霧の港|第五章 ノートルダム・デ・デューヌ(対訳)

霧の港

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霧の港|第五章 ノートルダム・デ・デューヌ

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Quand le jour se leva, Maigret, la jambe trainante, le pardessus lourd d’humidité, la gorge sèche à force d’avoir fumé pipe sur pipe, rentra à l’Hôtel de l’Univers. Tout était désert. Dans la cuisine, pourtant, il trouva le patron qui allumait du feu.

— Vous êtes resté dehors toute la nuït ?


— Oui. Voulez-vous me monter, le plus tôt possible, du café dans ma chambre ? Au fait, il y a moyen de prendre un bain ?


— Il faudra que j’allume le feu des chaudières.


— Pas la peine !

Un matin gris, avec encore et toujours de la brume, mais une brume claire, lumineuse. Maigret avait les paupières picotantes, la tête vide et, en attendant son café dans sa chambre, il se campa devant la fenêtre ouverte.

Une drôle de nuït. Il n’avait rien fait de sensationnel. C’est à peine si on pouvait parler de découvertes. Pourtant il avait avancé dans la connaissance du drame. Une multitude d’éléments étaient venus s’ajouter à ceux qu’il possédait.

L’arrivée du Saint-Michel. L’attitude de Lannec. Est-ce qu’on pouvait parler d’attitude équivoque ? Même pas ! Et pourtant il manquait de netteté. Mais Delcourt aussi manquait parfois de netteté. Et tous, autant qu’ils étaient au port !

Par exemple, l’attitude de Grand-Louis était carrément suspecte. Il ne suivait pas la goélette jusqu’à Caen. Il allait se coucher à bord d’une drague abandonnée. Maigret était sûr qu’il ne s’y trouvait pas seul.

Et, un peu plus tard, le commissaire apprenait qu’avant d’arriver au port le Saint-Michel avait perdu son canot. Au bout de la jetée il ramassait un objet pour le moins inattendu à cet endroit : un stylo en or.


夜が|明けると、|メグレは|足を|引きずり、|湿り気を|含んで|重くなった|外套を|着たまま、|ホテル・ド・リュニヴェールへ|戻った。||パイプを|次から|次へと|吸いつづけたせいで、|喉は|からからだった。||あたりは|すっかり|人けが|なかった。||それでも|台所には、|火を|おこしている|主人が|いた。


「一晩じゅう|外に|いたんですか?」


「ああ。||できるだけ|早く、|部屋へ|コーヒーを|持ってきてくれ。||それから、|風呂には|入れるか?」


「ボイラーに|火を|入れなければ|なりません」


「なら、|結構」


灰色の|朝だった。||相変わらず|霧が|あったが、|その霧は|明るく、|光を|含んでいた。||メグレは|まぶたが|ひりひりし、|頭の中が|空っぽで、|部屋で|コーヒーを|待つあいだ、|開けた窓の|前に|どっしりと|立った。

妙な|夜だった。||驚くようなことは|何も|していなかった。||発見と|呼べるものすら、|ほとんど|なかった。||それでも、|この|事件を|知るうえで、|彼は|前へ|進んでいた。||すでに|持っていた|手がかりに、|多くの|要素が|加わっていた。

サン・ミシェルの|到着。||ランネックの|態度。||あれを|怪しい|態度と|呼べるだろうか?||そこまでは|言えない。||それでも、|どこか|はっきりしなかった。||だが、|デルクールも|ときどき|はっきりしない|ところがあった。||港にいる|連中は|みんな|そうだった。

たとえば、|グラン=ルイの|態度は|完全に|怪しかった。||彼は|帆船に|乗って|カーンまで|行かなかった。||使われていない|浚渫船に|寝に行った。||メグレは|グラン=ルイが|そこに|彼一人では|いなかったと|確信していた。

そして、|少しあとで、|警部は|サン・ミシェルが|港へ|入る前に、|小舟を|なくしていたことを|聞いていた。||桟橋の先で、|彼は|いかにも|その場所には|不似合いなものを|拾っていた。||金の|万年筆だった。

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C’était une jetée en bois, sur pilotis. Tout au bout, près du feu vert, une échelle de fer permettait de descendre à la mer. C’est de ce côté qu’on avait retrouvé le canot.

Autrement dit, en arrivant, le Saint-Michel avait un passager qui ne voulait pas être vu à Ouistreham. Le passager accostait en canot et laissait partir celui-ci à la dérive. En haut de l’échelle de fer, au moment où il se pliait en deux pour se hisser sur la jetée, le porte-plume en or sortait de sa poche.

Et l’homme gagnait la drague, où Louis allait le rejoindre.

La reconstitution était presque mathématique. Il n’y avait pas deux manières d’interpréter les événements.

Résultat : un inconnu se cachait à Ouistreham. Il n’était pas venu là pour rien. Donc, il avait une tâche à accomplir. Et il appartenait à un milieu où l’on se sert de porte-plume en or !

Pas un marin ! Pas un vagabond ! Le stylo de luxe laissait supposer des vêtements confortables. Cela devait être un monsieur, comme on dit dans les campagnes.

Et l’hiver, à Ouistreham, un monsieur ne passe pas inaperçu. De la journée, il ne pourrait pas quitter la drague. Maïs, la nuit, n’allait-il pas se livrer à la besogne pour laquelle il était là ?

Maigret, maussade, s’était résigné à monter la garde. Un travail de jeune inspecteur. Des heures à passer, sous la pluie fine, à scruter les ombres tarabiscotées de la drague.


Il ne s’était rien passé. Personne n’avait quitté le bord. Le jour s’était levé, et maintenant le commissaire enrageait de ne pouvoir prendre un bain chaud, regardait son lit en se demandant s’il dormirait quelques heures.

Le patron entra avec le café.

— Vous ne vous couchez pas ?

