霧の港|第三章 食糧棚(対訳)

霧の港

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フラン語学習のための対訳版

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— Ouvrez, Julie !


Pas de réponse, mais le bruit d’un corps se jetant sur un lit.


— Ouvrez !


Rien! Alors Maigret donna un coup d’épaule dans le panneau, et les vis maintenant la serrure furent arrachées.


— Pourquoi n’avez-vous pas ouvert ?


Elle ne pleurait pas. Elle n’était pas agitée. Au contraire, couchée en chien de fusil, elle regardait droit devant elle, les prunelles immobiles. Lorsque le commissaire fut trop près, elle sauta du lit et se dirigea vers la porte.


— Laissez-moi ! articula-t-elle.


— Alors, remettez-moi le billet, Julie.


— Quel billet ?


Elle était agressive, croyant mieux cacher ainsi son mensonge.


— Le capitaine permettait que votre frère vint vous voir ?


Pas de réponse.


— Ce qui veut dire qu’il ne le permettait pas ! Votre frère venait quand même ! Il paraît qu’il serait venu dans la nuit de la disparition de Joris…


Un regard dur, presque haineux.


— Le Saint-Michel était dans le port. C’était donc naturel qu’il vous rendît visite. Une question. Quand il vient, il a l’habitude de manger, n’est-ce pas ?…


« Brute!» gronda-t-elle entre ses dents tandis qu’il poursuivait :

「開けろ、ジュリー!」


返事は|なかった。||だが、|体が|ベッドに|投げ出される|音が|した。


「開けろ!」


返事は|なかった!||そこで|メグレは|扉に|肩を|ぶつけた。||錠を|留めていた|ねじが|引き抜かれた。


「なぜ|開けなかった?」


彼女は|泣いていなかった。||動揺も|していなかった。||その反対に、|体を|丸めて|横たわり、|瞳を|動かさずに|まっすぐ|前を|見ていた。||警部が|近づきすぎると|思ったその時、|彼女は|ベッドから|跳ね起き、|扉のほうへ|向かった。


「放っておいて!」と|彼女は|はっきり|言った。


「それなら、|その手紙を|私に|渡せ、|ジュリー」


「どんな|手紙?」


彼女は|かみつくようだった。||そうすれば|嘘を|うまく|隠せると|思っていたのだ。


「船長は|お前の兄さんが|会いに|来るのを|許していたのか?」


返事は|なかった。


「つまり、|許していなかった|ということだな!||だが、|お前の兄さんは|それでも|来ていた!||ジョリスが|姿を|消した|夜にも|来ていたらしいな」


厳しい|視線。||ほとんど|憎しみに|近かった。


「ル・サン・ミシェルは|港に|いた。||だから、|兄さんが|お前を|訪ねるのは|自然なことだ。||一つ|聞く。||兄さんは|来ると、|何か|食べる|習慣が|あるんじゃないのか?」


「乱暴者!」と|彼女は|歯を食いしばって|言った。


そのあいだも|メグレは|続けた。

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— Il est entré ici hier pendant que vous étiez à Paris. Il ne vous a pas rencontrée et il vous a laissé un billet. Pour être sûr que vous le trouviez, et personne d’autre, il l’a placé dans le placard aux provisions… Donnez-moi ce papier.

— Je ne l’ai plus !

Maigret regarda la cheminée vide, la fenêtre fermée.

— Donnez-le-moi !


Elle était raidie non comme une femme intelligente, mais comme un enfant rageur. Au point que le commissaire, surprenant un de ses regards, grommela avec une pointe d’affection :


— Imbécile !


Le billet était simplement sous l’oreiller, à la place où Julie était couchée un instant plus tôt. Mais, au lieu de désarmer, la servante, obstinée, attaqua à nouveau, tenta d’arracher le feuillet des mains du commissaire que sa colère amusait.


— C’est tout ? menaça-t-il en lui maintenant les mains.


Et ïl lut ces lignes d’une mauvaise écriture, criblées de fautes :

Si tu reviens avec ton patron, fais bien attention à lui, car il y a des mauvaises gens qui lui en veulent. Je reviendrai dans deux ou trois jours avec le bateau. Ne cherche pas les côtelettes. Je les ai mangées. Ton frère pour la vie.

Maigret baissa la tête, si dérouté qu’il ne s’occupa plus de la jeune fille. Un quart d’heure plus tard, le capitaine du port lui disait que le Saint-Michel devait être à Fécamp, et que si les vents restaient nord-ouest il arriverait la nuit suivante.


— Vous connaissez la position de tous les bateaux ?


Et Maigret, troublé, regarda la mer qui scintillait, marquée, très loin, d’une seule fumée.


— Les ports sont reliés entre eux. Tenez ! voici la liste des navires attendus aujourd’hui.


Il montra au commissaire un tableau noir appliqué au mur du bureau du port, et des noms écrits à la craie.

「兄さんは|昨日、|あんたが|パリに|行っているあいだに|ここへ|来ていた。||あんたには|会えなかったので、|書き置きを|残していた。||あんただけが|見つけて、|ほかの誰にも|見つからないように、|食糧棚の中に|入れておいたんだ。||その紙を|渡せ」


「もう|持っていません」


メグレは|空の|暖炉と、|閉まった|窓を|見た。


「渡すんだ!」


彼女は|賢い女のようにでは|なく、|怒った子どものように|固くなっていた。||そのため、|警部は、|彼女の|一つの視線を|見てとると、|少し|情のこもった|声で|つぶやいた。


「ばかだな!」


書き置きは、|ついさっきまで|ジュリーが|横になっていた場所、|枕の下に|ただ|置いてあった。||しかし、|その女中は|おとなしくなるどころか、|意地を張り、|また|向かってきて、|警部の手から|紙片を|奪い取ろうとした。||警部は|その怒りを|おもしろがっていた。

紙は|ただ|枕の下に|あっただけで、|少し前に|ジュリーが|横になっていた|場所だった。||しかし|頑固な|その女中は|降参するどころか|また|攻撃に出て、|彼女が|怒るのを|面白がっている|警部の手から|その紙切れを|奪おうとろうとしていた。


「それで|終わりか?」と、|彼女の|両手を|押さえながら|おどすように|言った。


そして、|まちがいだらけの|下手な文字で|書かれた|その文章を|読んだ。

おまえが|ご主人と|戻ってきたら、|ご主人に|よく|気をつけろ。||ご主人を|ねらっている|悪い連中が|いる。||二日か|三日したら、|船で|また|戻る。||骨付き肉は|探すな。||俺が|食った。||一生、|おまえの|兄さんだ。

