
Vendredi 7 novembre. Concarneau est désert. L’horloge lumineuse de la vieille ville, qu’on aperçoit au-dessus des remparts, marque onze heures moins cinq.
C’est le plein de la marée et une tempête du sud-ouest fait s’entrechoquer les barques dans le port. Le vent s’engouffre dans les rues, où l’on voit parfois des bouts de papier filer à toute allure au ras du sol.
Quai de l’Aiguillon, il n’y a pas une lumière. Tout est fermé. Tout le monde dort. Seules les trois fenêtres de l’Hôtel de l’Amiral, à l’angle de la place et du quai, sont encore éclairées.
Elles n’ont pas de volets mais, à travers les vitraux verdâtres, c’est à peine si on devine des silhouettes. Et ces gens attardés au café, le douanier de garde les envie, blotti dans la guérite, à moins de cent mètres.

En face de lui, dans le bassin, un caboteur qui, l’après-midi, est venu se mettre à l’abri. Personne sur le pont. Les poulies grincent et un foc mal cargué claque au vent. Puis il y a le vacarme continu du ressac, un déclic à l’horloge, qui va sonneronze heures.
La porte de l’Hôtel de l’Amiral s’ouvre. Un homme paraît, qui continue à parler un instant par l’entrebâillement à des gens restés à l’intérieur. La tempête le happe, agite les pans de son manteau, soulève son chapeau melon, qu’il rattrape à temps et qu’il maintient sur sa tête tout en marchant.

Même de loin, on sent qu’il est tout guilleret, mal assuré sur ses jambes et qu’il fredonne. Le douanier le suit des yeux, sourit quand l’homme se met en tête d’allumer un cigare. Car c’est une lutte comique qui commence entre l’ivrogne, son manteau que le vent veut lui arracher et son chapeau qui fuit le long du trottoir. Dix allumettes s’éteignent.

十一月七日、|金曜日。||コンカルノーは|人影も|ない。||城壁の|上に|見える|旧市街の|光る|大時計は、|十一時五分前を|示している。
潮は|満ちきっており、|南西からの|嵐が、|港の|小舟を|ぶつかり合わせている。||風は|通りに|吹き込み、|ときおり|紙切れが|地面すれすれを|ものすごい速さで|飛んでいくのが|見える。
エギヨン岸壁には、|灯りが|一つも|ない。||すべてが|閉まっている。||誰もが|眠っている。||広場と|岸壁の|角に|ある|ホテル・ド・ラミラルの|三つの|窓だけが、|まだ|明るい。
その窓には|雨戸が|ないが、|緑がかった|色ガラス越しには、|人影が|かろうじて|見えるだけだ。||そして、|カフェに|遅くまで|残っている|その人々を、|百メートルも|離れていない|見張り小屋に|縮こまっている|当直の|税関員は、|うらやましく|思っていた。
彼の|向かい、|港の|船だまりには、|午後に|避難してきた|沿岸船が|一隻あった。||甲板には|誰も|いない。||滑車が|きしみ、|たたみそこねた|船首の|三角帆が|風に|はためいている。||それから、|寄せ波の|絶えない|響きが|あり、|時計が|かちりと|鳴った。||まもなく|十一時を|打つところだった。
ホテル・ド・ラミラルの|扉が|開いた。||一人の|男が|姿を|現し、|半開きの|戸口から、|中に|残っている|人々に、|しばらく|話し続けている。||嵐が|男を|さらうように|吹きつけ、|外套の|裾を|あおり、|山高帽を|持ち上げる。||男は|すんでのところで|それを|つかまえ、|歩きながら|頭に|押さえつけた。
遠くからでも、|男が|すっかり|上機嫌で、|足元が|おぼつかず、|鼻歌を|歌っているのが|わかった。||税関員は|目で|男を|追い、|男が|葉巻に|火を|つけようと|思い立つと、|思わず|笑った。||というのも、|酔っぱらいと、|風に|奪われそうな|外套と、|歩道を|逃げていく|帽子との、|こっけいな|たたかいが|始まったからである。||十本の|マッチが|消えた。
Et l’homme au chapeau melon avise un seuil de deux marches, s’y abrite, se penche. Une lueur tremble, très brève. Le fumeur vacille, se raccroche au bouton de la porte.

Est-ce que le douanier n’a pas perçu un bruit étranger à la tempête? Il n’en est pas sûr. Il rit d’abord en voyant le noctambule perdre l’équilibre, faire plusieurs pas en arrière, tellement penché que la pose en est incroyable.
Il s’étale sur le sol, au bord du trottoir, la tête dans la boue du ruisseau. Le douanier se frappe les mains sur les flancs pour les réchauffer, observe avec humeur le foc dont les claquements l’irritent.
Une minute, deux minutes passent. Nouveau coup d’œil à l’ivrogne, qui n’a pas bougé. Par contre un chien, venu on ne sait d’où, est là, qui le renifle.

— C’est seulement à ce moment que j’ai eu la sensation qu’il s’était passé quelque chose ! dira le douanier, au cours de l’enquête.
Les allées et venues qui succédèrent à cette scène sont plus difficiles à établir dans un ordre chronologique rigoureux. Le douanier s’avance vers l’homme couché, peu rassuré par la présence du chien, une grosse bête jaune et hargneuse. Il y a un bec de gaz à huit mètres. D’abord le fonctionnaire ne voit rien d’anormal. Puis il remarque qu’il y a un trou dans le pardessus de l’ivrogne et que de ce trou sort un liquide épais.
Alors il court à l’Hôtel de l’Amiral. Le café est presque vide. Accoudée à la caisse, une fille de salle. Près d’une table de marbre, deux hommes achèvent leur cigare, renversés en arrière, jambes étendues.
— Vite !… Un crime… Je ne sais pas…
Le douanier se retourne. Le chien jaune est entré sur ses talons et s’est couché aux pieds de la fille de salle.

Il y a du flottement, un vague effroi dans l’air.
— Votre ami, qui vient de sortir…
Quelques instants plus tard, ils sont trois à se pencher sur le corps, qui n’a pas changé de place. La mairie, où se trouve le poste de police, est à deux pas. Le douanier préfère s’agiter. Il s’y précipite, haletant, puis se suspend à la sonnette d’un médecin.