— Je n’en sais rien. Voulez-vous porter un télégramme à la poste ?

L’ordre au brigadier Lucas, avec qui il avait l’habitude de travailler, de venir le rejoindre, car Maigret n’avait pas envie de monter à nouveau la garde la nuit suivante.

杭の上に|組まれた|木製の|桟橋だった。||いちばん先、|緑の灯の|近くに、|海へ|下りられる|鉄のはしごが|あった。||小舟が|見つかったのは、|その辺りだった。

つまり、|サン・ミシェルは|到着したとき、|ウイストルアムで|人に|見られたくない|乗客を|乗せていたのだ。||その客は|小舟で|岸に|着き、|そのまま|その小舟を|漂流|させておいた。||鉄の|はしごの|上で、|桟橋へ|はい上がろうと|身体を|二つに|折り曲げた|まさにそのとき、|金の万年筆が|ポケットから|落ちたのだ。

そして|その男は|浚渫船に|辿り着いた。||そこへ|ルイが|合流することに|なっていた。

この|再現は|ほぼ|数学的に|正確な|ものだった。||この状況を|説明する|方法は、|ほかに|なかった。

結論。||正体不明の|男が|ウイストルアムに|隠れている。||用もなく|来たわけでは|ない。||つまり、|その男には|果たすべき|仕事が|ある。||しかも、|金の|万年筆を|使うような|世界の|人間なのだ!

船乗りでは|ない!||浮浪者でも|ない!||この|高級な|万年筆から|察すれば、|上等な|服を|着ているはずだった。||田舎で|言うところの、|『ムッシュー』(紳士)というやつに|ちがいなかった。

それに、|冬の|ウイストルアムでは、|紳士が|人目に|つかずに|歩くことは|できない。||昼のあいだ、|その男は|浚渫船を|出られないだろう。||だが、|夜に|なれば、|ここへ|来た|目的の|仕事に|取りかかるのでは|ないか?

メグレは|不機嫌なまま、|見張りに|つくしかなかった。||若い|刑事の|仕事だった。||霧雨の|中で、|何時間も、|浚渫船の|入り組んだ|シルエットを|見つめつづける|仕事だった。

何も|起こらなかった。||誰も|船から|出てこなかった。||夜が|明け、|いま|警部は|熱い|風呂に|入れないことに|腹を|立てながら、|数時間でも|眠るべきかと|ベッドを|見ていた。

主人が|コーヒーを|持って|入ってきた。


「お休みに|ならないんですか?」


「わからん。||郵便局へ|電報を|持っていってくれるか?」


いつも|一緒に|仕事を|している|リュカ|主任刑事へ、|すぐに|来いという|命令だった。||メグレは|次の夜に|また|見張りを|する気には|なれなかった。

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Par la fenêtre ouverte on dominait le port, la maison du capitaine Joris, les bancs de sable de la baïe, que le jusant découvrait.

Pendant que Maigret rédigeait son télégramme, le patron regardait dehors. Il prononça, sans attacher d’importance à ses paroles :

— Tiens ! La bonne du capitaine qui va se promener…

Le commissaire leva la tête, aperçut Julie qui fermait la grille et marchait très vite dans la direction de la plage.

— Qu’est-ce qu’il y a de ce côté ?

— Que voulez-vous dire ?

— Où peut-elle aller ? Y a-t-il des maisons ?

— Rien du tout ! Seulement la plage, où on ne va jamais parce qu’elle est coupée de brise-lames et qu’il existe des trous de vase.

— Il n’y a pas de chemin, pas de route ?

— Non ! On arrive à l’embouchure de l’Orne, et tout le long de la rivière ce sont des marais… Ah ! si! Dans les marais, il y a les gabions pour la chasse au canard…

Maigret s’en allait déjà, le front plissé. Il traversa le pont à grands pas et, quand il arriva sur la plage, Julie n’avait qu’une avance de deux cents mètres sur lui.

C’était désert. Dans la brume, il n’existait de vivant que les mouettes qui volaient en criant. À droite, des dunes, dans lesquelles le commissaire s’engagea pour ne pas être vu.

Il faisait frais. La mer était calme. L’ourlet blanc du bord croulait au rythme d’une respiration, avec un bruit de coquillages broyés.

Julie ne se promenait pas. Elle marchait vite, en serrant très fort contre elle son petit manteau noir. Elle n’avait pas eu le temps, depuis la mort de Joris, de se commander des vêtements de deuil. Alors elle portait tout ce qu’elle avait de noir ou de plus sombre, comme ce manteau démodé, ces bas de laine, ce chapeau aux bords rabattus.

Ses pieds enfonçaient dans le sable et sa démarche en était toute saccadée. Deux fois elle se retourna, mais elle ne put apercevoir Maigret, que lui cachaïent les mamelons des dunes.

開いた|窓からは、|港、|ジョリス船長の|家、|引き潮が|あらわにしている|港の砂浜が|見渡せた。

メグレが|電報を|書いているあいだ、|主人は|外を|眺めていた。||そして、|何気ない|口ぶりで|言った。


「おや。||船長の|家政婦が|散歩に|出かける」


警部は|顔を|上げ、|ジュリーが|門を|閉め、|浜のほうへ|足早で|歩いていくのが|見えた。


「そっちには|何が|あるんだ?」


「どういう|意味ですか?」


「どこへ|行けるんだ?||家は|あるのか?」


「何も|ありません!||浜だけです。||防波堤で|仕切られているし、|軟弱で|穴も|できてて、|誰も|行きません」


「道は|ないのか。||道路は?」


「ありません!||オルヌ川の|河口へ|出るだけで、|川沿いは|ずっと|沼地です。||ああ!||そうだ!||沼地には、|鴨猟の|隠れ小屋が|あります」


メグレは|もう|出ていくところだった。||額に|しわを|寄せていた。||大股で|橋を|渡り、|浜へ|着いたとき、|ジュリーとの|間は|二百メートルほどだった。

あたりは|人けが|なかった。||霧の|中で、|生きているものと|いえば、|鳴きながら|飛ぶ|かもめだけだった。||右手には|砂丘が|あり、|警部は|見られないように|その中へ|入った。