メグレは|うつむいた。||あまりに|思いがけなかったので、|これ以上|娘に|関わるのは|やめた。||十五分後、|港湾長は|メグレに、|ル・サン・ミシェルは|フェカンに|いるはずで、|北西の風が|続けば、|次の夜には|着くだろうと|言っていた。


「あんたは|すべての|船の|位置を|知っているのか?」


メグレは|混乱していた。||きらめく|海を|眺めた。||その|はるか遠くに、|一本の煙だけが|見えていた。


「港どうしは|連絡を|取り合っています。||ほら、|これが|今日|入る予定の|船の|一覧です」


彼は|港の事務所の|壁に|掛けられた|黒板を見せた。||そこには|チョークで|船の名前が|書かれていた。

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— Vous avez découvert quelque chose ?.. Ne vous fiez pas trop à ce qu’on raconte… Même les gens sérieux !… Si vous saviez ce qu’il peut y avoir de petites jalousies dans le pays !.…


Et M. Delcourt saluait de la main le capitaine d’un cargo qui s’éloignait, soupirait en regardant la buvette :


— Vous verrez !


À trois heures, la descente du Parquet était terminée et une dizaine de messieurs sortaient de la maison de Joris, poussaient la petite grille verte, se dirigeaient vers les quatre voitures qui attendaient, entourées de curieux.


— Il doit y avoir du canard en quantité ! disait le substitut à M. Grandmaison en observant les terrains d’alentour.


— L’année est mauvaise. Mais l’an dernier.

Il se précipita vers la première voiture qui démarraïit.


— Vous vous arrêtez un moment chez moi, n’est-ce pas ? Ma femme nous attend…


Maigret restait le dernier et le maire, juste assez engageant pour être poli, lui dit :


— Montez avec nous. Vous devez en être, naturellement…


Il ne restait que Julie et deux femmes dans la petite maison du capitaine Joris, et le garde champêtre, à la porte, pour attendre le fourgon mortuaire qui emmènerait le corps à Caen.


Déjà, dans les autos, cela ressemblait à certains retours d’enterrement qui, entre bons vivants, finissent le plus gaiement du monde. Le maire expliquait au substitut, tandis que Maigret était mal assis sur le strapontin :


— Si cela ne tenait qu’à moi, je vivrais ici toute l’année. Mais ma femme aime moins la campagne. Si bien que nous vivons surtout dans notre maison de Caen. Pour le moment, ma femme revient de Juan-les-Pins, où elle est restée un mois avec les enfants.


— Quel âge a l’aîné, maintenant ?


— Quinze ans…


Les gens de l’écluse regardaient passer les voitures. Et tout de suite, sur la route de Lion-sur-Mer, ce fut la villa du maire, une grosse villa normande, aux pelouses entourées de barrières blanches et semées d’animaux en porcelaine.

「何か|見つかりましたか?||人の|言うことを|あまり|信じすぎない方が|いいですよ。||信頼できる|人間でも!||この土地に|どれほど|つまらない|ねたみが|あるか、|あなたが|知ったら!」


そう言いながら、|デルクールは|遠ざかっていく|貨物船の|船長に|手をあげて|あいさつし、|酒場のほうを|見ながら|ため息を|ついた。


「そのうち|わかりますよ!」


三時には、|検察の|現場検証が|終わり、|十人ほどの|男たちが|ジョリスの家から|出てきた。||小さな|緑の門を|押し開け、|見物人に|囲まれて|待っている|四台の|車のほうへ|向かった。


「鴨は|かなり|いるでしょうな」と、|検事補が|あたりの|土地を|見ながら、|グランメゾンに|言った。


「今年は|だめです。||しかし|去年は」


彼は|走り出そうとしている|一台目の|車のほうへ|駆け寄った。


「少し|うちへ|寄っていかれますよね?||妻が|待っています」


メグレは|最後に|残っていた。||村長は、|礼儀として|ちょうどいいくらいの|態度で|彼に|言った。


「一緒に|乗ってください。||もちろん、|あなたも|来られるでしょうから」


ジョリス船長の|小さな|家には、|もう|ジュリーと|二人の|女だけが|残っていた。||戸口には|村の巡査が|立ち、|遺体を|カーンへ|運ぶ|霊柩車を|待っていた。

すでに|車の|中では、|それは|ある種の|葬式帰りに|似ていた。||気の合う|陽気な|人々の|あいだでは、|しまいには|この上なく|にぎやかに|終わる|あの|葬式帰りである。||メグレが|補助席に|座り心地悪く|座っているあいだ、|村長は|検事補に|話していた。


「私だけなら、|一年中|ここで|暮らしたいのですが。||ところが|妻は|田舎を|それほど|好みません。||そんなわけで、|私たちは|主に|カーンの|家で|暮らしています。||今のところ、|妻は|子供たちと|一か月|滞在していた|ジュアン・レ・パン1から|戻ってきてます」


「上の|お子さんは、|今|おいくつですか?」


「十五です」


水門の|人々が、|通り過ぎる|車を|見送っていた。||そして|リオン=シュル=メール2街道に|出ると、|すぐに|村長の|別荘が|見えた。||大きな|ノルマンディー風3の|別荘で、|芝生は|白い|柵に|囲まれ、|磁器製の|動物たちが|ところどころに|置かれていた。

33


Dans le vestibule, Mme Grandmaison, en robe de soie sombre, recevait ses invités avec un sourire très réservé, très femme du monde. La porte du salon était ouverte. Des cigares étaient prêts, ainsi que des liqueurs, sur la table du fumoir.

Tous se connaissaient. C’était un petit monde de Caen qui se retrouvait. Une domestique en tablier blanc prenait les manteaux et les chapeaux.


— Vraiment, monsieur le juge, vous n’étiez jamais venu à Ouistreham et vous habitez Caen depuis tant d’années ?


— Douze ans, chère madame… Tiens ! mademoiselle Gisèle.

Une gamine de quatorze ans, déjà très jeune fille, surtout par le maintien, très grande bourgeoise, comme sa mère, venait s’incliner devant les invités. Cependant, on oubliait de présenter Maigret à la maîtresse de maison.


— Je suppose qu’après ce que vous venez de voir vous préférez des liqueurs à une tasse de thé… Un peu de fine, monsieur le substitut? Madame est toujours à Fontainebleau ?.…


On parlait de plusieurs côtés à la fois. Maigret attrapait au vol des bribes de phrases.


— Non !… Dix canards en une nuit, c’est un maximum… Je vous jure qu’il ne fait pas froid du tout… Le gabion est chauffé…


Et ailleurs :
— … souffrent beaucoup de la crise du fret ?


