霧の港|第八章 村長の捜査(対訳)

霧の港

VIII L’enquête du maire

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Maigret était debout au milieu de la route, les deux mains dans les poches, le front soucieux.


— Vous êtes inquiet ? s’enquit Lucas, qui connaissait son chef.


Il devait l’être aussi, car il regardait d’un œil maussade la villa qui se dressait devant eux.


— C’est dedans qu’il faudrait être, grommela le commissaire, en inspectant les fenêtres les unes après les autres.


Mais elles étaient toutes fermées. Il n’y avait aucun moyen de pénétrer dans la maison. Maigret s’approcha de la porte, sans bruit, pencha la tête pour écouter. Il fit signe à Lucas de se taire. Et tous deux finirent par avoir l’oreille collée au battant de chêne.


On n’entendait pas une voix, pas une parole n’était prononcée. Par contre, il y avait des piétinements dans le bureau, et des coups sourds, rythmés.


Est-ce que les deux hommes se battaient? C’était improbable, car les bruits n’eussent pu avoir cette régularité. Deux hommes qui se battent vont et viennent, se bousculent, heurtent les meubles, et les coups sont tantôt espacés, tantôt précipités.


Ici, c’était un pilonnage. Et on devinait même le souffle de celui qui frappaït :
— Han ! Han ! Han!
En contrepoint, un râle sourd.

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メグレは|両手を|ポケットに|突っ込み、|険しい|表情で|道の|真ん中に|立っていた。


「心配なんですか?」と、|リュカが|たずねた。||彼は|上司のことを|よく|知っていた。


リュカ自身も|そうだったに|違いない。||というのも、|彼もまた、|目の前に|そびえる|別荘を、|不機嫌そうな|目で|見ていたからだ。


「中に|入らないと|いけないんだが」と、|メグレは|窓を|一つ一つ|調べながら|呟いた。


しかし、|窓は|どれも|閉まっていた。||家の中へ|入る|方法は|なかった。||メグレは|音を|立てないように|扉へ|近づき、|頭を|傾けて|耳を|すませた。||そして、|リュカに|黙っているよう|合図した。||やがて|二人とも、|樫の木の|扉に|耳を|押しつけていた。

声は|聞こえなかった。||言葉が|交わされることも|なかった。||その代わり、|書斎の中で|足を|踏み鳴らすような|音がし、|鈍い|打撃音が、|規則正しく|聞こえていた。

二人は|殴り合っているのだろうか。||それは|考えにくかった。||というのも、|殴り合いなら、|音が|これほど|規則正しく|続くはずは|なかったからだ。||殴り合う|二人の男なら、|行ったり来たりし、|ぶつかり合い、|家具に|当たり、|打撃も|間を|置いたり、|急に|続いたりする。

ここで|聞こえるのは、|打ち据えるような|連続音だった。||しかも、|打っている|男の|息づかいまで|感じ取れた。


『ハン!|ハン!|ハン!』


それに|続くように、|低い|うめき声が|聞こえた。

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Les yeux de Maigret rencontrèrent ceux du brigadier. Le commissaire tendit la main en regardant la serrure et l’autre comprit, tira un trousseau de rossignols de sa poche.


— Pas de bruit.

On eût dit que le silence s’était fait à l’intérieur. Un silence lourd d’angoisse. Plus de coups. Plus de pas. Peut-être — mais c’était si vague — un souffle rauque d’homme qui est à bout de forces.

Un signe de Lucas. La porte s’ouvrait. De la lumière filtrait, à gauche, du bureau.

Maigret haussa les épaules avec un rien de rage. Il outrepassait ses droits. Il les outrepassait même gravement, et ce chez un personnage officiel et grincheux comme le maire de Ouistreham.

— Tant pis !

Du corridor, il entendait nettement une respiration, mais une seule. Et rien ne bougeait. Lucas avait porté la main à son revolver. Maigret ouvrit la porte, d’une poussée.

Il s’arrêta, gêné, désemparé comme il l’avait rarement été. S’était-il attendu à la découverte d’un nouveau drame ?

C’était autre chose ! Et c’était aussi déroutant que possible. M. Grandmaison était là, la lèvre fendue, du sang plein le menton et la robe de chambre, les cheveux défaits, l’air aussi abruti qu’un boxeur qui se relève après un knock-out.


D’ailleurs, tenant à peine debout, il était appuyé dans l’angle de la cheminée, tellement penché en arrière que c’était miracle qu’il ne tombât pas.


À deux pas, Grand-Louis, débraillé, du sang sur les poings qu’il tenait encore serrés — du sang du maire !


C’était la respiration de Grand-Louis qu’on entendait du corridor ! C’était lui qui était essoufflé, sans doute à force d’avoir frappé. Son haleine était chargée de relents d’alcool. Des verres, sur la table, étaient renversés.


La stupeur était telle du côté des policiers, l’abrutissement si complet de l’autre, qu’une longue minute au moins s’écoula sans qu’un mot fût prononcé.


Puis M. Grandmaison épongea sa lèvre et son menton avec un pan de sa robe de chambre, fit un effort pour se tenir droit, bégaya :

— Qu’est-ce que… qu’est-ce que ?

