霧の港|第九章 沈黙する人々(対訳)

霧の港

La conjuration du silence

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Julie s’expliquait, en phrases hachées.


— J’étais toute seule à la maison… J’avais peur… Je m’étais couchée sans me déshabiller.. On a frappé de grands coups à la porte. C’était Lannec, le capitaine de mon frère…


— Le Saint-Michel est arrivé ?


— Il était dans l’écluse quand je suis venue… Lannec voulait voir mon frère tout de suite… Il paraît qu’ils sont pressés de partir. Je lui ai dit que Louis n’était pas seulement venu à la maison. Et c’est lui qui m’a inquiétée, en grommelant des choses que je n’ai pas comprises.


— Pourquoi êtes-vous venue ici ? questionna Maigret.


— J’ai demandé si Louis courait un danger… Lannec m’a dit que oui, qu’il était peut-être déjà trop tard.
— Alors, je me suis informée, au port, et on m’a dit que vous étiez là…


Grand-Louis regardait par terre d’un air ennuyé, haussait les épaules comme pour signifier que les femmes s’affolent pour rien.


— Vous courez un danger ? demanda Maigret en cherchant son regard.


Et l’autre de rire. Un gros rire, beaucoup plus idiot que son rire habituel.


— Pourquoi Lannec s’est-il inquiété ?


— Est-ce que je sais ?


Et, faisant le tour de l’assemblée, Maigret articula pensivement, avec une pointe de rancœur :

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ジュリーは、|言葉を|切れ切れに|しながら、|事情を|話していた。


「わたし、|家に|一人きりで……|怖くて……|服も|脱がずに|寝ていたんです……|すると、|戸を|激しく|たたく音がして……|兄の|船長の|ラネックでした……」


「サン=ミシェル号が|着いたのか?」


「わたしが|来たときには、|閘門の中に|いました。||ラネックは、|すぐに|兄に|会いたがっていました……|急いで|出航しなければならないそうです……|わたしは、|ルイは|家にも|来ていないと|言いました……|すると、|ラネックが|よく分からないことを|ぶつぶつ言って、|わたしを|不安にさせたんです」


「なぜ、|ここへ|来たんだ?」と、|メグレが|尋ねた。


「ルイが|危険な目に|あっていると|聞きました……|ラネックは、|そうだ、|もう手遅れかもしれないと|言いました。||それで、|港で|尋ねてみたら、|あなたが|ここにいると|教えられたんです……」


グラン=ルイは、|うんざりしたように|床を|見つめ、|女は|何でもないことで|騒ぎ立てると|言いたげに、|肩を|すくめていた。


「お前、|危険な目に|あっているのか?」と、|メグレは|その視線を|探りながら|尋ねた。


すると、|グラン=ルイは|笑った。||いつもの笑いよりも、|ずっと|馬鹿馬鹿しい、|大きな|笑い声だった。


「なぜ、|ラネックは|心配したんだ?」


「俺が|知っているのか?」


メグレは、|その場に|いる|人々を|見回し、|少し|恨みがましい|調子で、|考えこむように|言った。

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— En somme, vous ne savez rien ! Et tout le monde est dans le même cas ! Vous, monsieur le maire, vous ne connaissez pas M. Martineau et vous ignorez pourquoi Grand-Louis, reçu chez vous comme un ami, jouant aux dames avec vous et mangeant à votre table, se met soudain à vous marteler le visage de coups de poing…


Pas de réponse.


— Que dis-je ? Vous acceptez ce traitement, qui vous semble naturel ! Vous ne vous défendez pas ! Vous refusez de porter plainte ! Vous évitez même de mettre Grand-Louis à la porte…


Et, à Grand-Louis :
— Vous, vous ne savez rien non plus ! Vous couchez à bord de la drague, maïs vous ignorez qui est avec vous à bord… Vous êtes reçu ici et vous payez votre hospitalité par des raclées magistrales que vous offrez au maître de maison… Vous n’avez jamais vu M. Martineau…


Pas un tressaillement. Rien que des visages butés, des regards fixés au tapis.


— Et vous, monsieur Martineau, vous n’en savez pas davantage. Est-ce que vous savez seulement par quel moyen vous êtes venu de Norvège en France ?.. Non !.. Vous préférez une couchette à bord de la drague abandonnée à un lit d’hôtel… Vous partez à vélo, achetez une auto pour aller à Paris… Mais vous ne savez rien ! Vous ne connaissez pas M. Grandmaison, ni Louis, ni le capitaine Joris… Et, naturellement, Julie, vous en savez encore moins que les autres…


Il regarda Lucas d’un air découragé. Lucas comprit. On ne pouvait songer à arrêter tout le monde. Contre chacun on pouvait relever des bizarreries, des mensonges ou des contradictions.


