3
Quand on avait quitté Paris, vers trois heures, la foule s’agitait encore dans un frileux soleil d’arrière-saison. Puis, vers Mantes, les lampes du compartiment s’étaient allumées. Dès Évreux, tout était noir dehors. Et maintenant, à travers les vitres où ruisselaient des gouttes de buée, on voyait un épais brouillard qui feutrait d’un halo les lumières de la voie.
Bien calé dans son coin, la nuque sur le rebord de la banquette, Maigret, les yeux mi-clos, observait toujours, machinalement, les deux personnages, si différents l’un de l’autre, qu’il avait devant lui.

Le capitaine Joris dormait, la perruque de travers sur son fameux crâne, le complet fripé.
Et Julie, les deux mains sur son sac en imitation de crocodile, fixait un point quelconque de l’espace, en essayant de garder, malgré sa fatigue, une attitude réfléchie.
Joris ! Julie !
Le commissaire Maigret, de la Police judiciaire, avait l’habitude de voir ainsi des gens pénétrer en coup de vent dans sa vie, s’imposer à lui pendant des jours, des semaines ou des mois, puis sombrer à nouveau dans la foule anonyme.
Le bruit des bogies scandait ses réflexions, les mêmes au début de chaque enquête. Est-ce que celle-ci serait passionnante, banale, écœurante ou tragique ?
Maigret regardait Joris, et un vague sourire errait sur ses lèvres. Drôle d’homme! Car pendant cinq jours, quai des Orfèvres, on l’avait appelé « l’Homme », faute de pouvoir lui donner un nom.
3
三時ごろにパリを発ったとき、秋の終わりの冷たい日ざしの中で、人の群れはまだ忙しくなく動いていた。それから、マントのあたりで、コンパートメントのランプがともった。エヴルーを過ぎるころには、外はすっかり暗くなっていた。そして今は、曇った窓ガラスを水のしずくが流れ、その向こうに、線路の灯をおぼろげにする、深い霧が見えていた。
隅に深く腰を落ち着け、首の後ろを座席の背もたれに預けて、メグレは、半ば目を閉じたまま、目の前にいる、互いにまるで違う二人を、なんとなく見つめつづけていた。
ジョリス船長は眠っていた。あの見慣れた頭の上で、かつらが斜めにずれ、スーツはしわだらけだった。
ジュリーは、クロコダイル模様の合皮のバッグに両手を置き、疲れているのに、考えごとをしているような姿勢を保とうとしながら、どことも知れない一点を見つめていた。
ジョリス!ジュリー!
パリ司法警察のメグレ警部は、こんなふうに人が風のように自分の暮らしへ入り込み、何日も、何週間も、あるいは何か月も付き合わされた挙句、そのあとまた名もない人混みの中へ沈んでいくのを見ることに慣れていた。
車輪の音が、彼の思いを刻んでいく。それは、どの捜査の始まりでも同じ思いだった。今度の出来事は、興味深いものものになるのか、平凡なものになるのか、胸糞悪いものになるのか、それとも悲劇的なものになるのか?
メグレはジョリスを見ていた。その唇には、かすかな笑みが浮かんでいた。妙な男だ!というのも、五日のあいだ、オルフェーヴル河岸では、名前をつけようがなかったために、彼は「あの男」と呼ばれていたのだ。
4
Un personnage qu’on avait ramassé sur les grands boulevards, à cause de ses allées et venues affolées au milieu des autobus et des autos. On le questionne en français. Pas de réponse. On essaie sept ou huit langues. Rien. Et le langage des sourds-muets n’a pas plus d’effet sur lui.

Un fou ? Dans le bureau de Maigret, on le fouille. Son complet est neuf, son linge neuf, ses chaussures neuves. Toutes les marques de tailleur ou de chemisier sont arrachées. Pas de papiers. Pas de portefeuille. Cinq beaux billets de mille francs glissés dans une des poches.
Une enquête aussi crispante que possible ! Recherches dans les sommiers, dans les fiches anthropométriques. Télégrammes en France et à l’étranger. Et l’Homme souriant avec affabilité du matin au soir, en dépit d’interrogatoires éreintants !
Un personnage d’une cinquantaine d’années, court sur pattes, large d’épaules, qui ne proteste pas, ne s’agite pas, sourit, paraît parfois faire un effort de mémoire, mais se décourage aussitôt.
Amnésie ? Une perruque glisse de sa tête et l’on constate que son crâne a été fendu par une balle, deux mois auparavant tout au plus. Les médecins admirent : rarement on a vu opération si bien faite !
Nouveaux télégrammes dans les hôpitaux, les cliniques, en France, en Belgique, en Allemagne, en Hollande.
Cinq jours entiers de ces recherches méticuleuses. Des résultats saugrenus, obtenus en analysant les taches des vêtements, la poussière des poches.

On a trouvé des débris de rogue de morue, c’est-à-dire d’œufs séchés et pulvérisés de ce poisson, qu’on prépare dans le nord de la Norvège et qui sert à appâter la sardine.
Est-ce que l’Homme vient de là-bas ? Est-ce un Scandinave ? Des indices prouvent qu’il a accompli un long voyage par chemin de fer. Mais comment a-t-il pu voyager seul, sans parler, avec cet air ahuri qui le fait remarquer aussitôt ?
Son portrait paraît dans les journaux. Un télégramme arrive de Ouistreham :
Inconnu identifié !
4
大通りで拾われた男だった。バスや車のあいだを、おびえたように行ったり来たりしていたからだ。フランス語でたずねても、返事はない。七つか八つのことばを試しても、だめだった。耳の聞こえない人や口のきけない人の手話も、彼には何のききめもなかった。
気がおかしいのか?メグレの部屋で、彼の持ちものを調べた。スーツは新しく、シャツも新しく、靴も新しかった。仕立屋やシャツ屋のしるしは、すべてはぎ取られていた。身分証明はない。財布もない。ポケットの一つに、千フラン札が五枚、きれいに入っていた。
これ以上ない神経のすりへる取り調べだった!前科者台帳を調べ、身体測定記録を調べた。フランス国内にも、外国にも、電報を打った。それでも「あの男」は、疲れきるほどの問いかけにもかかわらず、朝から晩まで、人なつこくほほえんでいた!
五十歳ほどの男。足は短く、肩は広い。文句も言わず、騒ぎもせず、ほほえみ、ときどき思い出そうとしているように見えるが、すぐにあきらめてしまう。
記憶をなくしたのか?かつらが頭からずれ、頭が銃弾で割られていたことがわかった。それも、せいぜい二か月前のことだった。医者たちは感心した。これほどうまく手当てされた例は、めったにないというのだ!
また病院や診療所へ電報を打った。フランス、ベルギー、ドイツ、オランダへ。
五日間、細かい手がかりを追いつづけた。服のしみや、ポケットのほこりを調べて、妙な結果も出た。
タラの卵のくずが見つかった。つまり、タラの卵を干して粉にしたものだ。それはノルウェー北部で作られ、イワシをおびき寄せるえさに使われる。
「あの男」はそこから来たのか?スカンジナビア人なのか?いくつかの手がかりから、彼が鉄道で長い旅をしてきたことはわかった。だが、話もせず、すぐに人目を引くあのぼんやりした様子で、どうやって一人で旅をしてこられたのか?
彼の写真が新聞に載った。ウイストルアム1から電報が届いた。
身元不明者、身元判明!