そして、|山高帽の|男は、|二段の|段が|ある|戸口に|気づき、|そこに|身を|寄せ、|かがみ込んだ。||ごく|短いあいだ、|小さな|火が|揺れた。||葉巻を|吸おうとした|男は|よろめき、|扉の|取っ手に|しがみついた。
税関員は、|嵐とは|別の|音を|聞かなかったのだろうか。||彼には|確信が|なかった。||はじめは、|夜歩きの|男が|足元を|失い、|信じがたいほど|体を|傾けたまま、|後ろへ|何歩も|下がるのを|見て、|笑った。
男は|歩道の|端の|地面に|倒れ込み、|頭を|水路の|泥に|突っ込んだ。||税関員は|両手を|脇腹に|打ちつけて|温め、|はためく|音が|耳ざわりな|船首の|三角帆を、|不機嫌に|眺めた。
一分、|二分が|過ぎた。||酔っぱらいに|もう一度|目を|やると、|男は|動いていなかった。||その代わり、|どこから|来たのか|わからない|一匹の|犬が|そこに|いて、|男の|匂いを|かいでいた。
「何かが|起きたのだと|感じたのは、|そのときに|なってからでした」
税関員は、|捜査の|途中で|そう|語ることになる。
この|場面の|あとに|続いた|人々の|出入りを、|きちんとした|時の|順に|並べるのは、|いっそう|むずかしい。||税関員は、|倒れている|男へ|近づいたが、|犬の|存在が|気にかかった。||黄色く|大きな、|気の|荒い|犬だった。||八メートルほど|先に|ガス灯が|ある。||はじめ、|役人には|おかしなところは|何も|見えなかった。||それから、|酔っぱらいの|外套に|穴が|あいており、|その|穴から|どろりとした|液体が|流れ出ているのに|気づいた。
そこで|彼は|ホテル・ド・ラミラルへ|走った。||カフェは|ほとんど|空だった。||勘定台に|もたれて、|ウェイトレスが|一人。||大理石の|テーブルの|そばでは、|二人の|男が|椅子に|反り返り、|脚を|伸ばして、|葉巻を|吸い終えようとしていた。
「早く!||人殺しです。||いや、|わかりません」
税関員は|振り返った。||黄色い|犬が、|彼の|すぐ|あとから|入ってきて、|ウェイトレスの|足元に|横たわっていた。
場の|空気に|落ち着きが|なく、|ぼんやりとした|恐れが|漂っていた。
「あなた方の|お友だちで、|今|出ていった|人が」
しばらくして、|三人は、|場所を|変えていない|体の|上に|かがみ込んでいた。||警察の|詰所が|入っている|市役所は、|すぐ|近くに|ある。||税関員は、|じっとしていられなかった。||彼は|そこへ|息を|切らして|駆け込み、|それから|医者の|呼び鈴に|しがみつくようにして|鳴らした。

Et il répète, sans pouvoir se débarrasser de cette vision :
— Il a vacillé en arrière comme un ivrogne et il a fait au moins trois pas de la sorte…
Cinq hommes… six… sept… Et des fenêtres qui s’ouvrent un peu partout, des chuchotements…

Le médecin, agenouillé dans la boue, déclare :
— Une balle tirée à bout portant en plein ventre… Il faut l’opérer d’urgence… Qu’on téléphone à l’hôpital…
Tout le monde a reconnu le blessé, M. Mostaguen, le principal négociant en vins de Concarneau, un bon gros qui n’a que des amis.
Les deux policiers en uniforme – il y en a un qui n’a pas trouvé son képi – ne savent par quel bout commencer l’enquête.
Quelqu’un parle, M. Le Pommeret, qu’à son allure et à sa voix on reconnaît immédiatement pour un notable.
— Nous avons fait une partie de cartes ensemble, au Café de l’Amiral, avec Servières et le docteur Michoux… Le docteur est parti le premier, voilà une demi-heure… Mostaguen, qui a peur de sa femme, nous a quittés sur le coup d’onze heures…
Incident tragi-comique. Tous écoutent M. Le Pommeret. On oublie le blessé. Et le voici qui ouvre les yeux, essaie de se soulever, murmure d’une voix étonnée, si douce, si fluette que la fille de salle éclate d’un rire nerveux :
— Qu’est-ce que c’est ?…
Mais un spasme le secoue. Ses lèvres s’agitent. Les muscles du visage se contractent tandis que le médecin prépare sa seringue pour une piqûre.
Le chien jaune circule entre les jambes. Quelqu’un s’étonne. — Vous connaissez cette bête ?…
— Je ne l’ai jamais vue…
— Sans doute un chien de bateau…
Dans l’atmosphère de drame, ce chien a quelque chose d’inquiétant. Peut-être sa couleur, d’un jaune sale ? Il est haut sur pattes, très maigre, et sa grosse tête rappelle à la fois le mâtin et le dogue d’Ulm.
そして|彼は、|その|光景を|振り払うことが|できずに、|同じことを|くり返していた。
「酔っぱらいのように|後ろへ|よろめいて、|そのまま|少なくとも|三歩は|歩いたんです」
五人、|六人、|七人。||あちこちで|窓が|少しずつ|開き、|ささやき声が|聞こえた。
医者は|泥の|中に|膝を|つき、|言った。
「至近距離から|撃たれた|弾が、|腹の|真ん中に|入っている。||すぐに|手術しなければ。||病院へ|電話を|かけてくれ」
誰もが|けが人を|見分けていた。||コンカルノーで|一番の|酒商、|モスタガンだった。||人の|よい|太った|男で、|敵など|一人も|いない。
制服の|警官が|二人いたが、|そのうち|一人は|制帽も|見つけられなかった。||二人は|捜査を|どこから|始めれば|よいのか|わからずに|いた。
誰かが|話しだした。||ル・ポムレだった。||その|身なりと|声だけで、|すぐに|町の|顔役だと|わかる|男だった。
「われわれは|カフェ・ド・ラミラルで、|セルヴィエールと|ミシュー医師と|一緒に|カードを|していたんです。||医師が|最初に|出ていった。||もう|三十分前です。||奥さんを|こわがっている|モスタガンは、|十一時ごろに|われわれの|席を|立ちました」
悲しくも|こっけいな|出来事だった。||皆が|ル・ポムレの|話を|聞いている。||けが人のことは|忘れられている。||すると|その|けが人が|目を|開き、|体を|起こそうとして、|驚いたような|声で|つぶやいた。||その声は|あまりにも|穏やかで、|か細いく、|ウェイトレスは|思わず|神経質な|笑い声を上げた。
「何なんだ?」
しかし|けいれんが|彼の|体を|揺らした。||唇が|動いた。||医者が|注射の|ために|注射器を|用意しているあいだ、|顔の|筋肉が|引きつった。
黄色い|犬が、|人々の|脚の|あいだを|歩き回っていた。||誰かが|いぶかしんだ。
「この|犬を|知っているのか?」
「見たことも|ありません」
「船の|犬でしょう」
ただならぬ|空気の|中で、|その|犬には|どこか|不安を|誘うところが|あった。||汚れた|黄色を|しているせいだろうか。||脚が|長く、|ひどく|やせていて、|大きな|頭は、|マスティフと|ウルム犬の|両方を|思わせた。