Mais pas une charge, à proprement parler !


L’horloge marquaït onze heures du soir. Maigret vida sa pipe dans le foyer et reprit de sa voix bougonne :


— Je me vois obligé de vous prier, tous, de vous tenir à la disposition de la justice. J’aurai certainement des renseignements à vous demander à nouveau, en dépit de votre ignorance… Je suppose, monsieur le maire, que vous n’avez pas l’intention de quitter Ouistreham ?

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「つまり、|お前は|何も|知らない!||そして、|みんな|同じだ!||村長、|あんたは|マルティーノを|知らない。||それに、|グラン=ルイを|友だちとして|家に|迎え入れ、|あんたと|チェッカーで|遊び、|あんたの|食卓で|食事までしていた。||その|グラン=ルイが、|どうして|突然、|あんたの|顔を|こぶしで|めった打ちに|したのかも|分からない|・・・」


返事は|なかった。


「それどころか、|あんたは|そんなことを|されても|当然みたいに|受け入れている!||身を|守ろうともしない!||訴えることも|拒む!||グラン=ルイを|この家から|追い出そうとさえ|しない|・・・」


そして、|グラン=ルイに|向かって|言った。


「お前も、|やっぱり|何も|知らない!||浚渫船で|寝ている。||だが、|その船に|いっしょにいるのが|誰かも|知らない……。||ここへ|迎えられて|おきながら、|そのもてなしの|お返しに、|家の主人を|さんざん|ぶちのめしている……。||マルティーノにも|会ったことが|ない……」


彼は|ぴくりとも|しなかった。||あるのは、|意地を|張った顔と、|絨毯に|落ちたままの|視線だけだった。


「それから、|ムッシュー=マルティーノ、|あんたは|それ以上に|何も|知らない。||そもそも、|自分が|どうやって|ノルウェーから|フランスへ|来たのか?||それさえも|知らない!||あんたは、|ホテルの|ベッドより、|打ち捨てられた|浚渫船の|寝床のほうを|好む……。||自転車で|出かけ、|パリへ|行くために|車を|買う……。||だが、|何も|知らない!||グランメゾン村長も、|ルイも、|ジョリス船長も|知らない……。||そして、|当然ながら、|ジュリー、|お前は|彼らよりも|なおさら|何も|知らない……」


メグレは、|気落ちしたような|目で、|リュカを|見た。||リュカには|分かった。||全員を|逮捕するなど、|考えられなかった。||それぞれについて、|奇妙な点や、|嘘や、|食い違いは|指摘できる。

だが、|厳密に言って、|罪に問えるだけの|材料は|一つも|なかった!

時計は、|夜の|十一時を|打った。||メグレは|暖炉の|炉床に|パイプの|灰を|落とし、|また|ぶっきらぼうな声で|言った。


「あんたたちには|悪いが、|司法当局の|求めに|応じられるよう|待機していただく。||あんたたちが|何も|知らないにしても、|また|聞くべきことが|きっと|出てくる。||村長、|あんたは|ウイストルアムを|出るつもりは|ないんでしょうな?」

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— Non !


— Je vous remercie. Vous, monsieur Martineau, vous pourriez prendre une chambre à l’Hôtel de l’Univers, où je suis descendu moi-même…


Le Norvégien s’inclina.


— Conduis monsieur à l’Univers, Lucas !.…


Et, s’adressant à Grand-Louis et à Julie :
— Vous deux, venez avec moi…


Il sortit, rendit la liberté aux deux gendarmes qui attendaient, vit Lucas et Martineau bifurquer dans la direction de l’hôtel, où le patron attendait de pouvoir se coucher.


Julie était sortie sans endosser de manteau et son frère, en la voyant frissonner, retira sa veste qu’il lui mit de force sur les épaules.


Il était difficile de parler, à cause de la tempête.

Il fallait marcher courbé en avant, et c’était un sifflement continu dans les oreilles, une bise glacée sur le visage, au point que les paupières en étaient endolories.