5
Une femme suit le télégramme, une jeune fille plutôt, et la voilà dans le bureau de Maigret, avec un visage chiffonné, mal barbouillé de rouge et de poudre : Julie Legrand, la servante de l’Homme !

Celui-ci n’est plus l’Homme ! Il a un nom, un état civil ! C’est Yves Joris, ancien capitaine de la marine marchande, chef du port de Ouistreham.
Julie pleure ! Julie ne comprend pas ! Julie le supplie de lui parler ! Et il la regarde doucement, gentiment, comme il regarde tout le monde.
Le capitaine Joris a disparu de Ouistreham, un petit port, là- bas, entre Trouville et Cherbourg, le 16 septembre. On est fin octobre.
Qu’est-il devenu pendant ces six semaines d’absence ?
— Il est allé faire sa marée à l’écluse, comme d’habitude. Une marée du soir. Je me suis couchée. Le lendemain, je ne l’ai pas trouvé dans sa chambre…
» Alors, à cause du brouillard on a cru que Joris avait fait un faux pas et était tombé dans l’eau. On l’a cherché avec des grappins. Puis on a supposé qu’il s’agissait d’une fugue.

— Lisieux : trois minutes d’arrêt !.…
Maigret va se dégourdir les jambes sur le quai, bourre une nouvelle pipe. Il en a tellement fumé depuis Paris que l’atmosphère du compartiment est toute opaque.
— En voiture !.…
Julie en a profité pour tapoter le bout de son nez de sa houppette. Elle a encore les yeux un peu rouges d’avoir pleuré.
C’est drôle ! Il y a des moments où elle est jolie, où elle paraît très fine. Puis d’autres où, sans qu’on sache pourquoi, on sent la petite paysanne restée fruste.
Elle remet la perruque d’aplomb sur la tête du capitaine, de son monsieur, comme elle dit, et elle regarde Maigret avec l’air de lui signifier : « N’est-ce pas mon droit de le soigner ? »
Car Joris n’a pas de famille. Il vit seul, depuis des années, avec Julie, qu’il appelle sa gouvernante.

— I] me traitait comme sa fille.
5
電報のあとを追うように、一人の女がやって来た。いやむしろ、娘といった年頃で、メグレの部屋に現れたとき、やつれた顔で、口紅もおしろいも下手に塗りたくっていた。ジュリー・ルグラン、「あの男」の女中だった!
男は、もう「あの男」ではなかった!名前があった。身元があった!イーヴ・ジョリス。もと商船の船長で、ウイストルアムの港湾長だった。
ジュリーは泣く!ジュリーにはわからない!ジュリーは、彼に話してくれと頼みこむ!けれど彼は、だれを見るときとも同じように、やさしく、おだやかに彼女を見ている。
ジョリス船長は、九月十六日に、ウイストルアムから姿を消していた。そこは、トルーヴィルとシェルブールのあいだにある、はるか向こうの小さな港だった。今は十月の終わりだ。
その消息不明の六週間、彼はどうしていたのか?

「いつものように、水門作業の見回りに行きました。夜の潮の作業2でした。私は寝ました。次の朝、あの方は部屋に見えませんでした。それで、霧のせいで、ジョリスは足をすべらせて、水に落ちたのだろうと思われました。引っかけ錨を使って探しました。そのあと、家出だろうという話になりました」
「<リジウー>!三分停車!」
メグレは、足をのばしにホームへ出て、新しいパイプにたばこを詰めた。パリからずっと吸いつづけていたので、車室の空気はすっかり白く霞んでいた。
「ご乗車ください!」
ジュリーは、そのあいだに、パフで鼻の先を軽くたたいていた。泣いたあとで、目はまだ少し赤かった。
奇妙なものだ!きれいに見えるときがある。とても洗練されて見えるときもある。ところが別のときには、なぜだかわからないまま、垢抜けない小さな田舎娘を感じさせる。
彼女は、船長の頭のかつらをまっすぐに直した。彼女の『旦那さま』である。そしてメグレを見るその顔つきは、『この方のお世話をするのは、私の権利ではありませんか?』と言っているようだった。
というのも、ジョリスには家族がなかった。もう何年も前から、彼はひとりで、ジュリーと暮らしていた。彼は彼女を家政婦と呼んでいた。

「あの方は、私を娘のように扱ってくださいました」
6
Et on ne lui connaît pas d’ennemis ! Pas d’aventures ! Pas de passions !
Un homme qui, après avoir bourlingué pendant trente ans, n’a pu se résigner à l’inaction. Alors, malgré sa retraite, il a demandé ce poste de chef de port à Ouistreham. II a fait construire une petite maison…
Et un beau soir, le 16 septembre, il a disparu de la circulation pour reparaître à Paris six semaines plus tard dans cet état !
Julie a été vexée de le trouver vêtu d’un complet gris de confection ! Elle ne l’a jamais vu qu’en vêtements d’officier de marine.
Elle est nerveuse, mal à l’aise. Chaque fois qu’elle regarde le capitaine, son visage exprime à la fois de l’attendrissement et une crainte vague, une angoisse insurmontable. C’est bien lui, évidemment ! C’est bien son monsieur. Maïs, en même temps, ce n’est plus tout à fait lui.
— Il guérira, n’est-ce pas ?.. Je le soignerai…
Et la buée se transforme en grosses gouttes troubles sur les vitres. L’épais visage de Maigret se balance un peu de droite à gauche et de gauche à droite à cause des cahots. Placide, il ne cesse d’observer les deux personnages : Julie, qui lui a fait remarquer qu’on aurait pu aussi bien voyager en troisième classe, comme elle en a l’habitude, et Joris, qui s’éveille, mais ne promène autour de lui qu’un regard vague.
Encore un arrêt à Caen. Puis ce sera Ouistreham.
— Un village d’un millier d’habitants ! a dit à Maïigret un collègue né dans la région. Le port est petit, mais important, à cause du canal qui relie la rade à la ville de Caen et où passent des bateaux de cinq mille tonnes et plus.
Maigret n’essaie pas d’imaginer les lieux. Il sait qu’à ce jeu-là on se trompe à tout coup. Il attend, et son regard se dirige sans cesse vers la perruque, qui cache la cicatrice encore rose.
Quand il a disparu, le capitaine Joris avait des cheveux drus, très bruns, à peine mêlés d’argent aux tempes. Encore un motif de désespoir pour Julie ! Elle ne veut pas voir ce crâne nu ! Et, chaque fois que la perruque glisse, elle se hâte de la remettre en place.
— En somme, on a voulu le tuer…
6
そしてジョリスには、敵は一人もいない!色恋沙汰もない!道楽もない!
三十年も海を渡り歩いた男で、何もしない暮らしにはどうしてもなじめなかった。そこで、引退した身でありながら、ウイストルアムの港湾長の職を願い出た。小さな家も建てさせた。
そして、九月十六日のある晩、彼は消息がわからなくなり、六週間後にパリで、このありさまで現れたのだった!
ジュリーは、彼が既製品の灰色のスーツを着ているのを見て、がっかりしていた!彼女は、彼の船長らしい制服姿しか見たことがなかったのだ。
彼女は神経質で、落ち着きがなかった。船長を見るたびに、その顔には、いとおしさと、漠然とした恐れ、どうにもしずめられない不安が、同時に浮かぶ。たしかに彼だ!たしかに彼女の『旦那さま』なのだ。しかし、同時に、もはやまったく彼ではない。

