la chambre alors que le docteur, après s’être penché sur le lit, se redressait. Son visage disait clairement qu’il n’y avait rien à faire.
— Police…
— Ah ! bien… C’est fini. Peut-être deux ou trois minutes… Ou je me trompe fort, ou c’est de la strychnine…
Il alla ouvrir la fenêtre, parce que la bouche ouverte du moribond semblait avoir peine à aspirer l’air. Et on revit, tableau irréel, le soleil, le port, les barques et leurs voiles larguées, et des pêcheurs qui versaient dans des caisses de pleins paniers de poissons brillants.
Par contraste, le visage de Joris paraissait plus jaune, ou plus vert. C’était indéfinissable. Un ton neutre, incompatible avec l’idée qu’on se fait de la chair.
Ses membres se tordaient, étaient animés de soubresauts mécaniques. Et néanmoins son visage restait calme, ses traits immobiles, son regard fixé sur le mur, droit devant lui.
Le docteur tenait un des poignets, afin de suivre l’affaiblissement du pouls À un certain moment, sa physionomie indiqua à Maigret :
— Attention !.… C’est la fin.
Alors il se passa une chose inattendue, émouvante. On ne pouvait pas savoir si le malheureux avait recouvré sa raison. On ne voyait qu’un visage inerte.
Or, ce visage s’anima. Les traits se tendirent, comme sur le visage d’un gosse qui va pleurer. Une lamentable moue d’être très malheureux, qui n’en peut plus…

Et deux grosses larmes qui jaillissaient, cherchaïent leur voie…
Presque au même instant la voix mate du médecin :
— C’est fini !
Était-ce croyable ? C’était fini au moment même où Joris versait deux larmes !
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ジュリーは|あわてて|羽織った|コートの下に、|まだ|長い|白い|寝巻を|着たままで、|スリッパの中の|足は|素足だった。

「ひどいんです、|警部さん!||想像も|つきません。||早く|上へ!||もしかすると」
メグレが|部屋に|入った時、|医者は|ベッドに|かがみこんだあと、|体を|起こすところだった。||その顔は、|もう|手の打ちようが|ないことを|はっきり|物語っていた。

「警察だ」

「ああ!||そうですか。||終わりです。||あと|二、三分でしょう。||よほど|私が|まちがっていなければ、|ストリキニーネです」
医者は|窓を|開けに|行った。||死にかけている|男の|開いた|口が、|空気を|吸いこむのに|苦しんでいるように|見えたからだった。||すると|ふたたび、|非現実的な|絵のような|光景が見えた。||太陽、|港、|小舟、|帆を|下ろした|漁船、|そして|光る|魚で|いっぱいの|かごを|木箱へ|あけている|漁師たち。
それに対して、|ジョリスの|顔は|いっそう|黄色く、|あるいは|いっそう|緑がかって|見えた。||何とも|言いようが|なかった。||人の肌という|概念とは|相入れない、|精彩を欠いた|色だった。
手足は|ねじれ、|機械じかけのような|痙攣が|起きていた。||それでも|顔は|穏やかなままで、|表情は|変わらず、|視線は|まっすぐ|前の壁に|向けられていた。
医者は|脈が|弱っていくのを|見るため、|片方の|手首を|取っていた。||ある瞬間、|その表情が|メグレに|知らせた。

「気をつけて。||最期です」
その時、|思いもよらない、|胸を打つことが|起こった。||この|哀れな男が|正気を|取り戻したのか|どうかは、|わからなかった。||ずっと|虚な顔しか|見ていなかった。
ところが、|その顔が|生き返った。||表情が|ぐっと|引き締まり、|今にも|泣きだしそうな|子どもの|顔のように|なった。||嘆くように|口を尖らせて|これ以上は|耐えられないと|訴えているようだった。
そして|大きな|涙が|二つ、|あふれ出し、|流れる|道を|探していた。
ほとんど|同じ|瞬間、|医者の|低い|声が|した。

「終わりました」
信じられるだろうか?||ジョリスが|二つの|涙を|流した、|まさに|その時に、|終わったのだった。
17
Et tandis que ces larmes vivaient encore, qu’elles roulaient vers l’oreille qui les buvait, le capitaine, lui, était mort.
On entendait des pas dans l’escalier. En bas, au milieu des femmes, Julie hoquetait. Maigret s’avança sur le palier et prononça lentement :
— Que personne n’entre dans la chambre !
— Il est.….
— Oui ! laissa-t-il tomber.
Et il revint dans la pièce ensoleillée où le médecin, par acquit de conscience, préparait une seringue pour faire une piqûre au cœur.
Sur le mur du jardin, il y avait un chat tout blanc.
17
その涙は|まだ|生きていた。||耳の|ほうへ|流れ、|耳が|それを|吸い取ろうと|していた。||そのあいだに、|船長は、|もう|死んでいた。
階段で|足音が|聞こえた。||下では、|女たちの|あいだで、|ジュリーが|しゃくり上げていた。||メグレは|踊り場へ|進み出て、|ゆっくりと|言った。

「誰も|部屋に|入れるな」!

「もう」

「ああ!」と、彼は|ポツリと|言い残した。
そして|日ざしの|入る|部屋へ|戻った。||医師は、|念のために、|心臓へ|注射を|する|注射器を|用意していた。
庭の|塀の|上には、|真っ白な|猫が|いた。