Devant le port, on vit la buvette éclairée et les éclusiers qui, entre deux bassinées, accouraient, battaient la semelle, buvaient des grogs brüûülants. Les visages se tournèrent vers le trio, qui marchait toujours dans la bourrasque et s’engageait sur le pont.


— C’est le Saint-Michel ? questionna Maigret.
Un voilier sortait de l’écluse, pénétrait dans l’avant-port. Mais il paraissait beaucoup plus haut que la goélette que Maigret connaissait.


— Sont sur lest ! grogna le matelot.


C’est-à-dire que le Saint-Michel avait déchargé à Caen et qu’il naviguait à vide pour prendre ailleurs une nouvelle cargaison.


Ils étaient sur le point d’atteindre la petite maison de Joris quand une ombre s’approcha.

Il fallait se regarder visage contre visage pour se reconnaître. Une voix, qui n’était pas très ferme, dit à Grand-Louis :


— Ah !te voilà… Dépêche-toi, qu’on appareille.


Maigret fixa le petit capitaine breton, puis la mer qui s’élançait à l’assaut des jetées dans un vacarme continu. Et le ciel était dramatique, semé de nuages tumultueux.

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「ええ!」


「どうも。||それから、|ムッシュー=マルティーノ、|あんたは|俺が|泊まっている|ホテル・ド・リュニヴェールに、|部屋を|取るといい……」


ノルウェー人は、|軽く|頭を下げた。


「リュカ、|この方を|リュニヴェールまで|送っていけ!」


そして、|グラン=ルイと|ジュリーに|向かって、|言った。


「お前たち|二人は、|俺と|一緒に|来るんだ」


メグレは|外へ出ると、|待っていた|二人の憲兵を|帰した。||リュカと|マルティーノが、|ホテルの|方角へ|道を|曲がるのが|見えた。||ホテルでは、|主人が|客が|来るのを|寝ずに|待っていた。

ジュリーは、|コートも|着ずに|外へ出ていた。||兄は、|彼女が|震えているのを見ると、|自分の上着を|脱ぎ、|むりやり|その肩に|着せた。

嵐のため、|話をするのも|むずかしかった。

体を|前に曲げて|歩かなければならず、|耳には|絶えず|風の音が|鳴っていた。||冷たい風が|顔に|吹きつけ、|まぶたまで|痛くなるほどだった。

港の前まで来ると、|明かりのついた|酒場が|見えた。||水門係たちは、|水門作業の|合間に|駆け込み、|足を|踏み鳴らして|体を|温め、|熱い|グロッグを|飲んでいた。||人々の|顔が、|強い|風の中を|歩き続け、|橋へ|差しかかった|三人の方へ|向けられた。


「あれは、|サン=ミシェルか?」と、|メグレが|尋ねた。


一隻の帆船が、|水門から|出て、|港へ|入っていくところだった。||だが、|メグレの|知っている|スクーナー船より、|ずっと|船体が|高く|見えた。


「積荷が|空っぽだからさ!」と、|船乗りが|うなった。


つまり、|サン=ミシェルは|カーンで|荷を下ろし、|別の場所へ|新しい荷を|積みに行くため、|空荷で|航行していたのだ。

三人が、|ジョリスの|小さな家へ|着こうとしたとき、|一つの影が|近づいてきた。||顔と顔を|つき合わせるほど|近づかなければ、|相手が|誰なのか|分からなかった。

少し|落ち着きのない|声が、|グラン=ルイに|言った。


「ああ、|ここにいたのか……|急げ。|船を出すぞ」


メグレは、|小柄な|ブルターニュ人の|船長を|じっと|見た。||それから、|絶え間ない|ごう音を|立てて、|防波堤に|襲いかかる|海を|見た。||空は|不気味な|様子を|見せ、|荒れ狂う|雲に|覆われていた。

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Le Saint-Michel, amarré aux pilotis, stagnait dans l’ombre, avec seulement la pointe de lumière d’une lampe posée sur le rouf.


— Vous voulez partir ?.. questionna le commissaire.


— Pardi !


— Pour aller où ?


— Charger du vin à La Rochelle…


— Vous avez absolument besoin de Grand-Louis ?


— Si vous croyez qu’on peut naviguer à deux par ce temps- là !


Julie avait froid. Elle restait là à écouter, tout en piétinant le sol. Son frère regardait tour à tour Maigret et le caboteur dont les poulies grinçaient.


— Allez m’attendre à bord ! dit le commissaire à Lannec.


— C’est que…


— Quoi ?