「治りますよね?私がお世話します」
そして窓ガラスの曇りは、にごった大きなしずくに変わっていった。メグレのずんぐりした顔が、列車の揺れのせいで、右から左へ、左から右へと、小さく揺れる。落ち着いた様子で、彼は二人を絶え間なく観察していた。「三等で十分だったんですけどね、いつもそうしてますから」と言ったジュリーと、そして目を覚ましたものの、ただぼんやりした目をまわりに向けるだけのジョリス。
またカーン3で停車した。その次がウイストルアムだった。
「千人ほどの村ですよ」と、その土地の生まれの同僚が、メグレに言った。「港は小さいですが、大事な港です。入り江とカーンの町を結ぶ運河がありますからね。4五千トン以上の船もそこを通ります」
メグレは、その場所を頭の中で思い描こうとはしない。そういう遊びは、かならず裏切られるとわかっている。彼は待っているのだ。そしてその目は、まだ赤みの残る傷あとを隠しているかつらへ、たえず向いていた。
姿を消したとき、ジョリス船長には濃くしっかりした髪があった。とても黒く、せいぜいこめかみに白いものがまじる程度だった。それもまた、ジュリーをがっかりさせる原因でもあった!彼女は、髪の毛のない頭を見たくないのだ!だから、かつらがずれるたびに、急いで元に戻した。

「つまり、誰かが殺そうとしたわけだ」
7
On a tiré sur lui, c’est un fait ! Mais aussi on l’a soigné d’une façon remarquable !
Il est parti sans argent sur lui et on l’a retrouvé avec cinq mille francs en poche.
Il y a mieux ! Julie ouvre soudain son sac.
— J’oubliais que j’ai apporté le courrier de monsieur…

Presque rien. Des prospectus de maisons d’articles pour la marine. Un recu de cotisation du Syndicat des capitaines de la marine marchande. Des cartes postales d’amis encore en service, dont une de Punta Arenas.….
Une lettre de la Banque de Normandie, de Caen. Une formule imprimée, dont les blancs sont remplis à la machine :
. avons l’honneur de vous confirmer que nous avons crédité votre compte 14173 de la somme de trois cent mille francs que vous avez fait virer par la Banque Néerlandaise, de Hambourg…
Et Julie qui a déjà répété dix fois que le capitaine n’est pas riche ! Maigret regarde tour à tour ces deux êtres assis en face de lui.
La rogue de morue… Hambourg… Les souliers qui sont de fabrication allemande…
Et Joris seul qui pourrait tout éclaircir ! Joris qui esquisse un sourire gentil tout plein, parce qu’il s’aperçoit que Maigret le regarde !
— Caen! Les voyageurs pour Cherbourg continuent… Les voyageurs pour Ouistreham, Lion-sur-Mer, Luc…
Il est sept heures. L’humidité de l’air est telle que la lumière des lampes, sur le quai, perce à peine la couche laïiteuse.
— Quel moyen de transport avons-nous, maintenant ? demanda Maigret à Julie, tandis que la foule les bouscule.

— Il n’y en a plus. L’hiver, le petit train ne fait la route que deux fois par jour…
Il y a des taxis devant la gare. Maigret a faim. Il ne sait pas ce qu’il trouvera là-bas et il préfère dîner au buffet.
Le capitaine Joris est toujours aussi sage. Il mange ce qu’on lui sert, comme un enfant qui a confiance en ceux qui le guident.
7
撃たれたのは事実だ!だが、驚くほど見事に手当てもされている!
彼は金を持たずに出ていった。ところが、見つかったときには、ポケットに五千フランが入っていた。
妙なことはさらにある!ジュリーがふいにバッグを開いた。

「忘れていました。旦那さまの郵便物を持ってきたんです」
ほとんど何もなかった。船舶用品の店のちらし。商船船長組合の会費の領収書。まだ現役の友人たちからの絵はがきが何枚か。その中には、プンタ・アレナス5からのものが一枚あった。
カーンのノルマンディー銀行からの手紙が一通。印刷された用紙で、空いたところはタイプで埋められていた。
……ハンブルクのオランダ銀行を通じて送金された三十万フランを、あなたの口座一四一七三に入金したことを、ここにお知らせいたします……
しかもジュリーは、船長は金持ちではないと、もう十回もくり返していた!メグレは、向かいに座る二人を代わる代わる見ていた。
タラの卵。ハンブルク。ドイツで作られた靴。
そして、すべてを明らかにできるのは、ジョリスだけだ!そのジョリスは、メグレが自分を見ているのに気づいて、人のよさそうな笑みを少し浮かべている!
「カーン!シェルブール行きのお客様はそのままご乗車ください。ウイストルアム、リオン・シュル・メール、リュック行きのお客様は」
七時だった。空気の湿りがひどく、ホームのランプの光は、乳のように白い霧の中を、かろうじて抜けるだけだった。

「これから乗り物は何がある?」と人波に揉まれながら、メグレがジュリーにたずねた。

「もうありません。冬は、小さな列車が一日に二回しか走らないんです」
駅前にはタクシーがいる。メグレは腹が減っていた。向こうで何が食べられるかわからなかったので、駅の食堂で夕食をとることにした。
ジョリス船長は相変わらずおとなしかった。自分を導く人たちを信じている子どものように、出されたものを食べていた。
8
Un employé du chemin de fer tourne un instant autour de la table, l’observe, s’approche de Maigret.

— Ce n’est pas le chef de port de Ouistreham ?
Et il fait tourner son index sur son front. Quand il a obtenu confirmation, il s’éloigne, impressionné. Julie, elle, se raccroche à des détails matériels.
— Douze francs pour un dîner pareil, qui n’est même pas préparé au beurre ! Comme si nous n’aurions pas pu manger en arrivant à la maison…
Au même moment Maigret pense :
— Une balle dans la tête. Trois cent mille francs…
Et son regard aigu fouille les yeux innocents de Joris, tandis que sa bouche a un pli menaçant.

Le taxi qui s’avance est une ancienne voiture de maître, aux coussins défoncés, aux jointures qui craquent. Les trois occupants sont serrés dans le fond, car les strapontins sont démantibulés. Julie est coincée entre les deux hommes, qui l’écrasent tour à tour.
— Je suis en train de me demander si j’ai fermé la porte du jardin à clé ! murmure-t-elle, reprise par ses soucis de ménagère à mesure qu’on approche.
Et, au sortir de la ville, on fonce littéralement dans un mur de brouillard. Un cheval et une charrette naissent à deux mètres à peine, cheval fantôme, charrette fantôme ! Et ce sont des arbres fantômes, des maisons fantômes qui passent aux deux côtés du chemin.

Le chauffeur ralentit l’allure. On roule à dix kilomètres à l’heure à peine, ce qui n’empêche pas un cycliste de jaillir de la brume et de heurter une aile. On s’arrête. Il ne s’est fait aucun mal.
On traverse le village de Ouistreham. Julie baisse la vitre :
— Vous irez jusqu’au port et vous franchirez le pont tournant. Arrêtez-vous à la maison qui est juste à côté du phare !