Et le voici qui ouvre les yeux, essaie de se soulever, murmure d’une voix étonnée, si douce, si fluette que la fille de salle éclate d’un rire nerveux :
― Qu’est-ce que c’est ?
Tous écoutent M. Le Pommeret. On oublie le blessé…


Mais un spasme le secoue. Ses lèvres s’agitent. Les muscles du visage se contractent tandis que le médecin prépare sa seringue pour une piqûre.
Le chien jaune circule entre les jambes. Quelqu’un s’étonne.

— Vous connaissez cette bête ?.…
— Je ne l’ai jamais vue…
— Sans doute un chien de bateau…
Dans l’atmosphère de drame, ce chien a quelque chose d’inquiétant. Peut-être sa couleur, d’un jaune sale ? Il est haut sur pattes, très maigre, et sa grosse tête rappelle à la fois le mâtin et le dogue d’Ulm.
A cinq mètres du groupe, les policiers interrogent le douanier, qui est le seul témoin de l’événement.

On regarde le seuil de deux marches.
C’est le seuil d’une grosse maison bourgeoise, dont les volets sont clos.
A droite de la porte, une affiche de notaire annonce la vente publique de l’immeuble pour le 18 novembre : Mise à prix : 80.000 francs
Un sergent de ville chipote longtemps sans parvenir à forcer la serrure, et c’est le patron du garage voisin qui la fait sauter à l’aide d’un tournevis.
人々は、|二段の|階段の|ある|玄関を|見ていた。
それは、|雨戸を|閉めきった、|大きな|ブルジョワ_風の|家の|入口だった。
ドアの|右側には、|公証人の|掲示が|貼られていて、|建物の|公開|競売が|十一月|十八日に|行われること、|そして|開始|価格が|八万フラン|であることが|告示|されている。
市警の|巡査が|しばらくの|あいだ|悪戦苦闘|したが、|鍵を|こじ開けることは|できなかった。
結局、|隣の|ガレージの|主人が|ドライバーを|使って|鍵を|壊したのだった。

La voiture d’ambulance arrive. On hisse M. Mostaguen sur une civière. Les curieux n’ont plus d’autre ressource que de contempler la maison vide.
Elle est inhabitée depuis un an. Dans le corridor règne une lourde odeur de poudre et de tabac. Une lampe de poche éclaire, sur les dalles du sol, des cendres de cigarette et des traces de boue qui prouvent que quelqu’un est resté assez longtemps à guetter derrière la porte.
救急車が|到着する。
ムッシュー・モスタガンを|担架に|乗せて|運び出す。
見物人たちは、|もう|空っぽの|家を|眺めるほかに|することがない。
その|家は、|すでに|一年ほど|人が|住んでいなかった。
廊下には、|火薬と|煙草の|匂いが|重く|こもっている。
懐中|電灯の|光が|床の|石畳を|照らすと、|そこには|タバコの|灰と|泥の|跡が|あった。
誰かが|かなり|長い|あいだ、|この|扉の|陰で|外の|様子を|うかがっていた|証拠だ。
Un homme, qui n’a qu’un pardessus sur son pyjama, dit à sa femme :
― Viens ! Il n’y a plus rien à voir… Nous apprendrons le reste demain par le journal… M. Servières est là…
パジャマの|上に|外套だけを|羽織った|男が、|妻に言う。
「もう行こう。||見るものは|もう何もない。||あとは|明日の|新聞で|わかるさ。||<ムッシュー・セルヴィエール>も|来てるし」

Servières est un petit personnage grassouillet, en paletot mastic, qui se trouvait avec M. Le Pommeret à l’Hôtel de lAmiral.
Il est rédacteur au Phare de Brest, où il publie entre autres chaque dimanche une chronique humoristique.
Il prend des notes, donne des indications, sinon des ordres aux deux policiers.
セルヴィエールは、|小柄で|ふっくらした|男で、|明るい|ベージュ色の|短めの|オーバー外套を|着ており、|<ムッシュー・ル・ポムレ>と|一緒に|ラミラール・ホテルに|いた。
彼は、|地方|新聞|<ファール・ブレスト>||<ブレストの|灯台>という|意味||の|記者で、|毎週|日曜には|ユーモア・コラムを|書いている|人物|でもある。
彼は|いま、|メモを|取りながら、|二人の|警官に|指示、|いや、|ほとんど|命令の|ような|口調で|指図していた。

Les portes qui ouvrent sur le corridor sont fermées à clé. Celle du fond, qui donne accès à un jardin, est ouverte. Le jardin est entouré d’un mur qui n’a pas un mèêtre cinquante de haut. De l’autre côté de ce mur, c’est une ruelle, qui débouche sur le quai de l’Aïguillon.
― L’assassin est parti par là ! annonce Jean Servières.
廊下に|面した|扉は、|どれも|鍵が|かかっている。||だが、|一番|奥の|扉だけは|開いており、|そこから|庭に|出られる。||その|庭は|高さ|一メートル|五〇にも|満たない|壁で|囲まれている。||そして、|その|壁の|向こうには、|<アギヨン埠頭>へと|通じる|裏路地が|走っていた。
「犯人は|ここから|逃げたんだ!」と、|ジャン・セルヴィエールが|叫んだ。