— Cela dépend des compagnies. Ici, on ne s’en ressent guère. Aucun bateau n’a été désarmé. Mais les petits armateurs, surtout ceux qui n’ont que des goélettes armées au cabotage, commencent à tirer la langue. On peut dire qu’en principe toutes les goélettes sont à vendre, car elles ne font pas leurs frais.


— Non, madame, murmurait ailleurs le substitut. Il n’y a pas de quoi s’effrayer. Le mystère, si mystère il y a dans cette mort, sera vite découvert. N’est-ce pas, commissaire ?.. Mais… Vous a-t-on présenté… Le commissaire Maigret, un des chefs les plus éminents de la Police judiciaire.


Maigret était tout raide, le visage aussi peu avenant que possible. Il regarda drôlement la jeune Gisèle qui lui tendait avec un sourire une assiette de petits fours.

玄関ホールでは、|グランメゾン夫人が、|暗い色の|絹のドレスを|着て、|たいそう|控えめな、|いかにも|社交界の|女性らしい|笑みを浮かべて、|客たちを|迎えていた。||サロンの|扉は|開いていた4。||喫煙室の|テーブルには、|葉巻と|リキュールが|用意されていた。

みな|顔見知りだった。||カーンの|小さな|社交仲間が、|そこで|顔を|合わせていたのだ。||白い|エプロンを|つけた|女中が、|外套と|帽子を|受け取っていた。


「まあ、|判事さん、|そんなに|長く|カーンに|お住まいなのに、|ウイストラムへは|一度も|いらしたことが|なかったのですか?」


「十二年です、|マダム。||おや、|マドモワゼル・ジゼル」


十四歳の|少女が、|もう|若い娘らしく、|とりわけ|身のこなしに|それが|表れていて、|母親と|同じく、|いかにも|大きな|ブルジョワの|家の|娘らしく、|客たちの|前へ|出てきて|お辞儀を|した。||そのあいだ、|メグレを|女主人に|紹介することは|忘れられていた。


「皆さん|今、|ご覧になって|来られたものの|後ですから、|お茶よりも|リキュールのほうが|よろしいでしょうね。||少し|フィーヌを、|検事補さん?||奥さまは|まだ|フォンテーヌブロー5に?」


あちこちで、|同時に|話が|交わされていた。||メグレは、|飛び交う|言葉の|切れ端を|耳で|拾っていた。


「いや!||一晩で|鴨が|十羽なら、|それが|限度ですよ。||寒くなんか|まったく|ありません。||隠れ小屋には|暖房が|入っていますから」


また|別のところでは、


「貨物運賃の|不況で、|ずいぶん|苦しいのでは?」


「会社に|よります。||ここでは、|ほとんど|影響を|受けていません。||休んでいる|船は|一隻も|ありませんよ。||ただ、|小さな|船主たち、|とくに|沿岸航路の|帆船しか|持っていない|者たちは、|そろそろ|苦しくなっています。||おそらく、|すべての|帆船が|売りに|出ていると|言っても|いいでしょう。||採算が|取れないのです」


また|別のところで、|検事補が|低い声で|言っていた。


「いいえ、|マダム、|怖がることは|ありません。||今回の|死の|謎は、|もし|謎が|あるとしても、|すぐに|解明されますよ。||そうでしょう、|警部?||しかし、|ご紹介は|済んでいましたかな。||メグレ警部です。||司法警察の|もっとも|すぐれた|責任者の|おひとりです」


メグレは|どっしりと|身構え、|できる限り|愛想のない|顔つきを|していた。||彼は、|プチフール6の|皿を|笑顔で|差し出してきた|若い|ジゼルを、|奇妙な|目で|眺めた。

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— Merci !


— Vraiment ? Vous n’aimez pas les gâteaux ?


— À votre santé !


— À la santé de notre aimable hôtesse !」


Le juge d’instruction, un grand maigre d’une cinquantaine d’années, qui voyait à peine malgré d’épais binocles, prit Maigret à part.


— Bien entendu, je vous donne carte blanche. Mais téléphonez-moi chaque soir pour me tenir au courant. Votre avis ? Un crime crapuleux, n’est-ce pas ?.….


Et, comme M. Grandmaison s’approchait, il poursuivit plus haut :


— Vous avez d’ailleurs de la chance de tomber sur un maire comme celui de Ouistreham, qui vous facilitera votre tâche… N’est-ce pas, cher ami ?.. Je disais au commissaire.


— S’il le désire, cette maison sera la sienne. Je suppose que vous êtes descendu à l’hôtel ?


— Oui ! Je vous remercie de votre invitation, mais, là-bas, je suis plus près du port…


— Et vous croyez que c’est à la buvette que vous trouverez quelque chose ?.. Attention, commissaire !… Vous ne connaissez pas Ouistreham !. Pensez à ce que peut être l’imagination de gens qui passent leur vie dans une buvette. Ils accuseraient père et mère rien que pour avoir une bonne histoire à raconter…


— Si on ne parlait plus de tout cela? proposa Mme Grandmaison avec un sourire engageant. Un gâteau, commissaire ?.. Vraiment ?.. Vous n’aimez pas les sucreries ?..


Deux fois ! C’était trop ! Et Maigret faillit, par protestation, tirer sa grosse pipe de sa poche.


— Vous permettez… Il faut que j’aille m’occuper de certains détails.


On n’essaya pas de le retenir et, somme toute, on ne tenait pas plus à sa présence qu’il ne tenait à être là. Dehors, il bourra sa pipe, marcha lentement vers le port. On le connaissait déjà. On savait qu’il avait trinqué avec le groupe de la buvette et on le saluait avec un rien de familiarité.