Entre le village et le port, un ruban de route d’un kilomètre environ, désert, dessiné par les lucioles pâles des becs de gaz. À l’angle du pont, une fenêtre éclairée et du bruit.
8
鉄道の係員が、しばらくテーブルのまわりを歩き、彼を見つめてから、メグレに近づいた。

「ウイストルアムの港湾長ではありませんか?」
そして人差し指を額のところでくるくると回した。そうだとわかると、彼はひどく感じ入った様子で離れていった。ジュリーのほうは、目の前のこまごましたことに気を取られている。

「こんな夕食で十二フランですって。しかもバターも使っていないのに!まるで家に着いてからは食べられなかったみたい」
同じとき、メグレが考えていることは、

『頭に一発。三十万フラン』
そして鋭い目で、ジョリスの無邪気な目の奥を深く探っているのだが、その口元には、険しいしわが寄っていた。
やって来たタクシーは、昔は金持ちの専用車だった古い車だ。座席のクッションはへたり、つなぎ目はぎしぎし鳴った。補助席は壊れていたので、三人は奥の席にぎゅうぎゅうに詰めこまれた6。ジュリーは二人の男のあいだにはさまれ、両側からかわるがわる押しつぶされている。

「庭の入り口に鍵をかけたかどうか今気になっているんです!」と彼女はつぶやく。家に近づくにつれて、家事のことを思い出し心配になったのだ。
そして、町を出ると、車は文字どおり霧の壁に突っこんだ。馬と荷車が、わずか二メートル先にふっと現れた。幽霊の霊、幽霊の幽霊!道の両側を過ぎていくのも、幽霊の木、幽霊の家だ。
運転手は速度を落とした。時速十キロほどで走ったが、それでも自転車が霧の中から飛び出してきて、車の泥よけにぶつかった。車は止まった。けれど相手にけがはなかった。
車はウイストルアムの村を通り抜けた。ジュリーは窓を下げた。

「港まで行って、跳ね橋を渡ってください。灯台のすぐ横の家で止めてください!」
村と港のあいだには、一キロほどのさびしい一本道が続いている。道は、ガス灯の青白いほたるのような光でかろうじて浮かび上がっている。橋の角に、明かりのついた窓があり、物音がしていた。
9

— La Buvette de la Marine ! dit Julie. C’est là que tous ceux du port se tiennent la plupart du temps.
Au-delà du pont, la route est presque inexistante. Le chemin va se perdre dans les marécages formant les rives de l’Orne.
Il n’y a que le phare et une maison à un étage, entourée d’un jardin. L’auto s’arrête. Maïigret observe son compagnon, qui descend le plus naturellement du monde et se dirige vers la grille.

— Vous avez vu, monsieur le commissaire ! s’écrie Julie, pantelante de joie. Il a reconnu la maison ! Je suis sûre qu’il finira par revenir à lui tout à fait.
Et elle introduit la clé dans la serrure, pousse la grille qui grince, suit l’allée semée de gravier. Maigret paie le chauffeur, la rejoint rapidement. L’auto partie, on ne voit plus rien.
— Vous ne voulez pas frotter une allumette ? Je ne trouve pas la serrure.
Une petite flamme. La porte est poussée. Une forme sombre passe, frôle les jambes de Maigret. Déjà Julie, dans le corridor, tourne le commutateur électrique, regarde curieusement par terre, murmure :

— C’est bien le chat qui vient de sortir, n’est-ce pas ?
Tout en parlant, elle retire son chapeau et son manteau d’un geste familier, accroche le tout à la patère, pousse la porte de la cuisine, où elle fait de la lumière, indiquant ainsi sans le vouloir que c’est dans cette pièce que les hôtes de la maison ont coutume de se tenir.
Une cuisine claire, avec des pavés de faïence sur les murs, une grande table de bois blanc frotté au sable, des cuivres qui étincellent. Et le capitaine va s’asseoir machinalement dans son fauteuil d’osier, près du poêle.
— Je suis pourtant sûre d’avoir mis le chat dehors en partant, comme toujours.
Elle parle pour elle-même. Elle s’inquiète.
— Oui, c’est bien certain. Toutes les portes sont bien fermées. Dites ! monsieur le commissaire, vous ne voulez pas faire le tour de la maison avec moi ? J’ai peur.

9

「ラ・ビュヴェット・ド・ラ・マリーヌ、海軍食堂です」と、ジュリーが言った。
「港の人たちは、たいていあそこにいます」
橋を越えると、道はほとんど道とはいえなかった。道は、オルヌ川7の岸をなす沼地の中へ消えていくようだ。
そこには灯台と、庭に囲まれた二階建ての家があるだけだ。車が止まった。メグレが連れの男を見ていると、彼は当たり前のように車を降り、門のほうへ向かっていく。

「ご覧になりましたか、警部さん!」と、ジュリーが喜びに息をはずませて叫んだ。
「家がわかったんです!きっと最後にはすっかり正気に戻ります」
そして彼女は鍵を鍵穴に差しこみ、きしむ門を押し開け、砂利を敷いた小道を進んだ。メグレは運転手に金を払い、すぐに彼女に追いついた。車が去ると、もう何も見えない。

「マッチをすっていただけませんか。鍵穴が見つかりません」
小さな炎。扉が押し開けられた。黒いものが通りすぎ、メグレの足元をかすめた。ジュリーはすでに廊下で電気のスイッチをひねり、床を不思議そうに見て、つぶやいた。

「今出ていったのは、たしかに猫でしたよね?」
そう言いながら、彼女は慣れた手つきで帽子と外套を脱ぎ、それを壁のフックに掛け、台所の扉を押し開ける。そこで明かりをつけたことで、彼女は気づかぬうちに、この家の人たちがいつもいるのはこの部屋だと教えていた。
明るい台所だった。壁には陶器のタイルが張られ、砂で磨いた白木の大きなテーブルがあり、銅製の調理道具が輝いている。そして船長は、何も考えずに体が覚えているように、ストーブのそばの籐椅子に腰を下ろした。

「でも、出かけるとき、いつものように猫を外へ出したのはたしかなんですが」
彼女はひとり言を言った。不安なのだ。

「ええ、たしかにそうです。扉はどれもちゃんと閉まってます。ねえ!警部さん、私と一緒に家のまわりを見ていただけませんか。怖いんです」
10
Au point qu’elle ose à peine marcher la première. Elle ouvre la salle à manger, dont l’ordre parfait, le parquet et les meubles trop bien cirés proclament qu’elle ne sert jamais.
— Regardez derrière les rideaux, voulez-vous ?

Il y a un piano droit, des laques de Chine et des porcelaines que le capitaine a dû rapporter d’Extrême-Orient.
Puis le salon, dans le même ordre, dans le même état qu’à la vitrine du magasin où il a été acheté. Le capitaine suit, satisfait, presque béat. On monte l’escalier aux marches couvertes d’un tapis rouge. Il y a trois chambres, dont une non utilisée.