C’est le lendemain que Maigret établit tant bien que mal ce résumé des événements.
Depuis un mois, il était détaché à la Brigade mobile de Rennes, où certains services étaient à réorganiser. Il avait reçu un coup de téléphone alarmé du maire de Concarneau.
翌日に|なって|ようやく、|メグレは|この|事件の|経過を|どうにか|まとめることが|できた。||一か月|ほど|前から、|彼は|<レンヌ=機動警察隊>に|派遣され、|内部の|いくつかの|部門を|再編成|する|任務に|あたっていたのだ。||そんな|彼のもとに、|<コンカルノー=市長>からの|慌ただしい|電話が|かかってきたのだ。




Et il était arrivé dans cette ville en compagnie de Leroy, un inspecteur avec qui il n’avait pas encore travaillé.
La tempête n’avait pas cessé. Certaines bourrasques faisaient crever sur la ville de gros nuages qui tombaient en pluie glacée. Aucun bateau ne sortait du port et on parlait d’un vapeur en difficulté au large des Glénan.
そして、|彼は、|まだ|一緒に|仕事を|したことのない|警部補|<ルロワ>|と|ともに、|この|町に|到着|していた。||嵐は|まだ|やんでいなかった。||突風が|ときどき|吹き荒れ、|町の|上で|厚い|雲が|崩れ落ち、|冷たい|雨を|降らせていた。||どの|船も、|港を|出ることはなく、|<グレナン沖>で|蒸気船が|遭難|しているという|噂が|広まっていた。
Maigret s’installa naturellement à l’Hôtel de l’Amiral, qui est le meilleur de la ville.
Il était cinq heures de l’après-midi et la nuit venait de tomber quand il pénétra dans le café, une longue salle assez morne, au plancher gris semé de sciure de bois, aux tables de marbre, qu’attristent encore les vitraux verts des fenêtres.
メグレは、|もちろん|町で|いちばんの|宿〈ラミラール・ホテル〉に、|落ち着いた。||午後|五時、|夜の|帳が|降りたばかりの|ころ、|彼は|カフェへ|入っていった。||そこは、|やや|陰気な|細長い|部屋で、|灰色の|床には|おがくずが|撒かれ、|大理石の|テーブルが|並び、|窓の|緑色の|ステンドグラスが、|いっそう|物寂しさを|漂わせていた。

Plusieurs tables étaient occupées. Mais, au premier coup d’œil, on reconnaissait celle des habitués, les clients sérieux, dont les autres essayaient d’entendre la conversation.
いくつかの|テーブルには|客が|座っていた。
だが、|ひと目で|常連客の|テーブルが|わかった。||そこでは、|真面目そうな|客たちが|話しこんでおり、|まわりの|客は、|その|会話を|聞き取ろうと|耳を|そばだてていた。
Quelqu’un se leva, d’ailleurs, à cette table, un homme au visage poupin, à l’œil rond, à la lèvre souriante.
その|テーブルの|ひとりが|立ち上がった。
丸顔で、|目の丸い、|口もとに|笑みを|浮かべた|男だった。


― Commissaire Maigret ?… Mon bon ami le maire m’a annoncé votre arrivée… J’ai souvent entendu parler de vous… Permettez que je me présente… Jean Servières.. Hum !.… Vous êtes de Paris, n’est-ce pas ?.. Moi aussi !.. J’ai été longtemps directeur de la Vache-Rousse, à Montmartre… J’ai collaboré au Petit Parisien, à Excelsior, à la Dépêche. J’ai connu intimement un de vos chefs, ce brave Bertrand, qui a pris sa retraite l’an dernier pour aller planter ses choux dans la Nièvre. Et j’ai fait comme lui !.… Je suis pour ainsi dire retiré de la vie publique… Je collabore, pour m’amuser, au Phare de Brest…
「<メグレ警部>ですね?||市長の|親しい|友人として、|あなたの|ご到着を|うかがっております。||お噂は|かねがね。||自己紹介を|させてください。<ジャン・セルヴィエール>と|申します。||ふむ、|あなたも|パリの|ご出身ですね?||私も|同じくです。||モンマルトルの|〈ヴァシュ・ルース〉で|長年、|編集|部長を|しておりまして、|<プティ・パリジアン>|<エクセルシオール>|<ラ・デペーシュ>にも|寄稿|しておりました。||あなたの|上司の|ひとりかと|思いますが、|あの|親切な|ベルトラン|さんには|お世話に|なりましたよ。||あの方は|昨年|引退して、|<ニエーヴル>で|静かに|田舎|暮らしを|始めたとか。||私も|同じような|ものでして、|公の場からは|身を引いて、|いまは<ファール・ド・ブレスト>に|気まぐれで|寄稿|しているんです」

Il sautillait, gesticulait.
— Venez donc, que je vous présente notre tablée… Le dernier carré de joyeux garçons de Concarneau… Voici Le Pommeret, impénitent coureur de filles, rentier de son état et vice-consul de Danemark…
彼の|話は|目まぐるしく|変わり、|身振り手振りを|交えながら|話をした。
「さあ、|こちらへ!|うちの|連中を|ご紹介しますよ。||コンカルノーに|残る|最後の|陽気な|男たちです。こちらは|<ル・ポムレ>|さん。||筋金入りの|女たらしで、|金利で|生活|しながら|デンマークの|副領事を|やってます」

L’homme qui se leva et tendit la main était en tenue de gentilhomme campagnard : culottes de cheval à carreaux, guêtres moulées, sans un grain de boue, cravate-plastron en piqué blanc. Il avait de jolies moustaches argentées, des cheveux bien lissés, un teint clair et des joues ornées de couperose.
立ち上がって|手を|差し出した|男は、|まるで|田舎|紳士の|ような|装いだった。
格子柄の|乗馬|ズボンに、|ぴたりとした|ゲートル。
泥|ひとつ|ついておらず、|白い|ピケ地の|クラヴァットを|きちんと|結んでいる。
銀色の|上品な|口ひげに、|整えられた|髪。
肌は|明るく、|頬には|ほんのりと|赤味が|さしていた。