空気は|冷えていた。||海は|静かだった。||波打ちぎわの|さざなみが、|息を|するような|調子で|くずれ、|貝殻の|砕けるような|音を|立てていた。

ジュリーは|散歩を|しているのでは|なかった。||小さな|黒い|上着を|体に|強く|抱き寄せ、|足早に|歩いていた。||ジョリスが|死んでから、|彼女には|喪服を|仕立てる|時間など|なかった。||だから、|すべて|手持ちのもので、|黒いもの、|あるいは|いちばん|暗い色のものを|身につけていた。||例えば、|流行遅れの|上着、|毛糸の|靴下、|つばの|垂れ下がった|帽子のように。

足は|砂に|沈み、|そのせいで|歩き方は|ぎこちなかった。||二度、|彼女は|振り返ったが、|メグレが|見つかることは|なかった。||彼は|砂丘の|小さな|窪みに|隠れていた。

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Et enfin, à un kilomètre environ de Ouistreham, elle obliqua à droite, si vivement que le commissaire faillit être découvert.

Mais elle ne se dirigeait pas vers un gabion, comme Maigret l’avait pensé un moment. Il n’y avait personne dans le paysage d’herbes rêches et de sable.

Rien qu’une petite construction en ruine, dont tout un pan de mur manquait. Face à la mer, à cinq mètres de l’endroit que les flots devaient battre aux grandes marées, des gens avaient édifié une chapelle, quelques siècles auparavant sans doute.

La voûte était en plein cintre. Le mur manquant laissait voir l’épaisseur des autres : près d’un mètre de pierre dure.

Julie entrait, se dirigeait vers le fond de la chapelle et Maigret, aussitôt, entendait remuer de menus objets, des coquillages presque à coup sûr.

Il fit quelques pas, sans bruit. Il distingua, dans le mur du fond, une petite niche fermée par un grillage. Au pied de la niche, une sorte d’autel minuscule, et Julie, penchée, qui cherchait quelque chose.

Elle se retourna soudain, reconnut le commissaire, qui n’eut pas le temps de se cacher, et dit précipitamment :

— Qu’est-ce que vous faites ici ?

— Et vous ?

— Je… je suis venue prier Notre-Dame-des-Dunes.….

Elle était anxieuse. Tout en elle prouvait qu’elle avait quelque chose à cacher. Elle n’avait pas dû dormir beaucoup de la nuit, car elle avait les yeux rouges. Et deux mèches de ses cheveux mal peignés sortaient de son chapeau.


— Ah ! c’est une chapelle à Notre-Dame-des-Dunes ?.…

En effet, dans la niche, derrière le grillage, il y avait une statue de la Vierge, si vieille, si rongée que ce n’était plus qu’une forme vague.

Tout autour de la niche, sur la pierre, les passants avaient tracé au crayon, au canif, ou avec une pierre pointue, des mots qui s’entrecroisaient :

Pour que Denise réussisse son examen. — Notre-Dame-des-
Dunes, faites que Jojo apprenne vite à lire. — Donnez la santé à toute la famille et surtout à grand-père et à grand-mère.

そして|最後は、|ウイストルアムから|一キロほどの|ところで、|彼女は|右へ|曲がった。||あまりに|急だったので、|警部は|見つかりそうになった。

だが、|彼女は|メグレが|一瞬|考えたような、|鴨猟用の|隠れ小屋へ|向かっては|いなかった。||枯れ草と|砂ばかりの|景色の中には、|誰もいなかった。

あるのは、|小さな|崩れかけた|建物だけだった。||一つの壁は|一面|まるごと|なくなっていた。||海に|面して、|大潮の|ときには|波が|押し寄せるはずの|場所から|五メートルほどの|ところに、|おそらく|数百年前、|人々が|礼拝堂を|建てていた。

丸天井は|半円|アーチ形だった。||なくなった|壁から、|残りの壁の|厚さが|見えていた。||硬い石で、|一メートル近く|あった。

ジュリーは|中へ|入り、|礼拝堂の|奥へ|向かった。||すると|すぐ、|メグレには|小さなものを|動かす音が|聞こえた。||ほとんど|まちがいなく、|貝殻だった。

彼は|音を|立てずに|数歩|進んだ。||奥の|壁に、|金網で|閉じられた|小さな|くぼみが|見えた。||その|くぼみの|下には、|ごく|小さな|祭壇のような|ものが|あり、|ジュリーが|かがみこんで、|何かを|探していた。

彼女は|突然|振り返った。||警部だと|気づいた。||メグレは|隠れる暇も|なかった。||彼女は|あわてて|言った。


「ここで|何を|しているんですか?」


「あんたこそ?」


「わたしは|……、|ノートルダム=デ=デューヌに|お祈りに|来たんです」


彼女は|不安げだった。||彼女の|姿が|すべて|何かを|隠していることを|物語っていた。||夜も|あまり|眠らなかったに|ちがいない。||目が|赤かった。||きちんと|とかしていない|髪が|少しだけ、|帽子から|はみ出していた。


「ほう。||ここは|ノートルダム=デ=デューヌの|礼拝堂なのか?」


たしかに、|金網の|奥の|くぼみには、|聖母像が|あった。||とても|古く|風化していて、|もはや|はっきりしない|形が|あるだけだった。

くぼみの|まわりの|石には、|通りがかりの|人たちが、|鉛筆で、|小刀で、|あるいは|先の|とがった|石で、|いくつもの|言葉を|互いに|交わりながら|刻みつけていた。

デニーズが|試験に|受かりますように。||ノートルダム=デ=デューヌ、|ジョジョが|早く|字を|覚えられますように。||家族みんなが|健康に|なりますように。||とくに|おじいさんと|おばあさんに|お与えください。

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Des mentions plus profanes aussi. Des cœurs percés de flèches :

Robert et Jeanne pour la vie.