— Dans deux heures, nous n’aurons plus assez d’eau pour prendre le large…


Et une inquiétude sourde passait dans ses yeux. Il était mal à l’aise, c’était évident. Il sautait d’une jambe sur l’autre. Son regard ne parvenait à se fixer nulle part.


— Faut que je gagne ma vie, moi !


Et il y eut entre lui et Louis un échange de coups d’œil que Maigret fut certain de deviner. Il y a des moments où l’intuition est plus développée qu’à d’autres.


Le petit capitaine, nerveux, semblait dire : « Le bateau n’est pas loin… Il n’y a qu’une amarre à larguer.. Un coup de poing au policier et on est clair. »


Grand-Louis hésitait, regardait sa sœur d’un air lugubre, soupirait, hochaït négativement la tête.


— Allez m’attendre à bord ! répéta Maigret.


— Mais…


Il ne répondit pas, fit signe aux deux autres de le suivre dans la maison.


C’était la première fois que Maigret voyait réunis le frère et la sœur. Ils se tenaient tous trois dans la cuisine du capitaine

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サン=ミシェルは、|杭に|つながれ、|闇の中に|じっと|浮かんでいた。||デッキの|小屋の上に|置かれた|ランプの|小さな|灯だけが|見えていた。


「出航するつもりか?」と、|メグレが|尋ねた。


「当たり前だ!」


「どこへ|行く?」


「ラ・ロシェル1へ、|ワインを|積みに行く……」


「どうしても、|グラン=ルイが|必要なのか?」


「こんな天気で、|二人だけで|船を動かせると|思ってるのか!」


ジュリーは|寒がっていた。||足踏みをしながら、|その場に|立って|話を|聞いていた。||兄は、|メグレと、|滑車を|きしませている|港に|繋がれた|船とを、|代わる代わる|見ていた。


「船へ|戻って、|待っていろ!」と、|メグレは|ラネックに|言った。


「しかしな……」


「何だ?」


「あと|二時間もすれば、|沖へ|出るだけの|水深が|なくなってしまう……」


ラネックの目に、|内にこもった|不安が|浮かんだ。||落ち着かないのは、|明らかだった。||片足から|もう片方の|足へと|体重を|移し、|その目は|どこにも|じっと|していなかった。


「俺だって、|稼がなきゃ|ならないんだ!」


そのとき、|ラネックと|ルイの間で、|目くばせが|交わされた。||メグレには、|その意味が|分かったような|気がした。||直感が、|いつもより|鋭く|働くときが|あるものだ。

神経を|とがらせた|小柄な|船長は、|こう|言っているようだった。

『船は|すぐそこだ……。||綱を一本|放すだけだ……。||刑事を|一発なぐれば、|あとは|逃げられる』

グラン=ルイは|ためらい、|暗い顔で|妹を|見て、|ため息をつき、|首を|横に振った。


「船へ戻って、|待っていろ!」と、|メグレは|繰り返した。


「だが……」


メグレは|答えず、|ほかの二人に、|自分について|家へ入るよう、|合図した。

メグレが、|兄と|妹を|一緒に|見るのは、|これが|初めてだった。||三人は、|ジョリス船長の|台所に|立っていた。

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Joris, où il y avait un bon feu… Le tirage était si fort que parfois, dans le fourneau de tôle, un ronflement finissait en détonation.


— Donnez-nous quelque chose à boire… dit le commissaire à Julie, qui alla prendre dans le placard une carafe d’alcool et des verres décorés.


Il était de trop, il le sentait. Julie aurait donné gros pour rester en tête à tête avec son frère. Celui-ci la suivait des yeux et lon devinait chez lui une grande affection en même temps qu’un attendrissement de brute.


En vraie ménagère qu’elle était, Julie resta debout après avoir servi les deux hommes et rechargea son poêle.


— À la mémoire du capitaine Joris.. dit Maigret en levant son verre.


Puis un long silence. Le commissaire le voulait.

Il donnait à chacun le temps de s’imprégner de la chaude et quiête atmosphère de la cuisine.


Petit à petit le ronflement du poêle, accompagné du tic-tac de l’horloge à balancier, devenait comme une musique. Après la bourrasque du dehors, le sang montait aux joues, les prunelles étaient luisantes. Et un aigre fumet de calvados montait dans l’air.