— Enchanté, commissaire.
「お会いできて|光栄です、|警部さん」

Et Jean Servières continuait :
— Le docteur Michoux… Le fils de l’ancien député… Il n’est d’ailleurs médecin que sur le papier, car il n’a jamais pratiqué… Vous verrez qu’il finira par vous vendre du terrain. Il est propriétaire du plus beau lotissement de Concarneau et peut- être de Bretagne…
ジャン・セルヴィエールが|続ける。
「<ドクトル=ミシュー>です。|元代議士の|息子でしてね。||もっとも|医者|といっても|肩書きだけで、|診療|したことは|一度も|ありません。||そのうち、|あなたにも|土地を|売りつけようと|するでしょう。||彼は|コンカルノーで、|いや、|おそらく|<ブルターニュ>で|いちばん|高級な|分譲地の|持ち主|なんですよ」

Une main froide.
Un visage en lame de couteau, au nez de travers. Des cheveux roux déjà rares, bien que le docteur n’eût pas trente-cinq ans.
冷たい|手をしていた。||刃物の|ように|細い|顔。||鼻は|わずかに|ゆがみ、|ドクトルは|まだ|三十五歳にも|ならないというのに、|赤みがかった|髪は|すでに|薄く|なりはじめていた。

― Qu’est-ce que vous buvez ?…
「何か|お飲みに|なりますか?」

Pendant ce temps, l’inspecteur Leroy était allé prendre langue à la mairie et à la gendarmerie.
Il y avait dans l’atmosphère du café quelque chose de gris, de terne, sans qu’on püût préciser quoi.
Par une porte ouverte, on apercevait la salle à manger, où des serveuses en costume breton dressaient les tables pour le dîner.
そのころ、|ルロワ警部補は、|市役所と|憲兵隊に|出向き、|情報を|集めていた。||カフェの|空気には、|どこか|くすんだ|沈んだものが|漂っていた。||何が|そう|感じさせるのかは、|はっきりとは|言えない。||開け放たれた|ドアの|向こうには、|食堂が|見えた。||ブルターニュの|民族|衣装を|着た|店の女たちが、|夕食の|支度を|している。

Le regard de Maiïgret tomba sur un chien jaune, couché au pied de la caisse.
Il leva les yeux, aperçut une jupe noire, un tablier blanc, un visage sans grâce et pourtant si attachant que pendant la conversation qui suivit il ne cessa de l’observer.
Chaque fois qu’il détournait la tête, d’ailleurs, c’était la fille de salle qui rivait sur lui son regard fiévreux.
メグレは、|カウンターの|足元に|寝そべっている|黄色い|犬に|目を|止めた。||その|上に|目を|向けると、|黒い|スカートに|白い|エプロン、|そして|美しくは|ないが|なぜか|心が|惹きつけられる|顔が|あった。
その後の|会話の|あいだ、|メグレは|絶え間なく|その|顔を|見ていた。||そして|彼が|顔を|他へ|向けるたびに、|今度は|彼女の|方が、|落ち着かない|まなざしで、|じっと|彼を|見つめていた。

— Si ce pauvre Mostaguen, qui est le meilleur bougre de la terre, à cela près qu’il a une peur bleue de sa femme, n’avait failli y laisser la peau, je jurerais que c’est une farce de mauvais goût…
C’était Jean Servières qui parlait.
「あの|気のいい|モスタガン|がなあ。||この辺りじゃ|一番|いい奴で、|ただ|奥さんにだけは|めっぽう|弱いところが|あったが、|もし、|あいつが|もう少しで|命を|落としそうに|なっていなきゃ、|こんなの、|ただの|悪い|冗談|だとしか|思わんよ」
話していたのはジャン・セルヴィエール|だった。

Le Pommeret appelait familièrement :
— Emma !.….
ル・ポムレが|親しげに|呼びかける。
「エマ!」


Et la fille de salle s’avançait :
— Alors ?.. Qu’est-ce que vous prenez ?.….
店の|娘が|前に|出てきた。
「さて?||何に|いたしましょう?」
Il y avait des demis vides sur la table.
テーブルの|上には、|飲みかけの|グラスが|いくつも|並んでいた。

— C’est l’heure de lapéritif! remarqua le journaliste.
Autrement dit, l’heure du pernod… Des pernods, Emma… N’est- ce pas, commissaire ?.…
「アペリティフ||食前酒、|食事の|前に|軽く|飲む|お酒||の|時間だ!」と、|新聞|記者が|言った。
「つまり、|ペルノ||ハーブの|香りを|つけた|強い|お酒||の|時間って|ことさ。||エマ、|ペルノを|いくつか|頼むよ!||ねえ、|警部さんも|そう|思うでしょう?」
Le docteur Michoux regardait son bouton de manchette d’un air absorbé.
ドクトルミシューは、|ぼんやりとした|様子で|カフスボタンを|見つめていた。


— Qui aurait pu prévoir que Mostaguen s’arrêterait sur le seuil pour allumer son cigare ?
poursuivait la voix sonore de Servières. Personne, n’est-ce pas ?
Or, Le Pommeret et moi habitons de l’autre côté de la ville ! Nous ne passons pas devant la maison vide ! A cette heure-là, il n’y avait plus que nous trois à circuler dans les rues… Mostaguen n’est pas le type à avoir des ennemis… C’est ce qu’on appelle une bonne pâte. Un garçon dont toute l’ambition est d’avoir un jour la Légion d’honneur…
「いったい|誰が|予想|できたでしょう?||モスタゲンが、|葉巻に|火を|つけようとして、|あの|家の|入口で|立ち止まるなんて!」
セルヴィエールの|よく|通る|声が|続いた。
「そんなこと、|誰にも|わかりませんよね?||そうでしょう?||ル・ポムレと|私は|町の|反対側に|住んでるんです。||あの|空き家の|前を|通ること|なんて|ありません!||その|時間に|通りを|歩いていたのは、|私ら|三人だけ|だったんですよ。||モスタゲンは|敵を|つくるような|男じゃない。||いわゆる|“善良な|人間”って|やつです。|||望んでいること|といえば、|いつか|<レジオン・ドヌール勲章>を|もらうことぐらいですよ」