「ありがとう」


「本当に?||お菓子は|お好きでは|ありませんか?」


「ご健康を|祝して!」


「愛すべき|女主人の|ご健康を|祝して!」


予審判事は|五十歳前後の|背の高い|痩せた男で、|厚い|鼻眼鏡を|かけているのに|ほとんど|目が|見えていなかった。||彼は|メグレを|脇の方へ|連れていった。


「もちろん、|あなたには|自由に|やってもらいます。||ただし、|毎晩|電話をして、|様子を|知らせてください。||あなたの|お考えは?||金目当ての|犯罪でしょうな」


そこへ|グランメゾンが|近づいてきたので、|判事は|さらに|声を高くして|続けた。


「それに、|あなたは|幸運です。||ウイストラムの|村長のような方に|当たったのですからね。||きっと|あなたの仕事を|助けてくれますよ。||そうですよね、|ねえ、|村長?||いま|警部に|そう|申し上げた|ところです」


「お望みなら、|この家を|ご自分の家だと|思ってください。||ホテルに|お泊まりなんでしょう?」


「ええ!||お招きには|感謝するが、|あちらのほうが|港に|近いので」


「それで、|酒場で|何か|見つかると|お思いですか?||気をつけなさい、|警部さん!||あなたは|ウイストラムを|ご存じない。||一日中|酒場にいる|連中の|想像力が|どの程度か、|考えても|ごらんなさい。||面白い話を|一つ|でっちあげるためなら、|父親でも|母親でも|訴えかねません」


「もう、|その話は|やめませんこと?」と、|グランメゾン夫人が|人を誘うような|笑みを浮かべて|言った。
「お菓子を、|警部さん?||ほんとうに?||甘いものは|お好きでは|ないのかしら?」


二度目だ!||それは|やりすぎだった。||メグレは|抗議のつもりで、|危うく|大きなパイプを|ポケットから|取り出しそうになった。


「失礼する。||ちょっと|片づけなければ|ならないことが|あるので」


引き止める者は|いなかった。||要するに、|彼らも|メグレに|いてほしいとは|思わなかったし、|メグレのほうも|そこに|いたくはなかった。||外へ出ると、|彼は|パイプに|煙草を詰め、|ゆっくりと|港のほうへ|歩いていった。||もう|彼のことは|知られていた。||彼が|酒場の連中と|杯を交わしたことも|知られていて、|ほんの少しだけ|親しみを込めて|挨拶された。


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Comme il arrivait en vue du quai, la voiture qui emmenaiït le corps du capitaine Joris s’éloignait dans la direction de Caen et, derrière une fenêtre du rez-de-chaussée, on apercevait le visage de Julie que des femmes essayaient d’entraîner vers la cuisine.

Des gens étaient groupés autour d’une barque de pêche qui venait de rentrer et dont les deux marins triaient le poisson. Les douaniers, appuyés au parapet du pont, laissaient couler les lentes heures de garde.


— Je viens d’avoir confirmation de l’arrivée du Saint-Michel pour demain ! dit le capitaine en s’approchant de Maigret. Il est resté trois jours à Fécamp pour réparer son beaupré…


— Dites donc. Est-ce qu’il lui arrive de transporter de la rogue de morue ?.….

— De la rogue ?.. Non ! La rogue norvégienne arrive par des goélettes scandinaves ou par des petits vapeurs.


— Mais ils ne relâchent pas à Caen…

Ils déchargent directement dans les ports sardiniers, comme Concarneau, Les Sables-d’Olonne, Saint-Jean-de-Luz…


— Et de l’huile de phoque ?

Cette fois, le capitaine ouvrit des yeux ronds.


— Pour quoi faire ?


— Je ne sais pas…


— Non! Les caboteurs ont presque toujours les mêmes chargements : des légumes et surtout de l’oignon pour l’Angleterre, du charbon pour les ports bretons, de la pierre, du ciment, des ardoises… Au fait, je me suis renseigné près des éclusiers sur le dernier passage du Saint-Michel. Le 16 septembre, il est arrivé de Caen juste à la fin de la marée. On allait cesser le service. Joris a fait remarquer qu’il n’y avait pas assez d’eau dans le chenal pour prendre la mer, surtout par brouillard. Le patron a insisté pour franchir le sas quand même, afin de partir le lendemain à la première heure. Ils ont couché ici, tenez, dans l’avant-port, amarrés aux pilotis. À marée basse, ils étaient à sec. Ce n’est que vers neuf heures, le matin, qu’ils ont pu partir.


— Et le frère de Julie était à bord ?

メグレが|岸壁の|見えるところまで|来ると、|ジョリス船長の|遺体を|乗せた|車が|カーンの方へ|遠ざかっていき、|一階の|窓の|向こうには、|女たちが|台所へ|連れていこうと|している|ジュリーの|顔が|見えた。

戻ってきたばかりの|一艘の|漁船の|まわりに|人々が|集まっていた。||二人の|船乗りが|魚を|選り分けていた。||税関員たちは|橋の欄干に|もたれ、|ゆるやかな|見張りの|時間が|過ぎるに|まかせていた。


「ル・サン・ミシェルが|明日|着くという|確認が|取れましたよ」と|デルクール船長が|メグレに|近づきながら|言った。
「バウスプリット7を|直すために|フェカンに|三日|とどまっていたそうです」


「ところで、|そいつは|タラの卵を|運ぶことが|あるか」


「タラの卵ですか。||いいえ。||ノルウェー産の|タラの卵は、|スカンディナヴィアの|帆船か、|小さな|蒸気船で|入ってきます」


「だが、|そいつらは|カーンには|寄らないな」


彼らは|コンカルノー、|レ・サーブル=ドロンヌ、|サン=ジャン=ド=リュズみたいな|イワシ漁の|港へ|じかに|荷を|下ろすのだ。


「それから|アザラシの|油は?」


これには、|船長は|目を|丸くした。


「何に|使うんです?」


「知らん」


「いいえ!||沿岸船の|積み荷は|ほとんど|いつも|同じです。||イギリス行きの|野菜、|とくに|タマネギ、|ブルターニュの|港へ|運ぶ|石炭、|石、|セメント、|スレート。||そういえば、|ル・サン・ミシェルが|前回|通ったときのことを、|水門番に|聞いておきました。||九月十六日、|潮の|終わりぎわに|カーンから|着いたそうです。||もう|仕事を|切り上げるところでした。||ジョリスは、|水路に|海へ|出るだけの|水が|足りない、|とくに|霧の中では|無理だと|注意したそうです。||船長は、|とにかく|水門は|通してくれと|強く|言いました。||翌朝|いちばんに|出るためだと。||彼らは|この港で|夜を|明かしました。||ほら、|港の前の杭に|船を|つないで。||干潮のときは|船底が|ついていましたよ。||朝の|九時ごろに|なって、|やっと|出られたんです」


「ジュリーの兄さんは|乗っていたのか」

36


— Sans doute ! Ils ne sont que trois : le patron, qui est en même temps propriétaire du bateau, et deux hommes. Grand- Louis…


— C’est le nom du forçat ?


— Oui. On dit Grand-Louis, parce qu’il est plus grand que vous et capable de vous étrangler d’une seule main…


— Un mauvais bougre ?