— Le capitaine Joris. répéta Maigret d’une voix rêveuse. Au fait, je suis à sa place, dans son fauteuil. Un fauteuil dont l’osier criait à chaque mouvement… S’il vivait, il rentrerait du port et sans doute demanderaïit-il aussi un verre d’alcool pour se réchauffer. N’est-ce pas, Julie ?..


Elle écarquilla les yeux, puis détourna la tête.


— I] ne monterait pas se coucher tout de suite. Je parie qu’il retirerait ses chaussures… Vous apporteriez ses pantoufles… Il vous dirait : « Sale temps… N’empêche que le Saint-Michel a voulu prendre la mer, que Dieu l’aide. »


— Comment savez-vous ?


— Quoi ?


— Qu’il disait « que Dieu l’aide » ?.. C’est bien ça !.…


Elle était tout émue. Elle regardait Maigret avec une pointe de reconnaissance.


Grand-Louis faisait le dos rond.

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ジョリス船長の|台所では、|火が|勢よく|燃えていた。||空気の|吸い込みが|あまりに|強いので、|ときどき|鉄製の|ストーブの|唸るような|轟音が、|最後は|爆発音に|変わっていた。


「何か|飲むものを|出してくれ」と、|警部は|ジュリーに|言った。


ジュリーは|戸棚から、|酒の入った|水差しと、|模様のついた|グラスを|取り出した。

自分が|邪魔なのだと、|メグレには|分かっていた。||ジュリーは、|兄と|二人きりになるためなら、|大金でも|払いたいほどだった。||兄は|ずっと|妹を|目で追っていた。||そこには、|深い愛情とともに、|荒くれ者らしい|いじらしいほどの|優しさが|感じられた。

実際に|ここで|家事を|務めていた|ジュリーは、|二人の男に|酒を出したあとも|立ったままで、|ストーブに|燃料を|追加した。


「ジョリス船長を|偲んで……」と、|メグレは|グラスを|上げながら|言った。


それから、|長い|沈黙が|続いた。||警部が|そうさせていた。||台所の|暖かく、|静かな|雰囲気に、|一人一人が|十分に|沈み込むための|時間を|与えていたのだ。

少しずつ、|ストーブの|唸る音は、|振り子時計の|カチカチと|いう音と|重なり、|音楽のように|なっていった。||外の|激しい|嵐の中から|帰ったあとだけに、|頬には|血がのぼり、|目は|光っていた。||そして、|カルヴァドスの|つんとする|匂いが、|空気の中に|立ちのぼっていた。


「ジョリス船長……」と、|メグレは|夢見るような声で、|もう一度|言った。
「そういえば、|俺は|船長の|場所に|座っている。||船長の|肘掛け椅子だ……||動くたびに、|籐が|きしむ椅子だ……||船長が|生きていたら、|港から|帰ってきて、|きっと|体を温めるために、|やっぱり|酒を一杯|頼んだだろう。||そうだろう、|ジュリー?……」


ジュリーは|目を|大きく|見開き、|それから|顔を|そむけた。


「すぐに|二階へ上がって、|寝たりは|しなかっただろう。||きっと、|靴を|脱いだはずだ……||あんたが|スリッパを|持ってくる……||そして、|船長は|こう言っただろう。||『ひどい天気だ……||それでも、|サン=ミシェルは|海へ出ようとした。||神のご加護が|ありますように』」


「どうして|分かるんです?」


「何が?」


「船長が、|『神のご加護が|ありますように』って|言っていたことです……||本当に、|そのとおりです!……」


ジュリーは|ひどく|心を動かされていた。||わずかな|感謝を|込めた目で、|メグレを|見ていた。

グラン=ルイは、|背中を|丸めていた。

— Il ne le dira plus… Voilà ! il était heureux… Il avait une jolie maison, un jardin avec des fleurs qu’il aimait, des économies. Il paraît que tout le monde l’adorait.. Et pourtant il y a quelqu’un qui a mis fin à tout ça, brusquement, avec un peu de poudre blanche dans un verre d’eau…


Le visage de Julie était contracté. Elle ne voulait pas pleurer. Elle faisait un violent effort.


— Un peu de poudre blanche et ç’a été fini !… Et celui qui a fait cela sera peut-être heureux, lui, parce que personne ne sait qui il est !.… Sans doute tout à l’heure était-il parmi nous…


— Taisez-vous ! supplia Julie en joignant les mains, tandis que les larmes coulaient enfin.