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メグレの|目が、|リュカ|主任刑事の|目と|合った。||警部は|鍵穴を|見ながら、|手を|差し出した。||相手は|気づいて、|ポケットから|合鍵の束を|取り出した。


「音を|立てるな」


まるで|中に|静寂が|訪れたようだった。||重苦しい|沈黙だった。||もう|殴る音は|しなかった。||足音も|しなかった。||おそらく、|だが|あまりに|かすかだったが、|力尽きた|男の|荒い|息づかいが|聞こえた。

リュカが|合図した。||扉が|開いた。||左手の|書斎から、|光が|漏れていた。

メグレは|少しばかり|怒りを込めて|肩を|すくめた。||彼の|権限を|越えていたのだ。||しかも、|ウイストルアムの|村長のような、|気むずかしい|公的な|人物の家で、|かなり|重大な|権限の|逸脱なのだ。


「仕方ない!」


廊下から、|はっきりと|息づかいが|聞こえた。||だが、|一人分だけだった。||何も|動いていなかった。||リュカは|拳銃に|手を|かけていた。||メグレは|扉を|押し開けた。

彼は|立ち止まった。||これまで|めったに|なかったほど、|気まずく、|途方に|暮れた。||彼は|新たな|悲劇を|発見すること|覚悟していたのか?

だが、|それは|別の|光景だった!||しかも、|これ以上|ないほど|彼を|困惑させる|光景だった。||グランメゾンが|そこにいた。||唇は|裂け、|あごと|ガウンは|血だらけで、|髪は|乱れ、|ノックアウトのあとに|起き上がった|ボクサーのように、|ぼうっとした|顔をしていた。

それに、|かろうじて|立っているだけで、|暖炉の角に|もたれかかっていた。||あまりに|後ろへ|反り返っていたので、|倒れずに|いるのが|不思議なほどだった。

二歩ほど|離れたところに、|グラン=ルイが|いた。||着衣は|乱れ、|まだ|握りしめている|拳には|血が|ついていた。||村長の|血だった!

廊下から|聞こえていた|息づかいは、|グラン=ルイのものだった!||息を|切らしていたのは|彼だった。||おそらく、|殴りつづけたせいだった。||その息には|酒の|匂いが|強く|残っていた。||テーブルの上では、|グラスが|倒れていた。

警官たちの|側の|驚きも、|相手の|ぼう然ぶりも|あまりに|大きく、|少なくとも|一分ほど、|誰も|言葉を|発することは|なかった。

やがて、|グランメゾンは|ガウンの|端で|唇と|あごの|血を|ぬぐい、|まっすぐ|立とうと|力を|入れ、|口ごもりながら|言った。


「何だ|・・・、|君たちは?」

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— Vous voudrez bien m’excuser, dit Maigret avec politesse, d’avoir pénétré chez vous… J’ai entendu du bruit.


— La porte n’était pas fermée.


— Ce n’est pas vrai !


Et, pour lancer ces mots, le maire avait recouvré son énergie.


— De toute façon, je me félicite d’être arrivé à temps pour vous protéger et.


Un coup d’œil vers Grand-Louis, qui ne paraissait pas le moins du monde embarrassé et qui même, maintenant, esquissait un drôle de sourire et guettait les faits et gestes du maire.


— Je n’ai pas besoin d’être protégé…


— Pourtant, cet homme vous a attaqué.


Debout devant le miroir, M. Grandmaison mettait un peu d’ordre dans sa toilette, s’énervait en voyant que son sang ne voulait pas s’étancher.


Et c’était à ce moment un mélange extraordinaire, troublant, de force, de faiblesse, d’assurance et de veulerie.


Son œil au beurre noir, ses meurtrissures et ses plaies enlevaient à son visage ce qu’il avait d’un peu poupin. Les yeux avaient des reflets glauques.


Il reprenait son aplomb avec une rapidité inattendue et il finit, adossé à la cheminée, par faire tête aux policiers.


— Je suppose que vous avez forcé ma porte…


— Pardon ! Nous avons voulu nous porter à votre secours.


— C’est faux, puisque vous ignoriez que je courusse un danger quelconque ! Et je n’en courais pas !


Il détacha avec affectation les dernières syllabes.


Le regard de Maigret examina du haut en bas et de bas en haut la silhouette redoutable de Grand-Louis.


— J’espère, néanmoins, que vous me permettez d’emmener ce monsieur.


— Pas du tout !


— Il vous a frappé. Et même d’une façon assez cruelle…


— Nous nous sommes expliqués ! Cela ne regarde que moi !


— J’ai tout lieu de penser que c’est sur lui que vous êtes tombé, ce matin, en descendant un peu vite l’escalier.

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「お邪魔したことを|お許しください」と、|メグレは|丁寧に|言った。
「物音が|聞こえたもので」


「扉が|閉まって|いませんでした」


「それは|違う!」


この言葉を|投げつけるために、|村長は|気力を|取り戻していた。


「いずれにしても、|間に合ってよかった。||あなたを|守るために|きたのです。||それに」


メグレは|グラン=ルイの方へ|ちらりと|目を|やった。||グラン=ルイは|少しも|困った様子を|見せていなかった。||それどころか、|今では|奇妙な|笑みさえ|浮かべ、|村長の|一挙一動を|見張っていた。