Des brindilles sèches qui avaient été des fleurs, restaient accrochées au grillage. Mais cette chapelle n’eût été qu’une chapelle comme beaucoup d’autres sans les coquillages entassés sur les ruines de l’autel.

Il y en avait de toutes les formes. Et, sur tous, des mots étaient écrits, au crayon le plus souvent. Des écritures malhabiles d’enfants et de simples, quelques écritures plus fermes.

Que la pêche à Terre-Neuve soit bonne et que papa n’ait pas besoin de rengager.

Le sol était de terre battue. Par la brèche, on voyait le sable de la plage, la mer argentée dans l’atmosphère blanche. Et Julie, qui ne savait quelle contenance prendre, lançait malgré elle des regards apeurés aux coquillages.


— Vous en avez apporté un ? questionna Maigret.


De la tête, elle fit signe que non.


— Pourtant, quand je suis arrivé, vous étiez en train de les remuer. Qu’est-ce que vous cherchiez ?


— Rien… Je.

— Vous… ?

— Rien !


Et elle prit un air buté, en serrant davantage son manteau contre elle.


C’était au tour de Maigret de saisir les coquillages un à un, de lire ce qui y était écrit. Et tout à coup il sourit. Sur une énorme palourde, il épelaïit :

Notre-Dame-des-Dunes, faites que mon frère Louis réussisse et que nous soyons tous heureux.

もっと|世俗的な|書き込みも|あった。||矢に|射抜かれた|ハートマーク。

ロベールと|ジャンヌ、|永遠に

かつては|花を|つけていた|枯れた|小枝が、|金網に|ひっかかったまま|残っていた。||しかし、|祭壇の|残骸に|積み上げられた|貝殻が|なければ、|この|礼拝堂も、|ほかに|いくらでもある|礼拝堂の|一つに|すぎなかっただろう。

貝殻は|いろいろな|形をしていた。||そして、|その|どれにも|言葉が|書かれていた。||たいていは|鉛筆だった。||子どもや、|素朴な|人たちの|たどたどしい|字も|あれば、|もっと|しっかりした|字も|いくつか|あった。

ニューファンドランドの|漁が|うまく|いきますように。||お父さんが|再契約しなくて|すみますように。

床は|固く|踏みしめられた|土だった。||崩れた|壁の|隙間から、|海岸の|砂と、|白く霞んだ|空気の中で|銀色に|光る|海が|見えた。||ジュリーは|どういう|顔を|すれば|よいのか|わからず、|思わず|おびえた|目を|貝殻へ|向けていた。


「あんたも|一つ|持ってきたのか?」と|メグレが|たずねた。


彼女は|首を|振って|否定した。


「だが、|私が|来たとき、|あんたは|その|貝殻を|動かしていた。||何を|探していたんだ?」


「何も……|わたしは」


「あんたは?」


「何でも|ない!」


そして|彼女は|いっそう|強く|上着を|体に|抱き寄せ、|頑固そうな|顔つきに|なった。

今度は|メグレが|貝殻を|一つずつ|手に取って、|そこに|書かれた|言葉を|読んでいった。||そして|彼は|ふいに|笑みを|浮かべた。||大きな|ハマグリに、|こう|綴られていた。

ノートルダム=デ=デューヌ、|兄の|ルイが|うまく|いきますように。||そして|私たち|みんなが|幸せに|なれますように。

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Une date: «13 septembre.» Autrement dit, cet ex-voto primitif avait été apporté là trois jours avant la disparition du capitaine Joris !


Et, maintenant, Julie ne venait-elle pas pour le reprendre ?


— C’est ce que vous cherchiez ?


— Qu’est-ce que cela peut vous faire ?


Elle ne quittait pas son coquillage des yeux. On eût dit qu’elle s’apprêtait à bondir sur Maigret pour le lui arracher des mains.


— Rendez-le-moi !.. Remettez-le à sa place !.…


— Je le remettrai à sa place, oui, mais il faut que vous l’y laissiez aussi… Venez !.. Nous allons causer en rentrant…


— Je n’ai rien à dire.


Ils se mirent en marche, penchés en avant à cause du sable mou dans lequel les pieds s’enfonçaient. Il faisait si frais que les nez étaient rouges, les peaux luisantes.


— Votre frère n’a jamais rien fait de bon, n’est-ce pas ?


Elle se tut. Elle regardait la plage droit devant elle.


— Il y a des choses qu’il est impossible de cacher. Je ne parle pas seulement de. de ce qui l’a conduit au bagne…


— Évidemment! Toujours ça! Dans vingt ans on dira encore…


— Mais non! Mais non, Julie. Louis est un bon marin. Et même, dit-on, un marin extraordinaire, capable de tenir la place de second. Seulement, un beau jour, il s’enivre avec des camarades de rencontre et il fait des bêtises, ne rejoint pas son bateau, rôde pendant des semaines sans travailler. Est-ce vrai ? Dans ces moments-là, il fait appel à vous. À vous et, il y a quelques semaines encore, à Joris. Puis il a une nouvelle période calme et honnête.


— Eh bien ?


— Quel était le projet que, le 13 septembre, vous souhaïtiez voir réussir ?


Elle s’arrêta, le regarda en face. Elle était beaucoup plus calme. Elle avait eu le temps de réfléchir. Et il y avait une gravité séduisante dans ses prunelles.


— Je savais bien que cela amènerait un malheur. Et pourtant mon frère n’a rien fait. Je vous jure que s’il avait tué le capitaine je serais la première à lui rendre la pareille.