— Si vous le demandez au maire, ou à un bourgeois de l’endroit, il vous répondra que oui. Moi, je ne l’ai pas connu avant qu’il aille au bagne. Il n’est pas souvent ici. Tout ce que je sais, c’est qu’il n’a jamais fait de bêtises à Ouistreham. Il boit, bien sûr… Ou plutôt… C’est difficile à savoir. Il a toujours une demi-cuite. Il va… Il vient… Il traîne la patte, tient les épaules et la tête de travers, ce qui ne lui donne pas l’air franc… N’empêche que le patron du Saint-Michel en est content…

— Il est venu hier ici, en l’absence de sa sœur.


Le capitaine Delcourt détourna la tête, n’osant pas nier. Et Maigret comprit, à ce moment, qu’on ne lui dirait jamais tout, qu’entre ces hommes de la mer il existait une sorte de franc- maçonnerie.


— Il n’y a pas que lui…


— Que voulez-vous dire ?


— Rien. J’ai entendu parler d’un étranger qu’on a vu rôder… Mais c’est vague…


— Qui l’a vu ?.….


— Je ne sais pas. On parle, comme ça. Vous ne prenez rien ?.….


Pour la seconde fois, Maigret s’installa à la buvette, où les mains se tendirent.


— Dites donc! Ils ont vite expédié leur besogne, les messieurs du Parquet…


— Qu’est-ce que vous buvez ?


— De la bière.


Le soleil ne s’était pas caché de la journée. Mais voilà que des écharpes de brume s’étiraient entre les arbres et que l’eau du canal commençait à fumer.


— Encore une nuit dans le coton ! soupira le capitaine.


Et, au même moment, on entendait la sirène hurler.

「おそらく!||乗っているのは|三人だけです。||船長、|つまり|船の|持ち主でもある|男と、|あとは|二人の|男。||グラン=ルイと|・・・」


「それが|例の|流刑帰りの|名前か?」


「そうです。||グラン=ルイと|言うのは、|あなたより|背が|高くて、|片手で|あなたを|絞め殺すことが|できるからです」


「たちの悪い|男か?」


「村長や、|地元の|ブルジョワに|聞けば、|そうだと|答えるでしょう。||私は、|あいつが|流罪に|なる前の|ことは|知りません。||ここへは|あまり|来ません。||私が|知っているのは、|ウイストルアムでは|一度も|ばかな|まねを|していないと|いうことだけです。||もちろん|酒は|飲みます。||いや、|むしろ|・・・、|そこは|よく|わかりません。||いつも|半分|酔っています。||行ったり、|来たりして|・・・。||足を|引きずって、|肩と|頭を|斜めに|しているので、|正直そうには|見えません。||それでも、|ル・サン=ミシェルの|船長は|あいつに|満足しています」


「昨日、|妹の|留守に、|ここへ|来ているな」


デルクール船長は|顔を|そむけ、|否定する|勇気が|なかった。||そのとき、|メグレには|わかった。||ここの|男たちは|決して|すべてを|話しはしない。||海の男たちの|あいだには、|ある種の|仲間意識が|あるのだ。


「そいつだけじゃ|ありません」


「どういう|意味だ?」


「何でも|ありません。||うろついている|外国人を|見たという|話を|聞きました。||でも、|はっきりとは|・・・」


「誰が|見た?」


「知りません。||そういう|話が|あるだけです。||何も|飲まないんですか?」


二度目の|酒場に|メグレは|腰を下ろした。||そこでは|あちこちから|握手を|求められた。


「それにしても!||検察の|お偉方は、|仕事を|片づけるのが|早かったな」


「何を|飲みます?」


「ビールだ」


一日じゅう|陽が|隠れることは|なかった。||だが、|いまは|霧が|木々の|あいだに|帯状に|伸び、|運河の|水面が|白く|煙りはじめていた。


「また、|綿の中で|一晩か!」と、|船長が|ため息を|ついた。


そして、|ちょうど|そのとき、|霧笛が|なるのが|聞こえた。

37


— C’est la bouée lumineuse, là-bas, à l’entrée de la passe.


— Le capitaine Joris allait souvent en Norvège ? demanda Maigret à brûle-pourpoint.


— Quand il naviguait pour l’Anglo-Normande, oui ! Surtout tout de suite après la guerre, parce qu’on manquait de bois. Du vilain chargement, qui ne laisse pas de place pour manœuvrer….


— Vous apparteniez à la même compagnie ?


— Pas longtemps. J’ai surtout navigué pour Worms, de Bordeaux. Je faisais le « tramway », comme on dit, c’est-à-dire toujours la même route: Bordeaux-Nantes et Nantes- Bordeaux… Pendant dix-huit ans !


— D’où sort Julie ?


— D’une famille de pêcheurs de Port-en-Bessin.. Si l’on peut dire des pêcheurs !… Lui n’a jamais fait grand-chose… Il est mort pendant la guerre… La mère doit toujours vendre du poisson dans les rues, et surtout boire du vin rouge dans les bistrots.

Maigret, pour la deuxième fois en pensant à Julie, eut un drôle de sourire. Il la revoyait arrivant dans son bureau, à Paris, bien nette dans son tailleur bleu, avec un petit air volontaire.

Puis le matin même, quand elle luttait si maladroitement, comme une petite fille, pour ne pas lui donner le billet de son frère.

La maison de Joris s’estompait déjà dans la brume. Il n’y avait plus de lumière au premier étage, d’où le cadavre avait disparu, ni dans la salle à manger ! Rien que dans le corridor et, sans doute, derrière, dans la cuisine, où les deux voisines tenaient compagnie à la jeune fille.

Les aides-éclusiers entraient à leur tour à la buvette, mais, sensibles aux nuances, allaient s’asseoir à une table du fond et entamaient une partie de dominos. Le phare s’alluma.


— Vous nous remettrez ça ! dit le capitaine en montrant les verres. C’est ma tournée !


Ce fut d’une voix étrangement feutrée que Maigret questionna :


— À cette heure-ci, si Joris vivait, où serait-il ? Ici ?..


— Non ! chez lui ! avec des pantoufles aux pieds !


— Dans la salle à manger ? Dans sa chambre ?