「私は|守って|もらう|必要など|ありません」


「しかし、|この男は|あなたを|襲った」


鏡の前に|立って、|グランメゾンは|身なりを|少し|整えていた。||血が|なかなか|止まらないのを|見て、|いらだっていた。

そのときの|彼は、|力強さと|弱さ、|自信と|無気力が|奇妙に|入り混じった|姿だった。

黒く|腫れあがった|目のまわり、|打ち身、|傷のために、|彼の顔に|少し|残っていた|若々しさは|消えていた。||目には|青みがかった|濁った|光が|あった。

彼は|意外なほど|早く、|落ち着きを|取り戻していった。||そして|ついには、|暖炉に|背を向け、|警官たちに|向かって|顔をあげた。


「あなた方は、|私の|扉を|こじ開けたのでしょうね」


「失礼。||私たちは|あなたを|助けようと|したのです」


「嘘です。||なぜなら、|私が|何か|危険なことが|起こるとは、|あなた方は|知らなかったはずだからです。||それに、|私は|危険なことなど|なかった!」


彼は|最後の|数語を、|わざと|一音一音|区切って|言った。

メグレの|視線は、|グラン=ルイの|恐ろしい|体つきを、|上から|下へ、|下から|上へと|調べた。


「それでも、|この客を|連れていくことは|お許し|いただけると|思いますが」


「とんでもない!」


「彼は|あなたを|殴った。||しかも、|かなり|ひどい|やり方で」


「われわれは|話合っているのです!||これは|私だけに|関わることです!」


「今朝、|あなたが|階段を|少し|急いで|下りたとき、|ぶつかった|相手は|この男だったと|考える|十分な|理由が|ある」

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Il eût fallu pouvoir photographier le sourire de Grand-Louis. Il était au comble de la jubilation. Tout en reprenant son souffle, il ne perdait rien de ce qui se passait autour de lui. Et cette scène semblait lui faire un plaisir extrême. Il en savourait tout le sel ! Sans doute en connaissait-il, lui, les ressorts cachés ?


— Je vous ai dit tout à l’heure, monsieur Maigret, que j’ai entrepris une enquête de mon côté. Je ne m’occupe pas de la vôtre. Veuillez ne pas vous occuper de la mienne… Et ne vous étonnez pas si je porte plainte pour violation de domicile avec effraction.…


Il eût été difficile de dire si c’était plus comique que tragique ! Il voulait être digne ! Il se tenait très droit ! Maïs sa lèvre saignaït ! Mais son visage n’était qu’une ecchymose ! Mais sa robe de chambre était fripée !


Enfin il y avait Grand-Louis qui avait l’air de l’encourager !


Il y avait surtout la scène précédente, qu’il n’était pas difficile de reconstituer : le forçat qui frappait à bras raccourcis, qui frappait tant et si bien qu’il finissait par n’avoir plus la force de lever le poing.


— Vous voudrez bien m’excuser, monsieur le maire, si je ne m’en vais pas immédiatement. Étant donné que vous êtes le seul à Ouistreham à être relié téléphoniquement la nuit, je me suis permis de me faire adresser ici quelques communications.


Pour toute réponse, M. Grandmaison dit sèchement :


— Fermez la porte !


Car elle était restée ouverte. Il ramassa un des cigares épars sur la cheminée, voulut l’allumer, mais le contact du tabac avec sa lèvre blessée dut être douloureux, car il le rejeta avec fièvre.


— Tu veux me demander Caen, Lucas ?


Il ne cessait d’observer le maire, puis Grand-Louis, puis encore le maire. Et il avait peine à fixer ses pensées.


Par exemple, à première vue, c’était M. Grandmaison qui, des deux hommes, semblait avoir le dessous, être le plus faible, non seulement physiquement mais moralement.
Il avait été battu, surpris dans la position la plus humiliante qui soit !

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グラン=ルイの|その|笑みは、|写真に|撮っておきたく|なるほどだった。||彼は|喜びの|絶頂に|いた。||息を|整えながらも、|周囲で|起こっていることを|一つも|見逃さなかった。||そして、|この場面が|彼には|たまらなく|楽しそうに|見えた。||その|面白さを、|全て|わかっているのだ!||おそらく、|彼だけは、|その場の|隠された|事情を|知っていたのではないか?。


「先ほど|言いましたよね、|警部さん。||私は|私の方で|捜査を|始めたのです。||あなたの|捜査には|口を|出しません。||どうか、|私の|捜査にも|口を|出さないで|いただきたい。||それから|あなたを|不法な|住居侵入による、|権利侵害で|訴えても|驚かないで|いただきたい」


それが|滑稽なのか、|悲劇なのか、|判断するのは|難しかった!。||彼は|威厳を|保とうとしていた。||背筋を|まっすぐ|伸ばしていた。||だが、|唇からは|血が|流れていた!||顔は|傷だらけだった!||ガウンは|くしゃくしゃだった!

そのうえ、|グラン=ルイが|彼を|励ましているような|顔を|していた!

なによりも、|その前の|場面が|あり、|それを|思い描くのは|難しくなかった。||グラン=ルイは、|全力で|殴りつけ、|殴りに|殴って、|ついには|拳を|上げる|力さえ|なくなったのだ。


「申し訳ないが、|村長。||私は|ここを|すぐには|出ていけないのです。||夜間に|ウイストルアムで|電話が|つながっているのは|あなたの|お宅だけですので、|いくつかの|連絡は|こちらへ|来ることに|なっているのです」


グランメゾンは、|返事の|代わりに、|そっけなく|言った。


「扉を|閉めてください!」


扉は|開いたままに|なっていた。||彼は|暖炉の上に|散らばっていた|葉巻の|一本を|拾い、|火を|つけようとした。||だが、|傷ついた|唇に|煙草が|触れたのが|痛かったらしく、|苛立たしげに|投げ捨てた。


「リュカ、|カーンへ|電話を|つないで|くれるか?」


メグレは|村長を|見つめ、|ついで|グラン=ルイを|見つめ、|また|村長を|見つめつづけていた。||考えを|まとめるのに|苦労していた。

たとえば、|一見すると、|二人の|男のうち、|劣勢にあるのは|グランメゾンの方に|見えた。||肉体的に|だけでなく、|精神的にも、|より|弱いのは|彼の方に|思えた。

彼は|殴られていた。||しかも、|これ以上ないほど|屈辱的な|姿を|さらしているところを|見られてしまったのだ!