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日付は、|『九月十三日』||つまり、|この|素朴な|奉納物は|ジョリス船長が|姿を消す|三日前に|ここに|置かれていたのだ!

そして今、|ジュリーは|それを|取り戻しに|来たのでは|ないのか?


「これを|探していたのか?」


「あなたに|何の|関係が|あるんですか?」


彼女は|その貝殻から|目を|離さなかった。||今にも|メグレに|飛びかかって|彼の手から|奪い取ろうと|しているように|見えた。


「返してください!||元の場所に|戻してください!」


「元の|場所へは|戻す。||だが、|あんたも|そこに|置いたままに|しておかなくては|ならない。||来るんだ!||戻りながら|話そう」


「話すことなんて|何も|ありません」


二人は|歩き出した。||柔らかい|砂のせいで、|足が|沈み|前かがみに|なっていた。||ひどく|冷えていて、|鼻は|赤くなり、|肌は|つやつやと|光っていた。


「あんたの|兄さんは|今まで|ろくなことを|してこなかった、|そうだな?」


彼女は|黙った。||まっすぐ|目の前の|海岸を|見ていた。


「隠しきれない|こともある。||私が|言っているのは、|ただ|彼を|流刑地へ|送ることになった|あのことだけでは|ない」


「当然でしょう!||いつも|そればかり!||二十年|たっても|まだ|言われるんでしょう」


「いや!||違う。||そうじゃない、|ジュリー。||ルイは|いい|船乗りだ。||それどころか、|人の話では、|すばらしい|船乗りで、|航海士の|代わりも|務まるほどだ。||ただ、|ある日、|行きずりの|仲間と|酔っぱらい、|ばかなことを|する。||船に|戻らず、|何週間も|働かずに|うろつく。||そうだろう?||そういうとき、|彼は|あんたに|頼る。||あんたに、|そして|数週間前までは、|ジョリスにも。||それから|また、|しばらくは|おとなしく、|まじめに|暮らす」


「それで?」


「九月十三日に、|あんたが|うまく|いってほしいと|願った|計画とは、|何だったんだ?」


彼女は|立ち止まり、|正面から|彼を|見た。||ずっと|落ち着いていた。||考える|時間が|あったのだ。||その瞳には|人を惹きつける|真剣さが|あった。


「それが|不幸を|招くことは、|わかっていました。||でも、|兄は|何も|していません。||誓って|言います。||もし|兄が|船長を|殺したのなら、|私が|真っ先に|兄を|同じ目に|合わせます」

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La voix avait une sourde véhémence.


— Seulement, il y a des coïncidences. Puis cette histoire du bagne qui revient tout le temps. Du moment que quelqu’un a commis une faute, on lui met sur le dos toutes les responsabilités de ce qui arrive par la suite.


— Quel était le projet de Louis ?


— Ce n’était pas un projet. C’était quelque chose de tout simple. Il avait rencontré un monsieur très riche, je ne sais plus si c’est au Havre ou en Angleterre. Il ne m’a pas dit son nom. Un monsieur qui en avait assez de vivre à terre et qui voulait acheter un yacht pour voyager. Il s’est adressé à Louis afin qu’il lui trouve un bateau.


Ils étaient toujours arrêtés sur la plage d’où on ne voyait guère, de Ouistreham, que le phare d’un blanc cru qui se détachait sur un ciel plus pâle.


— Louis en a parlé à son patron. Parce que, depuis quelque temps, à cause de la crise, Lannec voudrait bien vendre le Saint- Michel. Et voilà tout ! Le Saint-Michel est le meilleur caboteur qu’on puisse trouver pour le transformer en yacht. D’abord mon frère devait toucher dix mille francs si ça se faisait. Ensuite l’acheteur a parlé de le garder à bord comme capitaine, comme homme de confiance.

Elle regretta ces dernières paroles qui pouvaient prêter à ironie, épia un sourire sur le visage de Maigret et parut lui savoir gré de ne pas dire: « Un forçat comme homme de confiance ! »


Non ! Maigret réfléchissait. Il était étonné lui-même de la simplicité de ce récit, simplicité telle qu’elle avait un son troublant de vérité.


— Seulement, vous ne savez pas qui est cet acheteur ?


— Je ne sais pas.


— Où votre frère devait-il le revoir ?


— Je ne sais pas.
— Quand ?
— Très vite. Il paraît que les aménagements devaient se faire en Norvège et que, dans un mois, le yacht serait parti en Méditerranée, vers l’Égypte.
— Un Français ?

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その声には、|抑えられた|激しさが|あった。


「ただ、|たまたま|偶然が|重なって|しまったんです。||それに、|あの|流刑場の|話が、|いつも|持ち出されます。||一度|あやまちを|犯した|人間には、|その後に|起こる|ことの|責任を、|何でも|背負わせるんです」


「ルイの|計画とは|何だったんだ?」


「計画では|ありません。||ごく|単純な|話でした。||兄は|とても|金持ちの|紳士に|会ったんです。||ル・アーヴルだったか、|イギリスだったか、|もう|覚えていません。||名前は|教えて|くれませんでした。||陸の|暮らしに|飽きて、|旅を|するための|ヨットを|買いたがっている|紳士でした。||その人が、|船を|探してほしいと|ルイに|頼んだんです」


二人は|まだ|砂浜に|立ち止まっていた。||そこから|見える|ウイストルアムのものと|いえば、|より|白っぽい|空を|背に、|きつい|白さで|浮かび上がる|灯台ぐらいだった。


「ルイは|その話を|船長に|しました。||このところ、|不景気のせいで、|ランネックは|サン・ミシェルを|売りたがって|いましたから。||それだけの|ことです!||サン・ミシェルは、|ヨットに|作り替えるには|いちばん|よい|沿岸船なんです。||まず、|話が|まとまれば、|兄は|一万フランを|受け取ることに|なっていました。||そのうえ、|買い手は|兄を||船長として、|船で|使うと|いういうのです。||信頼できる|男と|いうことで」