「あれは|ライトブイ8の|音です。||沖の|航路の|入り口に|あるんです」


「ジョリス船長は|よく|ノルウェーへ|行っていたのか?」と、|メグレは|だしぬけに|たずねた。


「アングロ=ノルマンディー=カンパニーで|船に|乗っていたころは、|そうです!||とくに|戦争の|すぐあとは。||木材が|足りませんでしたからね。||ひどい|積み荷です。||船の上で|仕事する|スペースが|なくなるので」


「あんたも|同じ|会社に|いたのか?」


「長くは|ありません。||私は|主に|ボルドーの|ヴォルムス9で|乗っていました。||いわゆる|『路面電車』です。||つまり、|いつも|同じ|航路、|ボルドーから|ナント、|ナントから|ボルドー。||十八年もです!」


「ジュリーは|どこの|生まれだ?」


「ポール=アン=ベッサン10の|漁師の|家です。||漁師と|言えるなら、|ですが。||父親は|ろくに|働いたことが|ありません。||戦争中に|死にました。||母親は|今でも|通りで|魚を|売っているはずです。||それから、|なにより|酒場で|赤ワインを|飲んでいるでしょう」


メグレは|ジュリーのことを|考えながら、|二度目の|妙な|笑みを|浮かべた。||パリの|自分の|部屋へ|やって来た|彼女の|姿が|目に|浮かんだ。||青い|スーツを|きちんと|着こなし、|少し|気の|強そうな|顔を|していた。

それから|その日の|朝、|兄からの|書き置きを|渡すまいとして、|小さな|女の子のように|不器用に|抵抗していた|姿も|思い出した。

ジョリスの|家は|もう|霧の|中に|かすみはじめていた。||遺体が|運び出された|二階にも、|食堂にも、|もう|明かりは|なかった。||明かりが|あるのは|廊下だけで、|おそらく|その奥の|台所では、|二人の|近所の|女たちが|若い娘に|付き添っているのだろう。

水門の|手伝いたちも|順に|酒場へ|入ってきたが、|場の|空気を|読む|者たちらしく、|奥の|テーブルに|腰を|下ろし、|ドミノを|始めた。||灯台に|明かりが|ともった。


「同じものを|もう一度|出してください」と、|船長は|グラスを|示して|言った。||「今度は|私の|おごりです」


メグレは|妙に|声を|抑えて|たずねた。


「この|時間に、|ジョリスが|生きていたら、|どこに|いる?||ここか?」


「いいえ。||家です。||足に|スリッパを|はいて」


「食堂か?||寝室か?」

38


— Dans la cuisine… à lire le journal, puis à lire un bouquin d’horticulture… Il lui était venu la passion des fleurs… Tenez ! malgré la saison son jardin en est encore plein.

Les autres riaient, mais ils étaient un peu gênés de n’avoir pas la passion des fleurs, de préférer le sempiternel bistrot.


— Il n’allait pas à la chasse ?


— Rarement… Quelquefois, quand on l’invitait…

、あ— Avec le maire ?


— C’est arrivé… Quand il y avait du canard, ils allaient ensemble au gabion…


La buvette était trop peu éclairée, au point qu’on voyait mal, à travers la fumée, les joueurs de dominos. Un gros poêle alourdissait l’atmosphère. Et dehors c’était presque l’obscurité, mais une obscurité rendue plus trouble et comme malsaine par le brouillard. La sirène hurlait toujours. La pipe de Maiïgret grésillait.

Et, renversé sur sa chaise, il fermait à demi les yeux, dans un effort pour assembler tous les éléments épars qui formaient une masse sans cohésion.


— Joris a disparu pendant six semaines et est revenu le crâne fendu et réparé ! dit-il sans savoir qu’il pensait tout haut.
» Le jour de son arrivée le poison l’attendait.
Et ce n’est que le lendemain que Julie avait trouvé dans le placard l’avertissement de son frère !


Maigret poussa un long soupir et murmura en guise de conclusion :


— En somme, on a essayé de le tuer ! Puis on l’a guéri ! Puis on l’a tué pour de bon ! À moins.

Car ces trois propositions n’allaient pas ensemble. Et une pensée baroque naïssait, si baroque qu’elle en était effrayante.

— À moins qu’on n’ait pas essayé de le tuer la première fois ? Qu’on n’ait voulu que lui enlever la raison !.….

Les médecins de Paris n’affirmaient-ils pas que l’opération n’avait pu être faite que par un grand chirurgien ?


Mais fend-on le crâne d’un homme pour lui voler sa raison ?


Et puis ! qu’est-ce qui prouvait que Joris l’avait vraiment perdue ?

「台所です。|新聞を|読んで、|それから|園芸の|本を|読んでいたでしょう。||花に|夢中に|なっていたんです。||ほら、|この季節なのに、|庭には|まだ|花が|いっぱいでしょう」


ほかの者たちは|笑っていたが、|花に|夢中に|なれず、|いつもの|酒場のほうを|好んでいることに、|少し|気まずそうだった。


「猟りには|行かなかったのか?」


「めったに。||たまに、|誘われたときだけです」


「村長と?」


「そういうことも|ありました。||カモが|出ると、|二人で|川べりの|隠れ小屋へ|行っていました」


酒場は|明かりが|あまりに|乏しく、|煙の|向こうの|ドミノで|遊ぶ|者たちも|よく|見えなかった。||大きな|ストーブが、|空気を|重苦しく|していた。||外は|もう|ほとんど|闇だったが、|霧のせいで|その闇は|いっそう|暗くなり、|危険なものに|見えた。||霧笛は|まだ|鳴り続けていた。||メグレの|パイプが|ぱちぱちと|音を|立てていた。

椅子に|もたれた|メグレは、|目を|半ば|閉じ、|ばらばらの|材料を|一つに|まとめようとしていた。||だが、|それらは|つながりのない|かたまりに|なっているだけだった。


「ジョリスは|六週間|姿を|消し、|頭を|割られて、|手当てされて|戻ってきた!」と、|彼は|自分が|声に|出していることに|気づかずに|言った。
「戻ってきた|その日に、|毒が|待っていた。||そして、|ジュリーが|戸棚の中で|兄からの|警告を|見つけたのは、|その翌日だった!」


メグレは|長く|息を|吐き、|結論のように|つぶやいた。


「つまり、|だれかが|あいつを|殺そうとした!||そのあとで|誰かが|それを|治した!||それから|今度こそ|本当に|殺した。||ただし」


この|三つは|どうにも|かみ合わなかった。||そして、|奇妙な|考えが|生まれかけていた。||あまりに|奇妙で、|ぞっとするほどだった。


「ただし、|最初は|殺そうとしたわけでは|なかったしたら?||正気を|奪おうと|しただけだったとしたら?」


パリの|医者たちは、|あの手術は|腕のいい|外科医でなければ|できなかったはずだと|断言|していなかったか。

しかし、|人の|正気を|奪うために、|頭蓋骨を|割るものだろうか。

それに!||ジョリスが|本当に|正気を|失っていたという|証拠が|どこにあるのか?

39


On regardait Maigret en observant un silence respectueux. Il n’y eut qu’un geste du douanier pour signifier à la serveuse :

— La même chose…

t chacun était enfoncé dans son coin, dans l’atmosphère chaude, dans une rêverie moite que l’alcool rendait imprécise.