Et toujours cette propreté, cet ordre méticuleux, une tiède odeur de campagne et de cuisine.
Personne n’est caché. Les fenêtres sont bien fermées. La porte du jardin est close, mais la clé est restée à l’extérieur.
— Le chat sera entré par un soupirail, dit Maigret.
— Il n’y en a pas.
Ils sont revenus à la cuisine. Elle ouvre un placard.
— Je peux vous offrir un petit verre de quelque chose ?
Et c’est alors, au milieu de ces allées et venues rituelles, en versant de l’alcool dans de tout petits verres ornés de fleurs peintes, qu’elle sent le plus intensément sa détresse et qu’elle fond en larmes.

Elle regarde à la dérobée le capitaine qui s’est assis dans son fauteuil. Ce spectacle lui fait si mal qu’elle détourne la tête, bégaie pour changer le cours de ses pensées :
— Je vais vous préparer la chambre d’ami.
Et c’est entrecoupé de sanglots. Elle décroche un tablier blanc, au mur, pour s’essuyer les yeux.

— Je préfère m’installer à l’hôtel. Je suppose qu’il y en a un…
Elle regarde une petite pendule de faïence comme celles que l’on gagne dans les foires et dont le tic-tac fait partie des dieux lares de la maison.
— Oui! À cette heure-ci, vous trouverez encore quelqu’un. C’est de l’autre côté de l’écluse, juste derrière l’estaminet que VOUS avez aperçu…
Pourtant, elle est sur le point de le retenir. Elle paraît avoir peur de se trouver seule avec le capitaine, qu’elle n’ose plus regarder.
10
そのため彼女は先に進んでいくことさえためらうほどだ。彼女は食堂を開けた。そこは、非の打ちどころなく整頓され、ワックスで磨き抜かれた寄せ木作りの床と家具は、この部屋が一度も使われていないことを物語っている。

「カーテンの後ろを見ていただけますか?」
そこにはアップライトピアノと、中国の漆塗りと、ジョリス船長が極東から持ち帰ったに違いない磁器製品があった。
つぎは客間。そこも同じように整然として、買った店のショーウインドーに並んでいのと同じような状態だ。船長は満足げに、ほとんどうっとりした様子でついてきた。赤いじゅうたんを敷いた階段を上がる。寝室は三つあり、そのうちの一つは使われていない。
そしてどこも清潔で細かく行きとどいて整然としており、田舎と台所の心地よい香りが漂っている。
誰も隠れていない。窓はきちんと閉まっている。庭の出入り口も閉まっているが、鍵は外側に差したままだ。

「猫は換気口から入ったんだろう」と、メグレが言った。

「そんなものはありません」
二人は台所へ戻った。彼女は戸棚を開けた。

「何か少しお飲みになりますか?」
そして、そうやっていつものように行き来する中で、花模様のごく小さなグラスにお酒を注いでいると、彼女は自分の悲しみをいちばん強く感じ、泣き崩れた。
彼女は籐椅子に腰を下ろした船長を、そっと気づかれないよう見る。その姿があまりにつらく、彼女は顔をそむけ、考えをそらそうとしてつかえながら言った。

「お客さまの部屋をご用意します」
その言葉はすすり泣きでとぎれとぎれだった。彼女は壁から白いエプロンを外し、目をぬぐった。

「私はホテルに泊まる。一軒くらいはあるだろう」
彼女は縁日でもらえるような陶器の小さな置き時計を見た。そのチクタクいう音は、この家を守り続ける神様の一つのようだ。

「ええ!この時間なら、まだ誰かいるはずです。水門の向こう側です。さっきご覧になった酒場のすぐ裏です」
それでも彼女は、彼を引き止めようとしている。もう見ることもできない船長と二人きりになるのを怖がっているようだった。
11
— Vous croyez qu’il n’y a personne dans la maison ?
— Vous avez pu vous en rendre compte vous-même !
— Vous reviendrez demain matin ?
Elle le reconduit jusqu’à la porte, qu’elle referme vivement. Et Maigret, lui, plonge dans une brume tellement dense qu’il ne voit pas où il pose les pieds. Il trouve néanmoins la grille. Il sent qu’il marche dans l’herbe, puis sur les cailloux du chemin. En même temps il perçoit une clameur lointaine qu’il est longtemps avant d’identifier.
Cela ressemble au beuglement d’une vache, mais en plus désolé, en plus tragique.
— Imbécile ! grommelle-t-il entre ses dents. C’est tout bonnement la corne de brume…

Il se repère mal. Il voit, à pic sous ses pieds, de l’eau qui paraît fumer. Il est sur le mur de l’écluse. Il entend quelque part grincer des manivelles. Il ne se souvient plus de l’endroit où il a traversé l’eau avec l’auto et, avisant une étroite passerelle, il va s’y engager.
— Attention !.…
C’est stupéfiant ! Parce que la voix est toute proche ! Alors que la sensation de solitude est complète, il y a un homme à moins de trois mètres de lui, et c’est à peine si, en cherchant bien, il devine sa silhouette.
Il comprend tout de suite l’avertissement. La passerelle sur laquelle il allait s’engager bouge. C’est la porte même de l’écluse qu’on ouvre, et le spectacle devient plus hallucinant encore parce que, tout près, à quelques mètres, ce n’est plus un homme qui surgit, mais un véritable mur, haut comme une maison. Au- dessus de ce mur, des lumières que tamise le brouillard.

Un navire qui passe à portée de la main du commissaire ! Une aussière tombe près de lui et quelqu’un la ramasse, la porte jusqu’à une bitte où il la capelle.
— En arrière !… Attention !… crie une voix, là-haut, sur la passerelle du vapeur.
Quelques secondes auparavant tout semblait mort, désert. Et maintenant Maigret, qui marche le long de l’écluse, s’aperçoit que le brouillard est plein de formes humaines. Quelqu’un tourne une manivelle. Un autre court avec une seconde amarre. Des douaniers attendent que la passerelle soit jetée pour monter à bord.

11

「家の中に誰もいないと思いますか?」

「ご自分で確かめたでしょう!」

「明日の朝、また来てくださいますか?」
彼女はメグレを玄関まで送り、扉をすばやく閉めた。メグレは自分の足元さえ見えない濃い霧の中へ足を踏み入れた。それでも出入り口を見つけた。草の上を歩いているのがわかり、次に道の小石の上を歩いている。そのとき、遠くから叫び声のような音が聞こえたが、それが何か分かるまでにはかなり時間がかかった。
牛の鳴き声に似ていた。けれどももっとさびしく、もっと悲しい音だった。