— L’opération a réussi ?..
「手術は|うまく|いったのかね?」

— Il s’en tirera.. Le plus drôle est que sa femme lui a fait une scène à l’hôpital, car elle est persuadée qu’il s’agit d’une histoire d’amour !… Vous voyez ça ?.. Le pauvre vieux n’aurait même pas osé caresser sa dactylo, par crainte des complications !
「助かりますよ。||いちばん|笑えるのはね、|奥さんが|病院で|大騒ぎ|したんです。||浮気が|原因だって|思い込んでるんですよ!||想像|できますか?||あの|気のいい|オヤジ、|自分の|タイピストに|ちょっと|優しく|あたることさえ、|面倒を|恐れて|絶対に|しないような|男なのに!」

— Double ration! dit Le Pommeret à la serveuse qui versait l’imitation d’absinthe. Apporte de la glace, Emma…
「ダブルにしてくれ!」と、ル・ポムレが|言った。
娘が、|<アブサン>|もどき||アブサンは、当時、フランスで|禁止|されていたので、|ペルノのこと||を|注いでいる|ところだった。
「氷も|持ってきてくれ、|エマ」
Des clients sortirent, car c’était l’heure du dîner. Une bourrasque pénétra par la porte ouverte, fit frémir les nappes de la salle à manger.
客たちが|何人か|出ていった。||ちょうど|夕食どき|だった。||開いた|ドアから|一瞬|突風が|吹き込み、|食堂の|テーブルクロスが|はためいた。

― Vous lirez le papier que j’ai écrit là-dessus et où je crois avoir étudié toutes les hypothèses.
Une seule est plausible : c’est que l’on se trouve en présence d’un fou…
Par exemple, nous qui connaissons toute la ville, nous ne voyons pas du tout qui pourrait avoir perdu la raison. Nous sommes ici chaque soir. Parfois le maire vient faire sa partie avec nous.
Ou bien Mostaguen.. Ou encore on va chercher, pour le bridge, l’horloger qui habite quelques maisons plus loin…
「この|件について、|私が|書いた|記事を|読んでみて|ください。||私は|あらゆる|仮説を|検討した|つもりですが、|考えられるのは|ひとつだけ、|犯人は|気が|ふれている|ということです。||たとえば、|私たちは|町の|人間を|みんな|知っていますが、|気がふれた|者|なんて|一人も|思い当たらない。||毎晩、|こうして|ここに|集まっているんです。||ときどき|市長も|やって来て、|私たちと|カードを|やります。||モスタゲンも|そうです。||それに|ブリッジの|人数が|足りないときは、|数軒|先に|住んでいる|時計|職人を|呼びに|行ったりも|するんですよ」

― Et le chien ?…
「あの犬は?」

Le journaliste esquissa un geste d’ignorance.
― Personne ne sait d’où il sort… On a cru un moment qu’il appartenait au caboteur arrivé hier… Le Sainte-Marie. Il paraît que non… Il y a bien un chien à bord, mais c’est un terre-neuve, tandis que je défie qui que ce soit de dire de quelle race est cette affreuse bête.
新聞記者は、|知らない|というように|肩を|すくめた。
「あの|犬が|どこから|来たのか、|誰にも|わからないんですよ。||最初はね、|昨日|入港した|沿岸船、<サント=マリー>の|連れかと|思ったんですが、|違うらしい。||たしかに|あの|船には|犬が|一匹|いますが、|それは|<ニューファンドランド犬>|なんです。||それに|比べて、|あの|気味の悪い|やつが|いったい|何の|種類なのか、|誰にも|わからないでしょう」
Tout en parlant, il saisit une carafe d’eau, en versa dans le verre de Maigret.
話しながら、|彼は|水差しを|手に|取り、|メグレの|グラスに|水を|注いだ。

— Il y a longtemps que la fille de salle est ici ? questionna le commissaire à mi-Voix.
「あの|店の|女は、|ここでは|長いのかね?」
メグレが|声を|ひそめて|たずねた。

— Des années…
「もう、|何年にも|なりますね」

— Elle n’est pas sortie, hier au soir ?
「あの女、|昨夜は|外に|出なかったか?」

― Elle n’a pas bougé… Elle attendait que nous partions pour se coucher…
Le Pommeret et moi, nous évoquions de vieux souvenirs, des souvenirs du bon temps, quand nous étions assez beaux pour nous offrir des femmes sans argent… Pas vrai, Le Pommeret ?..
Il ne dit rien! Lorsque vous le connaîtrez mieux, vous comprendrez que, du moment qu’il est question de femmes, il soit de taille à passer la nuit. Savez-vous comment nous appelons la maison qu’il habite en face de la halle aux poissons ?… La maison des turpitudes.. Hum !…
「彼女は|一歩も|動きませんでしたよ。
私らが|帰るのを|待って、|それから|寝るんです。||ル・ポムレと|私は、|昔の|思い出話を|していました。||金のない|若造でも|女を|口説けた、|あの|いい|時代の|ことをね。||なあ、|ル・ポムレ?||黙ってやがる!||ですがね、|彼のことを|もっと|知れば|わかりますよ。||女の|話となりゃ、|徹夜|するぐらいの|男なんです。||ところで|知ってますか?||魚市場の|向かいの|彼が|住んでる|家。||あれを|私ら|何て|呼んでると|思います?||『メゾン=破廉恥』って|いうんですよ。||ははは!」

— À votre santé, commissaire, fit, non sans une certaine gêne, celui dont on parlait.
「警部|さんの|健康を|祝して|乾杯」
少し|ばつが|悪そうに、|話題に|されていた|男、|ル・ポムレが|そう|言った。
Maigret remarqua au même instant que le docteur Michoux, qui avait à peine desserré les dents, se penchaïit pour regarder son verre en transparence. Son front était plissé. Son visage, naturellement décoloré, avait une expression saisissante d’inquiétude.
ちょうど|そのとき、|メグレは|気づいた。||
ほとんど|口をきこうと|しなかった|ドクトルミシューが、|身を|かがめて|グラスを|透かして|見ていた。||額には|深い|しわが|寄り、|もともと|血の気のない|顔に、|驚くほどの|不安の|色が|浮かんでいた。