On entendit passer trois autos : le Parquet, qui regagnait Caen après la réception chez M. et Mme Grandmaison. À cette heure, le corps du capitaine Joris était déjà dans une armoire frigorifique de l’Institut médico-légal.

On ne parlait plus. Les dominos bougeaient sur la table dévernie, du côté des éclusiers. Et on sentait que le problème, peu à peu, s’était imposé à tous les esprits, qu’il pesait à tous, qu’il était là, presque palpable, en suspension dans l’air. Les visages se renfrognaient. Le plus jeune des douaniers, impressionné, se leva en balbutiant :

— Il est temps que j’aille retrouver ma femme.

Maigret tendit sa blague à son voisin, qui bourra une pipe et passa le tabac au suivant. Alors une voix, celle de Delcourt, s’éleva.
Il se levait à son tour pour échapper à cette ambiance écrasante qui s’était créée.

— Je vous dois combien, Marthe ?

— Les deux tournées ?.. Neuf soixante-quinze… Plus trois francs dix d’hier.

Tout le monde était debout. Un air humide pénétrait par la porte ouverte. Les mains se tendirent.

Dehors, chacun fonçait de son côté, dans le brouillard. On entendait résonner les pas et, par-dessus tout, vibrait la clameur de la sirène.

Maigret, immobile, resta un moment à écouter tous ces pas qui s’éloignaient en étoile autour de lui. Des pas lourds, avec des hésitations, des précipitations soudaines.…

Et il comprit que, sans qu’on pût dire comment cela s’était fait, la peur était née.

Ils avaient peur, tous ceux qui s’en allaient, peur de rien, de tout, d’un danger imprécis, d’une catastrophe insoupçonnable, de l’obscurité et des lumières.

— Si ce n’était pas fini ?.…

人々は|敬意込めた|沈黙を|守りながら、|メグレを|見つめていた。||税関員が|ウェイトレスに|合図|しただけだった。


「同じものを」


そして|それぞれが|自分の|片隅に|引きこもり、|暖かい|空気の中で、|酒のせいで|はっきりしない、|ダラダラした|物思いに|ふけっていた。

三台の|車が|通り過ぎる|音が|聞こえた。||グランメゾン夫妻の|家での|もてなしを|終え、|カーンへ|戻る|検察の|一行だった。||この|時刻には、|ジョリス船長の|遺体は|すでに|法医学研究所の|冷蔵保管庫に|入れられていた。

もう|誰も|話さなかった。||水門番たちの|側では、|塗りのはげた|テーブルの|上で|ドミノ牌が|動いていた。||そして|その問題が、|少しずつ、|全員の|心に|押し付けられて、|全員に|重く|のしかかり、|そこにあって、|ほとんど|手で|触れられるほど|空気の中に|漂っているのが|感じられた。||その|顔つきは|険しくなった。||いちばん|若い|税関員が、|気おされて、|口ごもりながら|立ち上がった。


「そろそろ|妻の|ところへ|帰らないと」


メグレは|隣の男に|煙草入れを|差し出した。||男は|パイプに|煙草を|詰め、|その煙草を|次の男へ|回した。||そのとき、|声が|上がった。||デルクールの|声だった。

彼も|また、|できあがってしまった|この|重苦しい|空気から|逃れるために|立ち上がっていた。


「いくら|払えばいい、|マルト?」


「二回分ですか?||九フラン七十五サンチーム。||それに|昨日の|三フラン十サンチームです」


みなが|立ち上がっていた。||開いた|扉から|湿った空気が|入りこんだ。||握手の手が|伸びた。

外へ出ると、|それぞれが|霧の中へ、|自分の|方向へ|突き進んでいった。||足音が|響くのが|聞こえ、|その上に、|霧笛の|響きが|震えていた。

メグレは|動かず、|しばらく|その|足音が|自分の|まわりから|放射状に|散るように|遠ざかっていくのを|聞いていた。||重い|足音。||ためらいを|含んだ|足音。||急に|早まる|足音。

そして|彼は|気づいた。||どうして|そうなったのかは|わからないが、|恐怖が|生まれていたのだ。

去っていく|者たちは|みな|恐れていた。||何も|ないものを、|すべてを、|漠然とした|危険を、|思いもよらない|災難を、|暗闇を、|灯りを|恐れていた。


「まだ|終わっていなかったら?」

40


Maigret secoua la cendre de sa pipe et boutonna son pardessus.