「ばかめ」と、メグレは舌打ちしながらつぶやいた。
「ただの霧笛じゃないか」
方角がよくわからない。自分の足の真下に、煙を立てているような水が見える。彼は水門の壁の上にいた。どこかでハンドルがきしむ音が聞こえる。車で水の上を横着った場所が思い出せない。細い通路を見つけ、そこへ踏み出そうとした。
「気をつけろ!」
驚いた!。声はすぐ近くから聞こえた。完全にひとりきりだと感じていたのに、三メートルも離れていないところに男がいた。目を凝らしてようやく、そのシルエットがわかるほどだ。
メグレはすぐに警告の意味を理解した。彼が踏み出そうとした通路が動いていた。それはまさに開かれようとしている水門の扉だった。そして光景はさらに幻想的になった。すぐ近く、数メートル先に現れたのは、もはや人間ではなく、家ほどの高さの本物の壁だった。その壁の上には、霧で滲んだ灯りが見える。
大型船が警部の手の届くほど近くを通っている!太いもやい綱がそばに落ち、誰かがそれを拾い、係船ビットまで運んで、そこへ掛けた。
「後ろへ下がれ!危ないぞ!」と、蒸気船のブリッジの上から声が飛ぶ。
数秒前まで、すべては死んだようで、人気もなかった。ところが今、水門沿いを歩くメグレは、霧の中が人影で満ちていることに気づいた。誰かがハンドルを回していた。別の男が二本目のもやい綱を持って走っている。税関の役人たちは乗船用のタラップが岸壁に渡されるのを待っている。
12
Tout cela sans rien voir, dans le nuage humide qui accroche des perles aux poils des moustaches.
— Vous voulez passer ?
C’est tout près de Maigret. Une autre porte d’écluse.
— Faites vite, parce qu’après vous en avez pour un quart d’heure…

Il traverse en se tenant à la main courante, entend l’eau bouillonner sous ses pieds et, toujours au loin, les hurlements de la sirène. Plus il avance et plus cet univers de brume se remplit, grouille intensément d’une vie mystérieuse. Un point lumineux l’attire. Il s’approche et il voit alors un pêcheur, dans une barque amarrée au quai, qui abaisse et relève un grand filet retenu par des perches.
Le pêcheur le regarde sans curiosité, se met à trier dans un panier du menu poisson.

Autour du navire, le brouillard, plus lumineux, permet de distinguer les allées et venues. Sur le pont, on parle anglais. Un homme en casquette galonnée, au bord du quai, vise des papiers.
Le chef du port ! Celui qui remplace maintenant le capitaine Joris !
Un petit homme aussi, mais plus maigre, plus sautillant, qui plaisante avec les officiers du navire.
En somme, l’univers se réduit à quelques mètres carrés de clarté relative et à un grand trou noir où l’on devine de la terre ferme et de l’eau. La mer est là-bas, à gauche, à peine bruissante.
N’est-ce pas un soir tout pareil que Joris a soudain disparu de la circulation ? Il visait des papiers, comme son collègue. Il plaisantait sans doute. Il surveillait l’éclusée, les manœuvres. Il n’avait pas besoin de voir. Quelques bruits familiers lui suffisaient. De même que nul ici ne regarde où il marche !
Maigret, qui vient d’allumer une pipe, se renfrogne, parce qu’il n’aime pas se sentir gauche. Il s’en veut de sa lourdeur de terrien qu’effraie ou émerveille tout ce qui touche à la mer.
12
何も見えないまま、口髭に真珠のようなしずくをつける湿った雲のような中で、すべてが行われている。

「通りますか?」
声はメグレのすぐそばだった。別の水門の扉だった。

「急いでください。そのあとだと、十五分は待つことになります」
メグレは手すりにつかまりながら渡った。足の下で水が泡立つ音が聞こえ、遠くでは相変わらず霧笛が鳴っている。進めば進むほど、この霧の世界で覆われ、見知らぬ世界の生活の気配が激しくひしめいている。一点の灯りが彼を引き寄せた。近づくと、岸につながれた小舟の中に漁師がいて、竿で支えた大きな網を下ろしたり上げたりしていた。
漁師は興味もなさそうにメグレを見て、かごの中の小魚をより分けはじめた。
大型船の周りでは、霧が少し晴れて明るくなり、人の行き来が見分けられた。デッキでは英語が話されていた。岸壁の端では、金の飾りの制帽をかぶった男が、書類に目を通していた。||
港湾長だ。今、ジョリス船長の代わりをしている男だ。
やはり小柄な男だったが、もっとやせていて、もっとせわしなく動き、船の乗組員たちと冗談を交わしていた。
つまり、この世界は、いくらか明るい数メートル四方と、その周りの黒い大きな穴に集約できる。そこには固い地面と水があるらしいとわかるだけだ。海ははるか向こう、左手にあり、かすかに音を立てているだけだった。
ジョリスがふいに姿を消したのも、まさにこれと同じような夜ではなかったのか。彼はこの同僚と同じように書類に目を通していた。きっと冗談も言っていた。水門を通す作業や、船の動きを見守っていた。彼は目で見る必要などなかった。聞き慣れたいくつかの音だけで十分だった。ここでは誰ひとり、自分が歩いている場所など見ていないのと同じように!
火をつけたばかりのパイプをくわえたメグレは、顔をしかめた。自分がぎこちなく感じるのが嫌だからだ。海に関わるものにいちいちおびえたり驚いたりする、陸の人間である自分の鈍さが腹立たしかった。
13

Les portes de l’écluse s’ouvrent. Le bateau s’engage dans un canal un peu moins large que la Seine à Paris.
— Pardon ! Vous êtes le capitaine du port ?.. Commissaire Maigret, de la Police judiciaire. Je viens de ramener votre collègue.
— Joris est ici ?.. C’est donc bien lui ?.. On m’en a parlé ce matin… Mais c’est vrai qu’il est. ?
Un petit geste du doigt, qui touche le front.
— Pour l’instant, oui ! Vous passez toute la nuït au port ?
— Jamais plus de cinq heures à la fois. Une marée, quoi ! Il y a cinq heures par marée pendant lesquelles les bateaux ont assez d’eau pour pénétrer dans le canal ou pour prendre la mer… L’heure varie tous les jours… Aujourd’hui, nous venons de commencer et nous en avons jusqu’à trois heures du matin…
L’homme est très simple. Il traite Maigret en collègue, étant en définitive un fonctionnaire comme lui.
— Vous permettez ?.….
Il regarde du côté du large où on ne voit rien. Et pourtant il prononce :
— Un voilier de Boulogne qui s’est amarré aux pilotis en attendant l’ouverture des portes…
— Les bateaux vous sont annoncés ?
— La plupart du temps. Surtout les vapeurs. Ils font presque tous un trafic régulier, amenant du charbon d’Angleterre, repartant de Caen avec du mineraï…
— Vous venez boire quelque chose ? propose Maigret.
— Pas avant la fin de la marée… Il faut que je reste ici…
Et il crie des ordres à des hommes invisibles, dont il connaît la place exacte.
— Vous êtes chargé de faire une enquête ?