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Eh bien ! non, en quelques minutes, il reprenait conscience de lui-même. Il parvenait à reconquérir une partie de son prestige de grand bourgeois.


Il était presque calme. Il avait le regard hautain.


Grand-Louis avait le rôle facile. Il avait eu le dessus. Il n’était pas blessé, pas même meurtri. Tout à l’heure, son sourire ineffable disait une joie quasi enfantine.


Et c’est maintenant qu’il commençait à avoir l’air ennuyé, à ne savoir que faire, ni où se mettre, ni où regarder.


Alors Maigret se posait la question :

« En supposant que l’un d’eux soit un chef, qui est-ce ? »


Il était bien embarrassé de répondre. Grandmaison, à certains moments. Louis, à d’autres.


— AIG ! Police de Caen ? Le commissaire Maigret me prie de vous dire qu’il sera toute la nuit dans la maison du maire… Oui. Téléphonez au numéro 1… AIG! Vous avez du nouveau ? Déjà Lisieux ?.. Merci ! Oui.


Et, à son chef :


— L’auto vient de passer à Lisieux. Elle sera ici dans trois quarts d’heure.


— Je crois vous avoir entendu dire… commença le maire.


— Que je resterai ici toute la nuit, oui! Avec votre permission, bien entendu. Par deux fois, vous m’avez parlé de votre enquête personnelle. Si bien que je crois ne pas pouvoir mieux faire que de vous demander l’autorisation de réunir les résultats que nous avons obtenu de part et d’autre.


Maigret n’était pas ironique. Il était furieux. Furieux de cette situation invraisemblable dans laquelle il s’était mis. Furieux de n’y rien comprendre.


— Voulez-vous m’expliquer, Grand-Louis, pourquoi, quand nous sommes arrivés, vous étiez en train de… hum ! de frapper à bras raccourcis sur monsieur le maire ?


Mais Grand-Louis ne répondit pas, regarda l’armateur comme pour dire :

« Parlez, vous ! »


Et M. Grandmaison de prononcer sèchement :
— Cela me regarde.

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ところが、|そうではなかった!||ほんの数分で、|グランメゾンは|自分を|取り戻した。||偉大な|家柄の|彼の|威厳を|いくらか|取り戻すことができた。

彼は|ほとんど|落ち着いていた。||目つきは|尊大だった。

グランルイの|立場は|気楽だった。||勝ったのは|彼だった。||けがも|なく|打ち身さえ|なかった。||少し前までは|何とも言えない|笑みの中に、|子どものような|喜びが|浮かんでいた。

ところが|今になって|困ったような|顔を|しはじめた。||何をすればよいのか|どこにいればよいのか|どこを見ればよいのかさえ|わからない様子だった。

そのとき|メグレは|自分に|問いかけた。

『この二人の|どちらかが|リーダーならば|どちらだ?』

答えを|出すのは|極めて|困難だった。||あるときは|グランメゾン村長。||また|あるときは|グラン=ルイだった。


「もしもし!||カーン警察ですか?||メグレ警部から|お伝えします。||警部は|一晩中|村長の家に|います。||ええ。||一番へ|電話してください。||もしもし!||何か|新しい知らせは?||もう|リジューですか?||ありがとう!||はい|わかりました」


それから|警部に|向かって|言った。


「車は|今|リジューを|通過しました。||あと|四十五分で|ここへ|着きます」


「今|話が|聞こえましたが|・・・」と、|村長が|言いかけた。


「私が|一晩中|ここに|いると|いうことです。||もちろん|お邪魔でなければ。||あなたは|これまでに|私に|二度、|自分で|捜査を|していると|話してくれました。||それなら|ここで|我々が|手に入れた|成果を|一つに|まとめた方が|よいと|思いましてね」


メグレは|皮肉を|言ったわけでは|なかった。||腹だたしかったのだ。||こんな|奇妙な|場面に|自分から|飛び込んだことが|腹だたしかった。||何一つ|わからないことが|腹だたしかったのだ。


「グラン=ルイ。||我々が|来たとき|なぜ|君は|その|・・・|ええと!||村長を|力いっぱい|殴り続けていたのか|説明|してくれないか?」


しかし|グラン=ルイは|答えず|村長を|見た。||その目は、|『そっちが|話せ!』と|言っていた。

すると|グランメゾンが|冷たく|言った。


「それは|私の|問題だ」

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— Évidemment ! Tout le monde a le droit de se faire battre s’il aime ça! grommela Maiïigret au comble de la mauvaise humeur. Demandez-moi l’Hôtel de Lutèce, Lucas.


Le coup porta. M. Grandmaison ouvrit la bouche pour parler. Sa main se crispa sur l’appui de marbre de La cheminée.


Lucas parlait au téléphone.


— Trois minutes d’attente ?.. Merci… Oui…


Et Maigret, à voix haute :


— Vous ne trouvez pas que cette enquête prend une drôle de tournure ? Au fait, monsieur Grandmaison.. vous allez peut- être me rendre un service… Vous qui êtes armateur, vous devez connaître les gens d’un peu tous les pays. Avez-vous entendu parler d’un certain… attendez donc… un certain Martineau… ou Motineau, de Bergen ou de Trondheim… Un Norvégien, en tout Cas.