彼女は|最後の|言葉を|後悔した。||皮肉に|取られかねないと|思ったからだ。||メグレの|顔に|笑みが|浮かぶかどうかを|うかがい、|『流刑場りを|信頼できる|男というか!』と|言わないことに、|感謝しているようだった。

いや!|||メグレは|考えていた。||その話の|あまりの|単純さに、|彼自身も|驚いていた。||その|単純さには、|かえって|気にかかる|真実味が|あった。


「ただ、|君は|その|買い手が|誰なのかを|知らないんだな?」


「知りません」


「君の|兄さんは、|どこで|その男に|また|会うことに|なっていた?」


「知りません」


「いつ?」


「すぐに、|という|話でした。||どうやら、|船の|改装は|ノルウェーで|することに|なっていて、|一か月後には、|そのヨットは|地中海へ、|エジプトの方へ|出るはずだったそうです」


「フランス人か?」

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— Je ne sais pas.


— Et vous êtes venue aujourd’hui à Notre-Dame-des-Dunes pour reprendre votre coquillage ?


— Parce que j’ai pensé que si on le trouvait on imaginerait tout autre chose que la vérité. Avouez que vous ne me croyez pas ?


Au lieu de répondre, il questionna :


— Vous avez vu votre frère ?


Elle sursauta.


— Quand ?


— Cette nuit ou ce matin ?


— Louis est ici ?


Et cela semblait l’effrayer, la dérouter.


— Le Saint-Michel est arrivé.


Ces mots la rassurèrent un peu, comme si elle eût craint de voir arriver son frère sans la goélette.


— Alors, il est parti à Caen ?


— Non ! Il est allé se coucher à bord d’une des dragues.


— Marchons ! dit-elle. J’ai froid.


La brise du large était de plus en plus fraîche et le ciel se couvrait davantage.


— Cela lui arrive souvent de dormir dans un vieux bateau ?


Elle ne répondait pas. La conversation tomba d’elle-même. Ils marchèrent sans entendre rien d’autre que le crissement du sable qui se tassait sous leurs pas. Et des poux de mer crépitaient devant eux, dérangés dans leur festin d’algues apportées par la marée.


Deux images se rejoignaient dans la mémoire de Maigret :

« Yacht… Stylo en or… »


Et un travail machinal se faisait dans son cerveau. Le matin, le porte-plume était difficilement explicable, parce qu’il ne s’harmonisait pas avec le Saint-Michel, ni avec ses hôtes plus ou moins débraillés.

« Yacht… Stylo en or… »


C’était plus logique ! Un homme riche, d’un certain âge, qui cherche un yacht pour voyager et qui perd un porte-plume en Or… Seulement, il restait à expliquer pourquoi cet homme, au lieu de pénétrer avec la goélette dans le port, quittait celle-ci à bord du canot, se hissait sur la jetée et allait se cacher dans une drague à moitié pleine d’eau.


「わかりません」


「今日、|ノートルダム=デューンに|来たのは|貝殻を|取り戻すためか?」


「見つかったら、|真実とは|まったく|違うことを|想像されると|思って。||信じてもらえないでしょう?」


答える代わりに|メグレは|聞いた:


「兄に|会ったか?」


彼女は|びくっとした。


「いつ?」


「昨夜か|今朝?」


「ルイは|ここに?」


それが|彼女を|不安にさせ、|困惑|させているようだった。


「ル=サン=ミシェルが|着いた」


その言葉で|彼女は|少し|安心した。||まるで|帆船なしに|兄が|来ることを|恐れていたかのようだった。


「じゃあ、|カーンへ|行ったんですか?」


「いや!||浚渫船の|一隻に|泊まりに|行った」


「歩きましょう!」と|彼女は|言った。||「寒い」


沖からの|風が|ますます|冷たくなり、|空が|曇ってきた。


「古い船で|寝るのは|よくあることか?」


彼女は|答えなかった。||会話は|自然に|途切れた。||二人は|砂が|足の下で|沈む音だけを|聞きながら|歩いた。||波が|運んできた|海藻を|食べていた|浜トビムシ1が、|二人の前で|ぱちぱちと|跳ねて逃げた。

メグレの|記憶の中で|二つの|イメージが|重なった。

『ヨット|・・・、|金の万年筆|・・・』

彼の|頭の中では|自然に|仕事が|進んでいた。||朝のうちは|金の万年筆の|説明が|つかなかった。||ル=サン=ミシェルとも、|どちらかといえば|だらしない|その|乗組員たちとも、|につかわしく|なかったからだ。

『ヨット|・・・、|金の万年筆|・・・」

この方が|辻褄があう!||ある年齢の|裕福な男が|旅のための|ヨットを|探していて、|金の万年筆を|落とした|・・・。||しかし|残る|疑問は、|なぜ|その男が|帆船と|一緒に|港に|入らず、|ボートで|離れ、|桟橋に|這い上がり、|水が|半分|たまった|浚渫船に|身を|隠したのか、|ということだった。

60

— Le soir de la disparition de Joris, quand votre frère est allé vous voir, il ne vous a pas parlé de son acheteur ? Il ne vous a pas dit, par exemple, que celui-ci était à bord ?


— Non… Il m’a seulement affirmé que l’affaire était presque faite.


On atteignait le pied du phare. La maison de Joris était là, à gauche, et dans le jardin il y avait encore des fleurs plantées par le capitaine.


Julie s’assombrit, parut découragée, regarda autour d’elle comme quelqu’un qui ne sait plus que faire dans la vie.


— On va sans doute vous appeler chez le notaire pour le testament. Vous voilà riche…


— Ça ne prend pas ! dit-elle sèchement.


— Que voulez-vous dire ?