— Un instant! lança-t-il soudain, après avoir longtemps hésité.
「ちょっと|待ってくれ!」
長いあいだ|ためらった|あとで、|彼は|突然|そう|言った。
Il approcha le verre de ses narines, y trempa un doigt qu’il frôla du bout de la langue. Servières éclata d’un gros rire.
彼は、|グラスを|鼻に|近づけ、|指先を|その|中に|ひたすと、|そのまま|舌の|先で|そっと|味を|みた。||セルヴィエールが、|腹の底から|大声で|笑いだした。

— Bon! Le voilà qui se laisse terroriser par l’histoire de Mostaguen.…
「やれやれ!||今度は|モスタゲンの|件で|びびっちまった|らしいぞ」

— Eh bien ? questionna Maigret.
「どういう|ことだね?」とメグレ。

— Je crois qu’il vaut mieux ne pas boire… Emma !… Va dire au pharmacien d’à côté d’accourir.. Même s’il est à table !.…
「たぶん、|飲まないほうが|いい。||エマ! 隣の|薬局へ|走って、|薬剤師を|呼んできてくれ!||食事中でも|かまわん、|すぐにだ!」
Cela jeta un froid.
La salle parut plus vide, plus morne encore.
Le Pommeret tirailla ses moustaches avec nervosité. Le journaliste lui-même s’agita sur sa chaise.
その場の|空気が|一気に|冷たくなった。||食堂は、|さっきより|いっそう|がらんとして、|いっそう|寂しくなったように|見えた。||ル・ポムレは、|落ち着かずに|口ひげを|いじり、|新聞|記者も、|いらだたしげに|椅子の|上で|ゴソゴソ|していた。

— Qu’est-ce que tu crois ?..
「あなたは|どう思いますか、|警部さん?」
Le docteur était sombre.
Il fixait toujours son verre. Il se leva et prit lui-même dans le placard la bouteille de pernod, la mania dans la lumière, et Maigret distingua deux ou trois petits grains blancs qui flottaient sur le liquide.
ドクトルの|顔は|暗かった。||彼は|まだ|グラスを|見つめていた。||やがて|立ち上がると、|自ら|戸棚から|ペルノーの|瓶を|取り出し、|光に|かざしてみた。||メグレの|目には、|液体の|中を|二、三粒の|白い|粒が|浮かんでいるのが|見えた。

— Ecoutez, Kervidon.. Il faut immédiatement nous analyser le contenu de cette bouteille et des verres…
「聞いてくれ、|ケルヴィドン。||この|瓶と|グラスの|中身を、|すぐに|分析|してほしい」

— Aujourd’hui ?
「今日中に?」

— À l’instant !.…
「いや、|今|すぐにだ!」

— Quelle réaction dois-je essayer ?.. Qu’est-ce que vous pensez ?.…
「どんな|反応を|試したら|いいんですか?||何を|考えているんです?……」
Jamais Maigret n’avait vu poindre aussi vite l’ombre pâle de la peur.
Quelques instants avaient suffi. Toute chaleur avait disparu des regards et la couperose semblait artificielle sur les joues de Le Pommeret.
La fille de salle s’était accoudée à la caisse et mouillait la mine d’un crayon pour aligner des chiffres dans un carnet recouvert de toile cirée noire.
メグレは、|これほど|早く|恐怖の|色が|人の|顔に|広がるのを、|これまでに|見たことが|なかった。||ほんの|数秒で|十分だった。||人々の|目から|輝きが|消え去り、|ル・ポムレの|頬に|浮かぶ|赤ら顔の|色さえ、|まるで|つくりものの|ように|見えた。||店の|女は|カウンターに|肘を|ついて、|鉛筆の|芯を|舐めながら、|黒い|油紙の|表紙の|帳面に|数字を|並べていた。

― Tu es fou !.… essaya de lancer Servières.
Cela sonna faux.
「気でも|狂ったのか!」と、セルヴィエールが|叫ぼうとした。
だが|その|声は|力が|なく、|そらぞらしい|だけだった。

Le pharmacien avait la bouteille dans une main, un verre dans l’autre.
薬剤師は、|片手に|瓶を、|もう|片手に|グラスを|持っていた。

― Strychnine… souffla le docteur.
「<ストリキニーネ>だ」
ドクトルが|小声で|呟いた。
Et il poussa l’autre dehors, revint, tête basse, le teint jaunâtre.
そして|彼は、|薬剤師を|外へ|追い出すと、|黄色く|くすんだ|顔を|したまま|うなだれて|戻ってきた。

― Qu’est-ce qui vous fait penser… commença Maigret.
「君が|そう|考えたのは|どういう?」と、|メグレが|言いかけた。

― Je ne sais pas. Un hasard… J’ai vu un grain de poudre blanche dans mon verre… L’odeur m’a paru bizarre…
「わかりません、|偶然です。||グラスの|中に|白い|粉の|粒を|ひとつ|見つけたんです。||それに、|匂いが|少し|変だったので」

― Autosuggestion collective !.. affirma le journaliste.
Que je raconte ça demain dans mon canard, et c’est la ruine de tous les bistrots du Finistère…
「集団的|自己暗示|という|やつですよ!」と|新聞|記者が|言い張った。
「そんな|話を、|私が|明日の|新聞に|書いたら|どうなると|思いますか?||ブルターニュの<フィニステール_県>じゅうの|<ビストロ>が|つぶれて|しまいますよ」

― Vous buvez toujours du pernod ?…
「君たちは、|いつも|ペルノーを|飲むのかい?」

― Tous les soirs avant le dîner… Emma est tellement habituée qu’elle apporte dès qu’elle constate que notre demi est vide. Nous avons nos petites habitudes. Le soir, c’est du calvados…
「ええ、|毎晩、|夕食の|前にね。||エマは|もう|すっかり|慣れていて、|私らの|ジョッキが|空になると|すぐ|持ってきて|くれる。||私らには、|そんな|決まった|習慣が|あるんですよ。||夜は|<カルヴァドス>||りんご酒を|蒸留した|ブランデー||ですけどね。
Maigret alla se camper devant l’armoire aux liqueurs, avisa une bouteille de calvados.
メグレは|リキュール|戸棚の|前に|どっしりと|立ち、|カルヴァドスの|瓶を|見つけた。