Silence ! Les yeux de Grand-Louis étaient devenus durs.


Machinalement, il se versa à boire dans un des verres renversés sur la table.


— Dommage que vous ne le connaïissiez pas. Il va venir.


Ce fut tout ! Pas la peine d’ajouter un seul mot ! Personne ne répondrait plus ! Personne n’aurait même un tressaillement ! Cela se sentait aux positions prises.


M. Grandmaison avait changé de tactique. Toujours adossé à la cheminée, devant le feu de boulets qui lui cuisait les mollets, il regardait par terre, d’un air aussi indifférent que possible.


Drôle de visage ! Des traits flous, avec des marques rouges et bleues, du sang sur le menton! Un mélange d’énergie concentrée et de panique, ou de douleur.


Grand-Louis, lui, s’était installé à califourchon sur une chaise. Après avoir bâillé trois ou quatre fois, il parut sommeiller.


Sonnerie de téléphone. Maigret décrocha vivement.


— AIG ! L’Hôtel de Lutèce ? AII6 ?.. Ne coupez pas… Veuillez me donner Mme Grandmaison.. Oui ! Elle a dû arriver ce soir ou cet après-midi… J’attends, oui !


— Je suppose, dit la voix mate du maire, que vous n’avez pas l’intention de mêler ma femme à vos agissements pour le moins étranges.

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「当たり前だ!||殴られるのが|好きなら、|誰にだって|殴られる|権利は|ある!」と、|メグレは|ひどく|機嫌を|悪くして、|呟いた。
「ホテル=ド=リュテス|呼び出せ、|リュカ」


その|一言は|効果があった。||グランメゾンは|何かを|言おうと、|口を|開いた。|片手が|暖炉の|大理石の|縁を|強くつかんだ。

リュカは|電話で|話していた。


「三分|待ちですか?||どうも。||ええ」


それから|メグレは|わざと|声を|張り上げた。


「この捜査は|妙な|成り行きに|なってきたと|思わないか?||ところで、|ムッシュー=グランメゾン。||あんたには|ひとつ、|力を|貸してもらえるかも|しれない。||船会社の|社長なら、|いろいろな|国の|人間を|知っているだろう。||ある男の|話を|聞いたことは|ないか?||待てよ。||マルティノーとか、|モティノーとかいう|男だ。||ベルゲンか、|トロンハイムの|出身だ。||とにかく、|ノルウェー人だ」


沈黙!||グラン・ルイの|目つきが|険しくなった。

彼は|何気なく、|テーブルで|倒れていた|グラスの|一つに|酒を|注いだ。


「知らないのは|残念だな。||もうすぐ、|ここへ|来る」


それだけだった!||もう、|一言も|付け加える必要は|なかった!||誰も|これ以上、|答えようとは|しない!||わずかな|表情の|変化さえ|見せないだろう!||三人が|身構えたのが|はっきりと|感じられた。

グランメゾンは|戦術を|変えていた。||暖炉に|背を|預けたまま、|丸い石炭の|火に|ふくらはぎを|温められながら、|できるだけ無関心を|装って、|床を|見つめていた。

妙な顔だった!||はっきりしない|表情をして、|赤や青の|あざが|広がり、|あごには|血が|付いている!||押し殺した気力と、|おびえ、|あるいは|痛みが|入り交じっていた。

グラン・ルイは|椅子に|後ろ向きに|またがっていた。||三、|四度|あくびを|すると、|そのまま|うとうとし始めたように|見えた。

電話の|ベルが|鳴った。||メグレは|すばやく、|受話器を|取った。


「もしもし!||ホテル=ド=リュテス?||もしもし?||切らないでくれ。||グランメゾン夫人を|頼む。||そうだ!||今夜か、|今日の|午後には|着いているはずだ。||待っている。||ああ、|わかった!」


「まさか」||グランメゾンが|感情を|抑えた声で|言った。
「私の妻まで|巻き込むつもりですか。||あなたの|やり方は、|控えめに|言っても|おかしい」

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Pas de réponse. Maigret attendait, le récepteur à l’oreille, le regard rivé au tapis de table.


— AIG ! oui. Vous dites ?.. Elle est déjà repartie ?.. Un instant… Procédons avec ordre. À quelle heure cette dame est- elle arrivée ?.. Sept heures… Très bien !.… Avec sa voiture et son chauffeur… Vous dites qu’elle a dîné à l’hôtel et qu’elle a ensuite été appelée au téléphone. Elle est partie tout de suite ?.. Merci… Non ! Cela suffit.


Personne ne bronchait. M. Grandmaison semblait plus calme. Maigret raccrocha, décrocha à nouveau.


— AIG ? Le bureau de poste de Caen ?.… Ici, police. Voulez- vous me dire si le numéro d’où je vous téléphone a demandé une communication avec Paris avant celle que je viens d’obtenir. Oui ?.. Il y a un quart d’heure environ ?.. L’Hôtel de Lutèce, n’est-ce pas ?.. Je vous remercie…


Son front était perlé de sueur. Il bourra lentement une pipe, à petits coups d’index. Puis il se versa à boire dans un des deux verres qui se trouvaient sur la table.


— Je suppose que vous vous rendez compte, commissaire, que tout ce que vous faites en ce moment est illégal. Vous avez pénétré ici par effraction. Vous y restez sans y être invité. Vous risquez de semer la panique dans ma famille et enfin, en face d’une tierce personne, vous me traitez comme un coupable. De tout cela, vous rendrez des comptes.


— Entendu !