— Vous le savez bien. Ces histoires de fortune. Le capitaine n’était pas riche…


— Vous ne pouvez pas le savoir.


— Il ne me cachait rien. S’il avait eu des centaines de mille francs, il me l’aurait dit. Et il n’aurait pas hésité, l’hiver dernier, à s’acheter un fusil de chasse de deux mille francs !

Pourtant il en avait bien envie. Il avait vu celui du maire et il s’était informé du prix…
Maintenant ils étaient à la grille.


— Vous entrez ?


— Non… Je vous verrai peut-être tout à l’heure…


Elle hésitait à pénétrer dans la maison où elle serait toute seule.


Des heures sans grand intérêt. Maigret rôda autour de la drague comme un promeneur du dimanche qui contemple avec un respect instinctif un spectacle mystérieux pour lui. Il y avait des tubes de fort diamètre, des bennes, des chaînes, des cabestans.…
Vers onze heures, il prit l’apéritif avec les gens du port.


— On n’a pas vu Grand-Louis ?

「ジョリスが|姿を|消した夜、|兄さんが|君に|会いに|来たとき、|その|買い手のことは|話さなかったのか?||たとえば、|その男が|船に|乗っているとか|言わなかったか?」


「いいえ。||その話が|ほとんど|まとまったと|言ってただけです」


二人は|灯台の下まで|来ていた。||左手には|ジョリスの|家が|あり、|庭には、|船長が|植えた|花が|まだ|咲いていた。

ジュリーの|顔が|曇った。||気落ちしたように|見えた。||これから|どう|生きていけば|よいのか|わからなくなった|人間のように、|あたりを|見回した。


「遺言のことで、|そのうち|公証人の|ところへ|呼ばれるだろう。||君は|金持ちに|なったわけだ」


「そんな|話は|ありません!」と|彼女は|そっけなく|言った。


「どういう|意味だ?」


「わかっている|くせに。||そんな|財産の|話なんて。||船長は|金持ちでは|ありませんでした」


「あんたは|わかっていない」


「船長は|私に|隠しごとなんか|しませんでした。||もし|何十万フランも|持っていたら、|私に|言ってくれたはずです。||それに|去年の|冬、|二千フランの|猟銃を|買うのを|ためらったり|しなかったはずです。||あんなに|欲しがっていたのに。||町長の|銃を|見て、|値段まで|聞いていたんです」


そのとき、|二人は|もう|門のところに|いた。


「入りますか?」


「いや。||あとで|また、|会いに来るかもしれない」


彼女は、|一人きりに|なる|家へ|入るのを|ためらっていた。

これといった|動きのない|数時間が|過ぎた。||メグレは、|日曜日の|散歩客が、|自分には|わからない|不思議な|ものを|本能的な|敬意を|もって|眺めるように、|浚渫船の|まわりを|うろついた。||太い|管、|バケット、|鎖、|巻き上げ機が|あった。

十一時ごろ、|彼は|港の連中と|食前酒を|飲んだ。


「グラン=ルイを|見かけなかったか?」

61

On l’avait vu, assez tôt le matin. Il avait bu deux verres de rhum au bistrot et il avait disparu le long de la grand-route.

Maigret avait sommeil. Peut-être, la nuit, avait-il pris froid ? Toujours est-il que son humeur était celle de quelqu’un qui couve une grippe. Cela se marquait dans ses attitudes, sur son visage, qui paraissait moins énergique.

Il ne s’en préoccupa pas et cela eut pour conséquence d’accroître l’inquiétude ambiante. Ses compagnons le regardaient à la dérobée. On manquait d’entrain. Le capitaine Delcourt demanda :

— Qu’est-ce que je dois faire du canot ?


— Amarrez-le quelque part !


Maigret eut encore une question maladroite.


— On n’a pas vu, ce matin, un étranger dans les rues ?… On n’a rien remarqué d’anormal du côté des dragues ?…

On n’avait rien vu ! Mais, maintenant qu’il avait dit cela, on s’attendait à voir quelque chose.

C’était curieux : tout le monde s’attendait à un drame ! Un pressentiment? La sensation que le cycle des événements n’était pas complet, qu’il manquait un anneau à la chaîne ?

Sirène de bateau qui demandait l’écluse. Les hommes se levèrent. Maigret alla lourdement jusqu’à la poste voir s’il n’y avait rien pour lui. Un télégramme de Lucas annonçait son arrivée à 2 h. 10.

Et à cette heure-là, le petit train qui longe le canal, de Caen à Ouistreham, pareil à un jouet d’enfant, avec ses wagons du même modèle qu’en 1850, s’annonça dans le lointain, stoppa devant le port dans un vacarme de vapeur sifflante et de freins serrés.

Lucas descendait, la main tendue, s’étonnait du visage renfrogné de Maigret.

— Eh bien ?


— Ça va !


Lucas ne put s’empêcher de rire, en dépit de la hiérarchie.

— On ne le dirait pas ! Vous savez : je n’ai pas déjeuné…


— Viens à l’hôtel… Il restera bien quelque chose à manger…

朝の|かなり|早い|時刻に、|ルイは|見られていた。||酒場で|ラムを|二杯|飲み、|大通りに|沿って|姿を|消したという。

メグレは|眠かった。||夜のあいだに、|風邪を|ひいたのかもしれない。||いずれにせよ、|彼は、|流行性の|風邪を|もらったときの|人間のような|気分だった。||それは|いつもより|やる気なく|見える、|彼の|態度と、その表情に|表れていた。

彼は|そんなことを|気に|かけなかった。||そして|それは|かえって|まわりの|不安を|高めていた。||仲間たちは|こっそり|彼を|見ていた。||活気が|なかった。||デルクール港長が|たずねた。


「小舟は|どうすれば|いいんですか?」


「どこかに|つないで|おけ!」


メグレは|さらに|場違いな|質問をした。


「今朝、|通りで|よそ者を|見かけなかったか?||浚渫船の|あたりで、|変わったことは|何も|なかったか?」


誰も|何も|見ていなかった。||だが、|彼が|そう|言ったからには、|みんなは|何かが|起きると|待ち構えまえていた。

奇妙だった。||誰もが|悲劇的な|事件を|待っているのだ!||虫の知らせ|だろうか?||事件の|連鎖は|まだ|完全に|終わっておらず、|鎖の|リングが|一つ|欠けている|という|感じだろうか?