Des bruits de pas viennent du village. Un homme passe sur une porte de l’écluse et, au moment où il est éclairé par une des lampes, on reconnaît le canon d’un fusil.
— Qui est-ce ?
— Le maire, qui va à la chasse aux canards… Il a un gabion sur l’Orne… Son aide doit déjà être là-bas à tout préparer pour la nuit…
— Vous croyez que je trouverai l’hôtel ouvert ?
13
水門の扉が開いた。船はパリのセーヌ川より少し狭い運河へ入っていった。

「失礼!あんたが港湾長か?司法警察のメグレ警部だ。あんたの同僚を連れて来ている」

「ジョリスがここに?では、やはり本人なんですね?今朝、その話は聞きました。しかし、本当にあの人は」
指先で額に触れる小さなしぐさ。

「今のところは、そういうことだ。あんたは一晩じゅう港にいるか?」

「一度に五時間を超えることはありません。つまり、満潮の頃だけです!満潮ごとに五時間、船が運河へ入ったり、海へ出たりできるだけの水深になります。時刻は毎日変わります。今日は始まったばかりで、午前三時まで続きます」
その男はとても率直だ。つまり自分と同じ役人ということで、メグレを同僚のように扱っている。

「ちょっと失礼」
彼は何も見えない沖の方を見た。それなのに、こう言った。

「ブローニュの帆船です。扉が開くのを待って、杭につながれています」

「船は前もって知らされるのか?」

「たいていは。とくに蒸気船はそうです。ほとんどが決まった航路で、イギリスから石炭を運び、カーンからは鉱石を積んで出ていきます」

「何か飲みに行かないか?」と、メグレが誘った。

「満潮が終わるまではだめです。ここにいなければなりません」
そして彼は、見えない男たちへ命令を叫んだ。彼らの正確な居場所を知っているのだ。

「あなたは捜査を担当しているのですか?」
村の方から足音がしてきた。一人の男が水門の扉の上を通り、ランプの一つに照らされた瞬間、猟銃の銃身が見えた。

「あれは誰だ?」

「村長です。カモ猟に行くところです。オルヌ川に隠れ小屋を持っています。手伝いの者は、もうあちらで夜の準備をしているはずです」

「ホテルは開いていると思うか?」
14
— L’Univers, oui! Mais dépêchez-vous.… Le patron aura bientôt fini sa partie de cartes et ira se coucher… Dès lors, il ne se lèverait pas pour un empire…
— À demain… dit Maigret.
— Oui ! Je serai au port dès dix heures, pour la marée.

Ils se serrent la main, sans se connaître. Et la vie continue dans le brouillard, où on heurte soudain un homme qu’on n’a pas vu.
Ce n’est pas sinistre, à proprement parler, c’est autre chose, une inquiétude vague, une angoisse, une oppression, la sensation d’un monde inconnu auquel on est étranger et qui poursuit sa vie propre autour de vous.
Cette obscurité peuplée de gens invisibles. Ce voilier, par exemple, qui attend son tour, tout près, et qu’on ne devine même pas.
Maigret repasse près du pêcheur immobile sous sa lanterne. Il veut lui dire quelque chose.
— Ça mord ?.….
Et l’autre se contente de cracher dans l’eau tandis que Maigret s’éloigne, furieux d’avoir dit une telle stupidité.
La dernière chose qu’il entend avant d’entrer à l’hôtel est le bruit des volets qui se ferment au premier étage de la maison du capitaine Joris.
Julie qui a peur !… Le chat qui s’est échappé au moment où on entrait dans la maison !…

— Cette corne de brume va gueuler toute la nuit ? gronde Maigret, avec impatience, en apercevant le patron de l’hôtel.

— Tant qu’il y aura du brouillard… On s’habitue..
Il eut un sommeil agité, comme quand on fait une mauvaise digestion ou encore comme quand, étant enfant, on attend un grand événement. Deux fois il se leva, colla son visage aux vitres froides et ne vit rien que la route déserte et le pinceau mouvant du phare, qui semblait vouloir percer un nuage. Toujours la corne de brume, plus violente, plus agressive.
La dernière fois, il regarda sa montre. Il était quatre heures, et des pêcheurs, panier au dos, s’en allaient vers le port au rythme bruyant de leurs sabots.

14

「ユニヴェール・ホテルなら、開いています!でも、急いでください。主人はもうすぐカード遊びを終えて、寝てしまいます。そうなったら、いくら頼まれても起きません」

「では、明日」と、メグレは言った。

「ええ!十時には港にいます。満潮の頃です」
二人はまだ互いを知らないまま、握手をした。そして霧の中では人間の活動が続いている。そこでは見えなかった男に、急にぶつかるのだ。
それは正確に言えば不気味なわけではない。それとは別のもの、ぼんやりした不安、胸をしめつける思い、息苦しさ。自分がよそ者である知らない世界が、自分のまわりで自らの活動を続けているという感覚だ。
見えない人間たちで満たされたこの暗がり。たとえば、順番を待っているあの帆船も、すぐ近くにいるのに、気配さえわからない。
メグレはランタンの下で動かずにいる漁師のそばをまた通った。何か言いたくなった。

「釣れるか?」
相手は水の中へ唾を吐いただけだった。メグレはそんなくだらないことを言った自分に腹を立てながら、遠ざかった。
ホテルへ入る前に彼が最後に聞いたのは、ジョリス船長の家の二階で、雨戸が閉まる音だった。
怖がっているジュリー!家に入ったそのとき、逃げ出した猫!

「この霧笛は一晩じゅう鳴っているのか?」と、ホテルの主人を見つけたメグレは、苛立たしそうにぼやいた。

「霧があるあいだはずっと。慣れますよ」
落ち着かない眠りだった。まるで胃もたれをしたときのような、また、子どものころ、大きなイベントを待っていたときのようなそんな眠りだった。二度、彼は起き上がり、冷たい窓ガラスに顔を押しつけたが、見えたのは人けのない道と、雲を突き破ろうとしているような灯台の動く光の筋だけだった。霧笛は相変わらずいっそう激しく、いっそう攻撃的に鳴っていた。
最後に彼が時計を見ると、四時だった。背に籠を負った漁師たちが、木靴の大きな音を立てながら、港の方へ歩いていった。
15
Presque sans transition des coups précipités frappés à sa porte et celle-ci qu’on ouvrait sans attendre sa réponse, le visage bouleversé du patron.

Mais du temps s’était écoulé. Il y avait du soleil sur les vitres. Pourtant la corne de brume sévissait toujours.
— Vite !.. Le capitaine est en train de mourir…
— Quel capitaine ?
— Le capitaine Joris… C’est Julie qui vient d’accourir au port pour qu’on vous prévienne en même temps qu’un médecin…

Maigret, les cheveux en broussaille, passait déjà son pantalon, enfilait ses chaussures sans les lacer, endossait son veston en oubliant son faux col.
— Vous ne prenez rien avant de partir ?.… Une tasse de café ?.. Un verre de rhum ?.…
Mais non ! Il n’en avait pas le temps. Dehors, en dépit du soleil, il faisait très frais. La route était encore humide de rosée.

En franchissant l’écluse, le commissaire aperçut la mer, toute plate, d’un bleu pâle, mais on n’en voyait qu’une toute petite bande, car à faible distance une longue écharpe de brouillard voilait l’horizon.
Sur le pont, quelqu’un l’avait interpellé.
— Vous êtes le commissaire de Paris ?.. Je suis le garde champêtre… Je suis heureux… On vous a déjà dit ?.…
— Quoi ?.….
— Il paraît que c’est affreux !.. Tenez ! Voici la voiture du docteur.
Et les barques de pêche, dans l’avant-port, se balançaient mollement, étirant sur l’eau des reflets rouges et verts. Des voiles étaient hissées, sans doute pour sécher, montrant leur numéro peint en noir.
Deux ou trois femmes, devant la maisonnette du capitaine, là-bas, près du phare. La porte ouverte. L’auto du docteur dépassa Maigret et le garde champêtre qui s’accrochaït à lui.

— On parle d’’empoisonnement… Il paraît qu’il est verdâtre..
Maigret entra dans la maison au moment précis où Julie, en larmes, les yeux gonflés, les joues pourpres, descendait lentement l’escalier. On venait de la mettre à la porte de la chambre où le docteur examinait le moribond.