— Puisque aussi bien je ne suis plus rien chez moi, je vous demande la permission d’aller me coucher.


— Non !

Et Maigret tendait l’oreille à un bruit encore lointain de moteur.


— Va leur ouvrir la porte, Lucas.


Machinalement, il jeta une pelletée de boulets dans le foyer, se retourna au moment précis où de nouveaux personnages entraient dans la pièce.


Il y avait deux gendarmes d’Évreux qui encadraient un homme, menottes aux poings.

— Laissez-nous, dit-il aux gendarmes. Ou plutôt, allez m’attendre, toute la nuit s’il le faut, à la buvette du coin.

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返事は|なかった。||メグレは|受話器を|耳に|当てたまま、|テーブルの|敷物を|じっと|見つめて、|待っていた。


「もしもし!||ああ、|何だって?||もう|出発した?||ちょっと|待て。||順を|追って|話そう。||その夫人は|何時に|着いた?||七時。||よし。||自分の|車で、|運転手つきだな。||ホテルで|夕食を|取り、|そのあと、|電話で|呼び出されたと|いうんだな。||すぐに|出たのか?||ありがとう。||いや!||それで|十分だ」


誰も|動かなかった。||グランメゾンは|いくらか|落ち着いたように|見えた。||メグレは|受話器を|置くと、|すぐに|また|取り上げた。


「もしもし?||カーンの|郵便局か?||こちらは|警察だ。||今、|私が|電話している|この番号から、|私が|今しがた|つないでもらった|電話の前にに、|パリへの|通話を|申し込んでいないか、|調べてくれ。||ああ?||十五分ほど|前?||ホテル=ド=リュテスだな?||ありがとう」


額には|汗の|玉が|浮かんでいた。||彼は|人さし指で|ゆっくりと|パイプに|たばこを|少しずつ|押し込んで|詰めた。||それから、|テーブルにあった二つの|グラスの|一つに、|自分で|酒を|注いだ。


「警部さん。|今、|あなたが|していることは|すべて|違法だと、|おわかりでしょうな。||あなたは|扉を|こじ開けて、|ここへ|入り込んだ。||招かれても|いないのに、|居座っている。||私の|家族を|おびえさせる|おそれが|あるうえ、|第三者の|前で、|私を|罪人のように|扱っている。||このすべてについて、|あなたには|責任を|取ってもらう」


「わかった!」


「どうせ、|私は|自分の|家で|何の|力も|ないようだから、|寝室へ|引き取る|許しを|いただきたい」


「だめだ!」


メグレは|まだ|遠くに|聞こえる|自動車の|音へ、|耳を|澄ませていた。


「扉を|開けてこい、|リュカ」


彼は|何気なく、|丸い石炭を|一すくい、|暖炉へ|投げ入れた。||そして、|新たに|人々が|部屋へ|入ってきた|瞬間、|彼は|振り返った。

エヴルーの|憲兵が|二人、|手錠を|かけられた男を|挟んでいた。


「もう|いい」メグレは|憲兵たちに|言った。||「いや、|やはり、|角の|酒場で|私を|待っていてくれ。||必要なら、|一晩中に|なる」

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Le maire n’avait pas bougé. Le marin non plus. À croire qu’ils n’avaient rien vu, ou qu’ils ne voulaient rien voir. Quant au nouveau venu, il était calme, et un sourire flotta sur ses lèvres à la vue du visage tuméfié de M. Grandmaison.


— À qui dois-je m’adresser ? questionna-t-il en regardant à la ronde.


Maigret, qui haussait les épaules comme pour dire que les gendarmes avaient fait du zèle, tira une petit clé de sa poche et ouvrit les menottes.


— Je vous remercie. J’ai été assez étonné de…


Et la voix, furibonde, de Maigret :


— De quoi ? D’être arrêté ? Vous êtes sûr que vous avez été si étonné que ça ?


— C’est-à-dire que j’attends toujours de savoir ce qu’on me reproche.


— Ne fût-ce déjà que d’avoir volé un vélo !


— Pardon! Emprunté! Le garagiste à qui j’ai acheté la voiture vous le dira ! Je lui ai confié le vélo avec mission de le renvoyer à Ouistreham et de remettre une indemnité à son propriétaire.


— Tiens ! Tiens ! Mais, au fait, vous n’êtes pas Norvégien.


L’homme n’en avait ni l’accent, ni le type physique. Il était grand, bien bâti, encore jeune. Ses vêtements élégants étaient un peu fripés.


— Pardon ! je ne suis pas Norvégien de naissance, mais je suis Norvégien quand même, par naturalisation.


— Et vous habitez Bergen ?


— Tromsô, dans les îles Lofoten.


— Vous êtes commerçant !


— Je possède une usine pour traiter les déchets de morue.


— Comme, par exemple, la rogue.


— La rogue et ;le reste… Avec les têtes et les foies on fait de l’huile. Avec les arêtes on fabrique des engrais.


— C’est parfait ! Parfait ! Parfait ! Il ne reste qu’à savoir ce que vous faisiez à Ouistreham la nuit du 16 au 17 septembre…


L’homme ne se troubla pas, regarda lentement autour de lui, prononcça :


— Je n’étais pas à Ouistreham.