メグレは|パイプの|灰を|払い落とし、|外套の|ボタンを|かけた。

  1. ジュアン=レ=パン(Juan-les-Pins)はフランス南東部、コート・ダジュール(紺碧海岸)にある高級リゾート地です。ニースとカンヌの間に位置するアンティーブ半島の南端にあります。
    1920〜30年代には特にアメリカやヨーロッパの上流階級・芸術家たちが夏を過ごす場所として知られており、フィッツジェラルドやヘミングウェイなども訪れました。フランスの裕福なブルジョワ層にとっては夏の避暑地・海水浴地として定番の場所でした。
    つまりグランメゾン夫人が子供たちと一か月滞在していたというのは、村長の家庭が典型的な上流ブルジョワの生活スタイルを送っていることを示しています。ノルマンディーの小さな村に住みながら、夏はコート・ダジュールで過ごすという豊かな暮らしぶりです。
    ↩︎
  2. リオン=シュル=メール(Lion-sur-Mer)はウイストルアムのすぐ西隣にある小さな海辺の村です。
    ノルマンディー海岸沿いに並ぶ小さな海水浴の村の一つで、カーンから北へ約20キロに位置しています。ウイストルアムとは隣り合っており、海岸沿いの道で数キロしか離れていません。
    1930年代当時はパリやカーンの中産階級が夏に訪れる小さな海水浴地として知られていました。グランメゾン村長の別荘がこの村への道沿いにあるという設定は、ウイストルアムの港から少し離れた静かな海岸沿いの高台に豪邸を構えているということを示しています。
    また第二次世界大戦では1944年のノルマンディー上陸作戦の際に「ジュノー・ビーチ」の西端付近にあたり、激戦地となりました。
    ↩︎
  3. ノルマンディー様式の建物は、フランス北西部ノルマンディー地方に特有の建築スタイルです。
    最も特徴的なのは木骨造り(colombage)で、白い漆喰壁に黒や濃い茶色の木材の骨組みが露出した外観です。これはハーフティンバーとも呼ばれます。
    屋根は急勾配の切妻屋根が多く、石板や瓦で葺かれています。煙突が大きく目立つのも特徴の一つです。
    19世紀末から20世紀初頭にかけて、ノルマンディーの海岸沿いのリゾート地では「ヴィラ・ノルマンド」と呼ばれる様式が流行しました。これは伝統的な木骨造りの要素を取り入れながら、バルコニー、尖塔、装飾的な切妻などを加えたやや豪華で折衷的なスタイルです。
    この作品でグランメゾン村長の別荘が「grosse villa normande(大きなノルマンディー風別荘)」と描写されているのは、まさにこの19世紀末の海辺のリゾート別荘のスタイルで、白い柵に囲まれた芝生に陶磁器の動物の置物が並ぶという描写も合わせて、成金趣味のブルジョワ的な豪邸のイメージです。
    ↩︎
  4. フランスのブルジョワ家庭では、サロンは正式な来客を迎える最も格式高い部屋です。
    扉を開け放っておくことは「どうぞご覧ください」という歓迎と誇示の意味を持ち、葉巻やリキュールが用意されているのが一目でわかるようにという計算も込められています。
    つまりグランメゾン夫人の完璧なホステスぶりを示す細かい描写です。
    またシムノンの視点から見ると、この開いた扉はジョリスの死という悲劇とブルジョワの社交的な日常の対比を際立たせています。
    殺人事件の直後なのに葉巻とリキュールを用意して客を迎えるという、この階級の人々の無感覚さをさりげなく描いています。メグレがこの部屋で完全に無視され居心地が悪い場面とも相まって、自分がまったく異質な世界にいることを感じさせます。
    ↩︎
  5. フォンテーヌブロー(Fontainebleau)はパリの南東約60キロに位置する町で、フランス王室の狩猟の地として栄えた歴史的な場所です。
    最も有名なのはフォンテーヌブロー宮殿で、フランソワ一世以来の歴代国王が愛した宮殿であり、ヴェルサイユ宮殿と並ぶフランスを代表する王宮です。周囲には広大な森が広がり、かつては王室の狩猟場として使われていました。
    1930年代当時は、パリの上流ブルジョワや芸術家たちが好む高級避暑地・別荘地として知られていました。森の空気と宮殿の格調が漂う町で、パリから気軽に行けることもあり、週末や夏を過ごす場所として人気がありました。
    検事補がグランメゾン夫人に「奥様はまだフォンテーヌブローに?」と聞いているのは、検察庁のカーンの社交界では互いの別荘の行き先まで知り合いという狭い上流社会の雰囲気をよく表しています。
    ↩︎
  6. プチフール「petits fours」は小さな一口サイズの焼き菓子・小菓子のことです。
    フランス語で「petit」は「小さい」、「four」は「オーブン」という意味で、「小さなオーブンで焼いた菓子」が語源です。
    具体的にはマカロン、小さなタルト、チョコレートがけの菓子、アーモンド菓子など、一口で食べられる上品な小菓子の総称です。
    フランスのブルジョワ家庭では客を迎える際にお茶やリキュールと一緒に出すのが慣習で、女主人の品格と気遣いを示すものでした。
    この場面でジゼルがメグレに小菓子の皿を差し出し、メグレが「結構です」と断ると「本当ですか?お菓子がお嫌いなんですか?」と聞き返されます。そして二度も勧められたことでメグレはパイプを取り出しそうになるほど苛立ちます。
    甘い菓子を勧められて断るという場違いなメグレの頑固さと、礼儀正しく勧め続けるブルジョワ社交界の作法の対比が滑稽でもあります。
    ↩︎
  7. バウスプリット(beaupré)は帆船の船首から斜め前方に突き出した斜めの帆柱のことです。
    船の先端から前方に向かって斜めに伸びており、そこにジブ帆やフォアステイスルなどの三角形の帆を張るための重要な構造物です。船のバランスと操縦性に大きく関わる部品で、破損すると航行に支障をきたします。
    サン=ミシェル号がフェカンで三日間修理していたのがこのバウスプリットで、帆船にとって壊れると航海できなくなるほど重要な部品だったことがわかります。
    日本語では「斜檣(しゃしょう)」という専門用語もありますが、一般には「船首の斜め帆柱」や単純に「帆柱」と説明する方がわかりやすいでしょう。
    ↩︎
  8. ライトブイ(灯浮標:とうふひょう)は海上に浮かべたブイ(浮き標識)に灯火と音響装置を取り付けたものです。
    航路の入り口や危険な岩礁・浅瀬のそばに設置され、船に安全な航路を知らせる役割を果たします。霧の中では目視できないため、光と霧笛の音で船乗りに位置を知らせます。
    この作品では霧笛の音がウイストルアムの夜通し響いていましたが、それがこのライトブイから出ていた音だったということです。第一章でメグレが「霧笛は一晩中鳴るのか」とぼやいていた場面とつながります。 ↩︎
  9. ウォルムス社(Worms et Cie)はボルドーに本拠を置くフランスの大手海運・金融会社です。
    19世紀から20世紀にかけて、海運業(貨物船の運航)、石炭取引、銀行業、保険業、など幅広く手がけた複合企業で、フランスの海運業界では非常に有力な会社でした。
    デルクールが「ウォルムス社でボルドー=ナント航路を十八年間」と言っているのは、大手会社の定期航路の船員として長年働いたということです。グランメゾンの小さな地方会社とは規模が違う、全国規模の海運会社です。
    デルクールがこれを誇りを持って語っているのは、大手の定期航路で長年キャリアを積んだという職業的な自負の表れでもあります。「路面電車」という言葉も、同じ路線を何度も往復するという定期航路の船乗りの自虐的なユーモアが込められています。
    ↩︎
  10. ポール=アン=ベッサン(Port-en-Bessin)はフランス北西部、ノルマンディー地方カルヴァドス県にある小さな漁港町です。
    ウイストルアムから西へ約30キロの海岸沿いに位置しており、同じノルマンディー海岸に面しています。
    1930年代当時は小規模な漁業の町で、沿岸漁業で生計を立てる漁師たちが暮らす質素な港町でした。ウイストルアムと同様に霧と海風に晒された土地です。
    第二次世界大戦では1944年のノルマンディー上陸作戦の際に「ゴールド・ビーチ」と「オマハ・ビーチ」の境界付近にあたり、激戦地となりました。
    この作品でジュリーの出身地として登場することは、彼女が同じノルマンディー海岸の貧しい漁師の家の出であることを示しています。ウイストルアムとは同じ海岸沿いの土地柄で、海と霧と貧しさという共通の背景を持っています。デルクールが「漁師といえるかどうか」と言っているのは、父親がまともに働かない怠け者だったということを示しています。
    ↩︎