15
ほとんど間を置かず、あわただしく扉を叩く音がした。そして、返事を待たずに扉が開くと、そこに取り乱したホテルの主人の顔が現れた。
しかし、時間は過ぎていた。窓ガラスには日が差していた。それでも、霧笛はまだ鳴り続けていた。

「急いでください!船長が死にかけています」

「どの船長だ?」

「ジョリス船長です。ジュリーが港に駆け込んできました。医者を呼ぶのと同時に、あなたにも知らせてほしいと」
メグレは、髪をぼさぼさにしたまま、もうズボンをはいていた。靴ひもも結ばずに靴をはき、付け襟を忘れたまま上着を羽織った。

「出かける前に何か召し上がりませんか?コーヒーを一杯?ラムを一杯?」
だが、いらない!そんな時間はなかった。外は、日が差しているにもかかわらず、かなり冷えていた。道はまだ朝露でぬれていた。
水門を渡っているとき、海が見えた。まっ平らで、淡い青色だったが、見えるのはほんの細く横に伸びる水面だけだった。そのすぐ先で、長い霧の帯が地平線をおおっていたからだ。
橋の上で、誰かが彼に声をかけた。

「あなたがパリの警部さんですか?私は村の巡査です。よかった。もう聞きましたか?」

「何を?」

「ひどいらしいですよ!ほら!医者の車です」
そして港の近くでは、漁船がゆっくりと揺れ、その赤や緑の色が水面に映り込んでいた。帆が上げられていた。おそらく乾かすためで、黒く塗られた番号が見えていた。
向こうの灯台のそば、船長の小さな家の前に、二人か三人の女がいた。扉は開いている。医者の車が、メグレと、彼にうるさくつきまとう村の巡査を追い越した。

「毒を盛られたという話です。どうも、顔が緑がかっているとか」
メグレが家に入ったその瞬間、ジュリーが涙を流し、目を腫らし、頬を赤くして、ゆっくりと階段を降りてきた。死にかけている男を医者が診ている部屋から、彼女は外へ出されたところだった。
16
Elle portait encore, sous un manteau passé en hâte, une longue chemise de nuit blanche et elle avait les pieds nus dans ses pantoufles.
— C’est affreux, monsieur le commissaire !.. Vous ne pouvez pas vous faire une idée… Montez vite !..… Peut-être que…
Maigret entra dans la chambre alors que le docteur, après s’être penché sur le lit, se redressait. Son visage disait clairement qu’il n’y avait rien à faire.
— Police…
— Ah ! bien… C’est fini. Peut-être deux ou trois minutes… Ou je me trompe fort, ou c’est de la strychnine…
Il alla ouvrir la fenêtre, parce que la bouche ouverte du moribond semblait avoir peine à aspirer l’air. Et on revit, tableau irréel, le soleil, le port, les barques et leurs voiles larguées, et des pêcheurs qui versaient dans des caisses de pleins paniers de poissons brillants.
Par contraste, le visage de Joris paraissait plus jaune, ou plus vert. C’était indéfinissable. Un ton neutre, incompatible avec l’idée qu’on se fait de la chair.
Ses membres se tordaient, étaient animés de soubresauts mécaniques. Et néanmoins son visage restait calme, ses traits immobiles, son regard fixé sur le mur, droit devant lui.
Le docteur tenait un des poignets, afin de suivre l’affaiblissement du pouls À un certain moment, sa physionomie indiqua à Maigret :
— Attention !.… C’est la fin.
Alors il se passa une chose inattendue, émouvante. On ne pouvait pas savoir si le malheureux avait recouvré sa raison. On ne voyait qu’un visage inerte.
Or, ce visage s’anima. Les traits se tendirent, comme sur le visage d’un gosse qui va pleurer. Une lamentable moue d’être très malheureux, qui n’en peut plus…

Et deux grosses larmes qui jaillissaient, cherchaïent leur voie…
Presque au même instant la voix mate du médecin :
— C’est fini !
Était-ce croyable ? C’était fini au moment même où Joris versait deux larmes !
16
ジュリーはあわてて羽織ったコートの下に、まだ長い白い寝巻を着たままで、スリッパの中の足は素足だった。

「ひどいんです、警部さん!想像もつきません。早く上へ!もしかすると」
メグレが部屋に入った時、医者はベッドにかがみこんだあと、体を起こすところだった。その顔は、もう手の打ちようがないことをはっきり物語っていた。

「警察だ」

「ああ!そうですか。終わりです。あと二、三分でしょう。よほど私がまちがっていなければ、ストリキニーネです」
医者は窓を開けに行った。死にかけている男の開いた口が、空気を吸いこむのに苦しんでいるように見えたからだった。するとふたたび、非現実的な絵のような光景が見えた。太陽、港、小舟、帆を下ろした漁船、そして光る魚でいっぱいのかごを木箱へあけている漁師たち。
それに対して、ジョリスの顔はいっそう黄色く、あるいはいっそう緑がかって見えた。何とも言いようがなかった。人の肌という概念とは相入れない、精彩を欠いた色だった。
手足はねじれ、機械じかけのような痙攣が起きていた。それでも顔は穏やかなままで、表情は変わらず、視線はまっすぐ前の壁に向けられていた。
医者は脈が弱っていくのを見るため、片方の手首を取っていた。ある瞬間、その表情がメグレに知らせた。

「気をつけて。最期です」
その時、思いもよらない、胸を打つことが起こった。この哀れな男が正気を取り戻したのかどうかは、わからなかった。ずっと虚な顔しか見ていなかった。
ところが、その顔が生き返った。表情がぐっと引き締まり、今にも泣きだしそうな子どもの顔のようになった。嘆くように口を尖らせてこれ以上は耐えられないと訴えているようだった。
そして大きな涙が二つ、あふれ出し、流れる道を探していた。
ほとんど同じ瞬間、医者の低い声がした。

「終わりました」
信じられるだろうか?ジョリスが二つの涙を流した、まさにその時に、終わったのだった。
17
Et tandis que ces larmes vivaient encore, qu’elles roulaient vers l’oreille qui les buvait, le capitaine, lui, était mort.
On entendait des pas dans l’escalier. En bas, au milieu des femmes, Julie hoquetait. Maigret s’avança sur le palier et prononça lentement :
— Que personne n’entre dans la chambre !
— Il est.….
— Oui ! laissa-t-il tomber.
Et il revint dans la pièce ensoleillée où le médecin, par acquit de conscience, préparait une seringue pour faire une piqûre au cœur.
Sur le mur du jardin, il y avait un chat tout blanc.
17
その涙はまだ生きていた。耳のほうへ流れ、耳がそれを吸い取ろうとしていた。そのあいだに、船長は、もう死んでいた。
階段で足音が聞こえた。下では、女たちのあいだで、ジュリーがしゃくり上げていた。メグレは踊り場へ進み出て、ゆっくりと言った。

「誰も部屋に入れるな」!

「もう」

「ああ!」と、彼はポツリと言い残した。
そして日ざしの入る部屋へ戻った。医師は、念のために、心臓へ注射をする注射器を用意していた。
庭の塀の上には、真っ白な猫がいた。