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グランメゾンは|動かなかった。||グラン=ルイも|同じだった。||二人とも|何も|見なかったか、|あるいは|見ようと|しなかったようだ。||新しく|入ってきた|男は|落ち着いており、|グランメゾンの|腫れ上がった|顔を|見ると、|その唇に|かすかな|笑みが|浮かんだ。


「私は|どなたに|話せば|いいのでしょう」


男は|辺りを|見回しながら、|たずねた。

憲兵たちが|やり過ぎたとでも|言いたげだったので、|メグレは|肩をすくめ|ポケットから|小さな|鍵を|取り出し、|手錠を|外した。


「ありがとうございます。||私は|たいへん|驚いて|・・・」


すると、|メグレが|怒りに満ちた|声で|さえぎった。


「何に?|捕まったことにか?||本当に|そんなに|驚いたのか?」


「つまり、|私は|何の|罪に|問われているのか、|いまだに|知らされていません」


「少なくとも、|自転車を|盗んだろう!」


「いや!|借りたのです!|車を|買った|ガレージの|主人が|証明|してくれます。||私は|その自転車を|ウイストルアムへ|送り返し、|持ち主に|礼金を|渡すよう、|彼に|頼んであります」


「おいおい!||だが、|そういえば、|あんたは|ノルウェー人では|ないな」


男には|ノルウェーの|なまりもなく、|顔立ちも|ノルウェー人らしく|なかった。||背が高く、|体つきも|よく、|まだ|若かった。||上品な|服は|少し|くたびれていた。


「失礼。|私は|生まれつきの|ノルウェー人では|ありません。||帰化しましたので。||ノルウェー人には|違いありません」


「ベルゲンに|住んでいるのか?」


「ロフォーテン諸島の|トロムソ1です」


「商売人か!」


「タラの|残り物を|加工する|工場を|持っています」


「たとえば、|タラの|卵か」


「タラの卵も、|そのほかにも|・・・。||頭と|肝からは|油を|作り、|骨からは|肥料を|作ります」


「けっこうだ!||けっこう!||けっこう!||あとは、|九月十六日から|十七日にかけての|夜、|あんたが|ウイストルアムで|何をしていたのか、|それを|知るだけだ」


男は|少しも|うろたえなかった。||ゆっくりと|辺りを|見回し、|言った。


「私は|ウイストルアムには|いませんでした」

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— Où étiez-vous ?


— Et vous ?


Il se reprit, avec un sourire.


— Je veux dire : seriez-vous capable, à brûle-pourpoint, de dire ce que vous faisiez tel jour à telle heure, alors que plus d’un mois s’est écoulé ?


— Vous étiez en Norvège ?


— C’est probable.


— Tenez !


Et Maigret tendit à son interlocuteur le porte-plume en or que le Norvégien mit dans sa poche le plus naturellement du monde, en disant merci.


Un bel homme, ma foi, du même âge et de même taille que le maire, mais plus mince, plus nerveux. Ses yeux sombres reflétaient une vie intense. Et le sourire de ses lèvres minces trahissait une grande confiance en soi.


Il répondait poliment, avec amabilité, aux questions du commissaire.


— Je suppose, dit-il, qu’il s’agit d’une erreur, et je serais heureux de reprendre mon voyage à Paris.


— C’est une autre question. Où avez-vous fait la connaissance de Grand-Louis ?


Contrairement à l’attente de Maigret, le regard du Norvégien ne se porta pas sur le matelot.


— Grand-Louis ? répéta-t-il.


— C’est au cours de ses voyages comme capitaine que vous avez connu Joris ?


— Pardon ! Je ne comprends pas.


— Évidemment ! Et si je vous demande pourquoi vous avez préféré dormir à bord d’une drague désarmée plutôt qu’à l’hôtel, vous me regarderez avec des yeux ronds.


— Ma foi. Avouez qu’à ma place…


— Et pourtant vous êtes arrivé hier à Ouistreham à bord du Saint-Michel. Vous avez débarqué avant l’entrée au port, avec le canot de la goélette. Vous vous êtes dirigé vers la drague et vous y avez passé la nuit. Cet après-midi, vous avez fait le tour de la villa où nous sommes, puis vous avez emprunté un vélo et vous avez filé vers Caen. Achat d’une auto. Départ vers Paris. Est-ce Mme Grandmaison que vous alliez rejoindre à l’Hôtel de Lutèce ? Dans ce cas, ce n’est pas la peine de repartir. Ou je me trompe fort, ou elle arrivera cette nuit.

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「どこに|いたんだ?」


「あなたは?」


男は|ニヤニヤしながら、|言い直した。
「つまり、|一か月以上も|たってから、|ある日の|ある時刻に|自分が|何をしていたか、|とっさに|言えるものか、|ということです」


「ノルウェーに|いたのか?」


「おそらくは」


「これは!」


そう言って|メグレは、|相手に|金の|万年筆を|差し出した。||ノルウェー人は|礼を|言いながら、|いかにも|自然に|それを|ポケットへ|入れた。

確かに|気品のある|男だった。||村長と|同じ年ごろで、|背丈も|同じくらいだったが、|もっと|細身で、|もっと|筋肉質だった。||その|黒い|目には、|強い|生命力が|漲っていた。||そして、|薄い|唇の|笑みには、|強い|自信が|にじんでいた。

男は|警部の|質問に、|ていねいに、|愛想よく|答えていた。


「思うのですが」と、|男は|言った。
「これは|何かの|手違いでしょう。||できれば|私は|パリへの|旅を|続けたいのですが」


「それは|また|別の話だ。||グラン=ルイと|どこで|知り合ったんだ?」


メグレの|予想に|反して、|ノルウェー人の|視線は|船乗りのほうへは|向かなかった。


「グラン=ルイ?」|と、|男は|くり返した。


「あんたは|船長として|航海|していたころに、|ジョリスと|知り合ったのか?」


「失礼。|わかりません」


「当然、|そう言うだろうな!||では、|なぜ|あんたは|ホテルでは|なく、|使われていない|浚渫船で|寝るほうを|選んだのかと|聞いたら、|あんたは|目を|丸くして|私を|見るだろうな」