Mais le commissaire savait où il allait. Il continuait à parler à voix basse, lentement, mot par mot. Et c’était à peine une comédie. Il s’y laissait prendre lui-même. Il était sensible à la nostalgie de cette atmosphère où il évoquait, lui aussi, la silhouette trapue du chef du port.


— Mort, il n’a plus qu’un ami… C’est moi !.. Un homme qui se débat tout seul pour savoir la vérité, pour empêcher l’assassin de Joris d’être heureux.


Julie sanglotait, toute résistance brisée, et Maigret poursuivait :


— Seulement, autour du mort, tout le monde se tait, tout le monde ment, au point qu’on pourrait croire que tout le monde a quelque chose à se reprocher, que tout le monde est complice !


— Ce n’est pas vrai ! cria-t-elle.


Et Grand-Louis, de plus en plus mal à l’aise, se versa à boire, emplit en même temps le verre du commissaire.
— Grand-Louis, le premier, se tait.
Julie regarda son frère à travers ses larmes, comme frappée par la justesse de ces paroles.
— Il sait quelque chose… Il sait beaucoup de choses… Est-ce qu’il a peur de l’assassin ?.. Est-ce qu’il a quelque chose à craindre ?.…
— Louis ! lui cria-t-elle.
Et Louis regardait ailleurs, les traits durs.
— Dis que c’est faux, Louis !.. Tu entends ?..
— Je ne sais pas ce que le commissaire…

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「船長は、|もう|その言葉を|言うことはない。||そうだ!|船長は|幸せだった。||きれいな家があり、|好きな花を|植えた|庭があり、|貯金もあった。||みんなから|慕われていたそうだ。||それなのに、|誰かが|突然、|コップの水に|白い粉を|ほんの少し入れて、|そのすべてを|終わらせた……」


ジュリーの顔が|こわばっていた。||泣かないように、|必死に|こらえていた。


「白い粉を|ほんの|少し|入れただけで、|すべてが|終わった!||それなのに、|そんなことをした|人間は、|これからも|幸せに|暮らすのだろう・・・、|そいつが|誰なのか|誰にも|知られていないからだ!||おそらく、|ついさっきまで、|俺たちの中に|いたのだろう……」


「もう|やめてください!」と、|ジュリーは|両手を合わせて|願った。||ついに、|涙が|頬を|流れていた。


だが、|警部には、|自分が|何をしようと|しているのか|分かっていた。||低い声で、|ゆっくりと、|一言ずつ|話し続けた。||それは|もはや、|芝居と|呼べるものでは|なかった。||メグレ自身も、|その気に|なっていた。||ジョリスの|ずんぐりした|姿を|自分まで|思い浮かべるうちに、|この部屋に|漂う|懐かしさに|心を|動かされていた。


「死んでしまった|今、|船長には|友人が|一人しかいない・・・、|俺だ!||真実を|知るために、|たった一人で|もがいている|男だ。||ジョリスを|殺した|人間を、|幸せなまま|見過ごすことは|できないからな!」


ジュリーは|すすり泣いていた。||すべての抵抗が|崩れ去っていた。||メグレは|続けた。


「ところが、|死んだ船長の周りでは、|誰もが|口を閉ざし、|誰もが|嘘をついている。||まるで、|みんなが|何か|後ろめたいことを抱え、|みんなが|共犯者であるかのようだ!」


「違います!」と、|ジュリーは|叫んだ。


グラン=ルイは、|ますます|落ち着かなくなり、|自分のグラスに|酒を注いだ。||同時に、|警視のグラスも|満たした。


「まず、|グラン=ルイが|口を閉ざしている」


ジュリーは|涙越しに|兄を見た。||その言葉が|まさに真実だと|胸を突かれたようだった。


「こいつは|何か知っている……||たくさんのことを|知っている……||犯人を|恐れているのか?……||それとも、|自分にも|恐れる理由が|あるのか?……」


「ルイ!」と、|ジュリーは|兄に叫んだ。


ルイは、|険しい顔のまま、|よそを向いていた。


「違うって|言ってよ、|ルイ!……||聞いてるの?……」


「俺には、|警部が|何を言っているのか……」

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  1. ラ・ロシェル(La Rochelle)は、フランス西部の大西洋岸にある港町です。現在の行政区分では、シャラント=マリティーム県の県庁所在地です。
    ウイストルアムから見ると、ノルマンディー沿岸を出て、ブルターニュ半島を回った先の南西方向にあります。古くから、ワイン、塩、穀物などを扱う商港として栄えました。
    ↩︎