水門を|通過しようとする|船の|汽笛が|鳴り、|男たちは|立ち上がった。||メグレは|重い|足どりで|郵便局へ|行き、|自分宛てに|何か|届いていないか|見に行った。||リュカからの|電報が|届いており、|二時十分に|着くと|知らせてきた。

そして|その時刻、|カーンから|ウイストルアムまで|運河沿いを|走る|小さな|汽車が、|遠くに|姿を|見せた。||一八五〇年ごろの|形式と同じような|客車を|引っ張った、|子どもの|おもちゃのような|車両だった。||蒸気を|噴き上げ、|ブレーキを|軋ませながら|港の前に|止まった。

リュカが|降りてきた。||手を|差し出したが、|メグレの|むっつりした|顔に|驚いていた。


「どうしました?」


「大丈夫だ!」


リュカは、|上司であるにも|かかわらず、|笑わずには|いられなかった。


「そうは|見えませんよ!||それより、|私は|昼飯を|食べていないんです」


「ホテルへ|来い。||何か|食べるものは|残っているだろう」

62

Ils s’assirent dans la grande salle où le patron servit le brigadier. Les deux hommes parlaient à mi-voix. L’hôtelier semblait attendre le moment d’intervenir.


En apportant le fromage, il crut que l’occasion se présentait et prononça :


— Vous savez ce qui est arrivé au maire ?


Maigret sursauta, si anxieux que le patron en fut dérouté.


— Rien de grave. Enfin, tout à l’heure, en descendant l’escalier, chez lui, il est tombé… On ne sait pas comment il a fait son compte, mais il a la figure si mal arrangée qu’il a dû se mettre au lit…


Alors Maigret eut une intuition. Le mot convient, puisque sa pensée aiguë reconstitua l’événement en l’espace d’une seconde.


— Mme Grandmaison est toujours à Ouistreham ?


— Non ! elle est partie ce matin de bonne heure avec sa fille. Je suppose qu’elle est allée à Caen… Elle a pris la voiture.


Maigret n’avait déjà plus la grippe. Il grommelait :

— Tu en as encore pour longtemps à manger ?

Et Lucas, placide :

— Naturellement ! Cela paraît monstrueux de voir quelqu’un faire preuve d’appétit quand on a l’estomac plein Mettons trois minutes ! N’emportez pas encore le camembert, patron !…

二人は|広い|ホールに|腰を下ろし、|そこで|主人が|リュカ|主任刑事に|食事を|出した。||二人は|小さな声で|話していた。||ホテルの|主人は、|口をはさむ|タイミングを|伺っているようだった。

チーズを|運んできたとき、|主人は|いまが|この時とばかりに、|口を開いた。


「町長に|何が|あったか、|ご存じですか?」


メグレは|びくっとした。||それがあまりに|不安げだったので、|主人は|うろたえたほどだった。


「大したことでは|ありません。||つまり、|さっき、|ご自宅で|階段を|下りている|途中に、|転んだんです。||どうして|そんなことに|なったのか|わかりませんが、|顔が|ひどい|ことに|なって、|寝込まなければ|ならなくなったそうです」


そのとき、|メグレに|ひらめきが|走った。||この|言葉は|ふさわしい。||というのも、|彼の|鋭い|思考は、|一秒の|うちに|出来事を|組み立て直したからだ。


「グランメゾン夫人は|まだ|ウイストルアムに|いるのか?」


「いいえ。||今朝|早く、|娘さんと|一緒に|出かけました。||カーンへ|行ったのだと|思います。||車で|出ました」


メグレは|もう|風邪気味では|なくなっていた。||彼は|ぼそりと|言った。


「食べ終わるまで、|まだ|かかるのか?」


すると|リュカは|落ち着き払って|答えた。


「もちろんです。||胃が|いっぱいの|人から|見ると、|食欲の|ある|人間は|とんでもない|怪物に|見えるんでしょうね。||三分と|いうことに|しておきましょう。||ご主人、|カマンベールは|まだ|下げないでください」

  1. 「poux de mer」は直訳すると「海のシラミ」ですが、実際には磯蚤(いそのみ)または砂浜蚤(すなはまのみ)と呼ばれる小さな甲殻類です。
    正式にはヨコエビの一種(Talitrus saltator)で、砂浜の海藻の下に大群で生息しています。体長は数ミリほどで、人が近づくと一斉に跳ね逃げるのが特徴です。
    日本では「ハマトビムシ」**という名前で知られており、砂浜の打ち上げられた海藻の下に大量に生息しています。日本全国の砂浜で見られる非常に一般的な生き物です。
    海水浴や砂浜の散歩をしたことがある方なら、海藻をひっくり返したときに小さな生き物がぴょんぴょん跳ね回るのを見たことがあるかもしれません。あれがハマトビムシです。
    ただし一般の日本人には「磯蚤」「砂浜蚤」より**「ハマトビムシ」**の方が馴染みがある言葉かもしれません。翻訳では「磯蚤」のままでも、「ハマトビムシ」に変えても自然です。
    この場面の「潮が運んできた海藻を食べていた磯蚤が、二人の前でぱちぱちと跳ね逃げた」という描写は、砂浜を歩く人間の足音に驚いて無数の磯蚤が一斉にはじけ飛ぶ様子を表しており、冬の人けない砂浜の情景をリアルに描いたシムノンらしい細かい観察です。 ↩︎