— Pas celui-là !.… Le flacon à grosse panse.….
「それでは|ありません!||胴の|ふくらんだ|瓶の|ほうです」
Il le prit, le mania devant la lumière, aperçut quelques grains de poudre blanche. Mais il ne dit rien. Ce n’était pas nécessaire. Les autres avaient compris.
彼は|その|瓶を|手に取り、|光に|かざしてみた。||白い|粉の|粒が|いくつか|見えた。
だが、|何も|言わなかった。||言うまでも|なかった。||ほかの|者たちにも、|すでに|わかっていたのだ。


L’inspecteur Leroy entrait, annonçait d’une voix indifférente :
— La gendarmerie n’a rien remarqué de suspect. Pas de rôdeurs dans le pays… On ne comprend pas…
ルロワ_警部補が|入ってきて、|関心|なさそうな|声で|報告した。
「憲兵隊の|ほうでは、|容疑者は|まったく|分かっていません。||村の|中には|不審者は|いないそうです。||どうにも|理解|できませんね」
Il s’étonna du silence qui régnait, de l’angoisse compacte qui prenait à la gorge.
De la fumée de tabac s’étirait autour des lampes électriques. Le billard montrait son drap verdâtre comme un gazon pelé. Il y avait des bouts de cigares par terre, ainsi que quelques crachats, dans la sciure.
彼は、|あたりを|とり囲む|静けさと、|不安で|喉を|締めつけるような|重苦しさに|驚いた。
煙草の|煙が、|電灯の|まわりに|ゆっくりと|たなびいている。||ビリヤード台の|くすんだ|緑色の|クロスは、|はげた|芝生のように|見えた。||床に|敷かれた|おがくずの|上には、|葉巻の|吸い殻が|散らばり、|所々に|唾が|吐かれている。

― … Sept et je retiens un… épelait Emma en mouillant la pointe de son crayon.
Et, levant la tête, elle criait à la cantonade :
― Je viens, madame !…
「七で、|繰り上がりが……」
エマは|鉛筆の|先を|舐めながら、|数字を|読み上げていた。||そして|顔を|上げ、|店の|奥に|向かって|叫んだ。
「はい、|ただいま|行きます、|マダム!」
Maigret bourrait sa pipe.
Le docteur Michoux fixait obstinément le sol et son nez paraissait plus de travers qu’auparavant.
Les souliers de Le Pommeret étaient luisants comme s’ils n’eussent jamais servi à marcher. Jean Servières haussait de temps en temps les épaules en discutant avec lui- même.
メグレは|パイプに|タバコ|を詰めていた。||ドクトル_ミシューは|頑なに|床を|見つめ、|鼻が|以前よりも|いっそう|曲がって|見えた。||ル・ポムレの|靴は、|まるで|一度も|歩いたことが|ないかのように|光っていた。||ジャン・セルヴィエールは|独り言を|つぶやきながら、|ときおり|肩を|すくめていた。
Tous les regards se tournèrent vers le pharmacien quand il revint avec la bouteille et un verre vide.
Il avait couru. Il était à court de souffle. A la porte, il donna un coup de pied dans le vide pour chasser quelque chose, grommela :
— Sale chien !.….
薬剤師が|瓶と|空の|グラスを|手に|戻ってくると、|みんなの|視線が|いっせいに|彼の|ほうを|向いた。||彼は|走ってきたのだ。||息が切れていた。||ドアの|ところで、|何かを|追い払うように|足蹴りの|真似をして、|ぶつぶつ|つぶやいた。

Et, à peine dans le café :
― C’est une plaisanterie, n’est-ce pas ? Personne n’a bu ?…
「うす汚ない|犬だな!」
そして、|カフェに|入るやいなや|言った。
「これは|冗談では|ないですよね?||誰も|飲んでいませんよね?」

― Eh bien ?.…
「それで?」

― De la strychnine, oui! On a dû la mettre dans la bouteille il y a une demi-heure à peine…
「ストリキニーネ|ですよ!||入れられたのは、|ほんの|30分ほど|前に|違いありません!」
Il regarda avec effroi les verres encore pleins, les cinq hommes silencieux.
彼は、|まだ|中身の|残っている|グラスと、|黙ったままの|五人の|男たちを、|怯えたような|目で|見つめた。

— Qu’est-ce que cela veut dire ?.. C’est inouï !.…. J’ai bien le droit de savoir !.. Cette nuit, un homme qu’on tue à côté de chez moi… Et aujourd’hui…
「これは|いったい|どういうこと|なんですか?||こんなことは、|前代|未聞だ!||知る|権利は|あるはずでしょう!||昨夜、|うちの|そばで|男が|殺されて、|そして|今日は!」
Maigret lui prit la bouteille des mains.
Emma revenait, indifférente, montrait au-dessus de la caisse son long visage aux yeux cernés, aux lèvres minces, ses cheveux mal peignés où le bonnet breton glissait toujours vers la gauche bien qu’elle le remit en place à chaque instant.
メグレは、|薬剤師の|手から|瓶を|取り上げた。||エマが|関心|なさそうに|戻ってきて、|カウンターから|顔を|のぞかせた。||長い|顔と|クマの|ある|目に|薄い|唇。||乱れた|髪には、|ブルターニュの|帽子が|いつも|左のほうへ|ずれていて、|彼女は|そのたびに|手で|直していた。

Le Pommeret allait et venait à grands pas en contemplant les reflets de ses chaussures. Jean Servières, immobile, fixait les verres et éclatait soudain, d’une voix qu’assourdissait un sanglot d’effroi :
ル・ポムレは、|自分の|靴の|光沢を|見つめながら、|大股で|行ったり来たり|していた。
ジャン・セルヴィエールは|身うごきせず、|グラスを|凝視|していたが、|恐怖に|押し殺された|声で|突然|叫んだ。

— Tonnerre de Dieu !.…
「なんてこった!」
Le docteur rentrait les épaules.
ドクトルは|肩を|すくめた。