「いやはや。||私の|立場なら|そういう|反応に|なるのは|ご理解ください」


「それでも、|あんたは|昨日、|サン=ミシェルで|ウイストルアムへ|着いた。||港へ|入る前に、|その|帆船の|小舟で|上陸した。||そして、|浚渫船へ|向かい、|そこで|一夜を|明かした。||今日の|午後には、|いま|われわれが|いる|この|屋敷の|まわりを|見てまわり、|それから|自転車を|借りて、|カーンへ|飛ばしていった。||そこで|車を|購入し、|パリへ|出発する。||ホテル=ド=リュテスで|落ち合う|予定だったのは、|グランメゾン夫人か?||それなら、|また|出発する|必要は|ない。||私の|見当が|よほど|外れていなければ、|夫人は|今夜|ここへ|やって来るはずだ」

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Un silence. Le maire était changé en statue et son regard était si fixe qu’on n’y sentait m nulle vie. Grand-Louis se grattait la tête et bâillait, toujours assis, tout seul au milieu de gens debout.


— Vous vous appelez Martineau ?


— Jean Martineau, oui !


— Eh bien ! monsieur Jean Martineau, réfléchissez ! Voyez si vous n’avez vraiment rien à me dire. Il y a bien des chances pour qu’une des personnes ici présentes passe un de ces jours en Cour d’assises !


— Non seulement je n’ai rien à vous dire, mais je vous demanderai la permission d’avertir mon consul afin qu’il fasse le nécessaire.


Et de deux! M.Grandmaison avait menacé de porter plainte! Martineau allait en faire autant! Il n’y avait que Grand-Louis à ne pas menacer, à accepter toutes ces situations avec philosophie, pourvu qu’il eût quelque chose à boire.


On entendait dehors le vacarme de la tempête qui, à marée haute, atteignait à son paroxysme.
La tête de Lucas était éloquente. Nul doute qu’il pensait :

« Nous voilà dans de jolis draps ! Pourvu, maintenant, qu’on trouve quelque chose !.… »


Maigret marchait de long en large, en fumant sa pipe à bouffées rageuses.


— En somme, vous ne savez rien, ni l’un ni l’autre, sur les aventures et la mort du capitaine Joris ?


Des signes négatifs. Le silence. Le regard de Maïgret revenait sans cesse vers Martineau.
Puis des pas précipités, dehors, des coups nerveux frappés à la porte. Lucas, après un instant d’hésitation, alla l’ouvrir. Quelqu’un entra en courant: Julie, tout essoufflée, qui commença, haletante :


— Commissaire. Mon… mon frère…

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沈黙が|流れた。||村長は|石像のように|動かず、|その目は|あまりにも|じっとしていて、|そこに|命の|存在を|感じることさえ|できなかった。||グラン=ルイは|立っている人間の|まん中で、|一人だけ|腰かけたまま、|頭を|かき、|あくびを|していた。


「あんたの|名前は|マルティーノか?」


「ジャン・マルティーノです!」


「じゃあ、|ジャン・マルティーノ、|よく|考えろ。||本当に|俺に|話すことが|ないのか、|もう一度|考えてみるんだ。||ここにいる|誰かが、|近いうちに|重罪裁判所へ|送られる|可能性は|十分に|ある!」


「お話しすることが|ないだけでは|ありません。||必要な|手続きを|取ってもらうため、|領事館に|知らせる|許可を|いただきたい」


これで|二人目だった!||グランメゾンは|告訴を|すると|おどし、|マルティーノも|同じことを|しようと|していた!||ただ一人、|グラン=ルイだけは|脅したり|することは|なく、|酒さえ|あれば、|どんなことも|気にせず|受け入れていた。

外では、|満ち潮の|時刻を|迎えた|嵐が、|最も|激しい|音を|立てていた。

リュカの|顔つきは、|何を|考えているかを|はっきりと|表していた。||きっと、|こう|思っていたのだ。

『とんでもないことに|なったぞ!||今度こそ、|何か|見つかってくれれば|いいが!』

メグレは|怒ったように|パイプを|ふかしながら、|部屋の中を|行ったり来たり|していた。


「つまり、|ジョリス船長の|身に|起きたことも、|その|死についても、|あんたも|村長も|何も|知らないって|ことだな?」


二人は|首を|横に振った。||そして、|沈黙が|続いた。||メグレの|目は、|何度も|マルティーノへ|戻った。

そのとき、|外から|急いで|走る|足音が|聞こえ、|続いて、|扉を|せわしく|たたく|音がした。||リュカは|少し|ためらってから、|扉を|開けに|行った。||誰かが|走り込んできた。||息を切らした|ジュリーだった。||彼女は|息を|切らしながら、|話し始めた。


「警部さん、|私の|・・・、|私の|兄は|・・・」

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Et au même moment elle se taisait, restait interdite devant Grand-Louis qui se levait, dressait devant elle sa silhouette énorme.


— Votre frère ?.. insista Maigret.


— Rien… je…


Elle essaya de sourire tout en reprenant son souffle. Comme elle marchait à reculons, elle heurta Martineau, se tourna vers lui sans paraître le connaître et balbutia :


— Pardon, monsieur…


Le vent s’engouffrait par la porte qu’on avait oublié de refermer.

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すると|そのとき、|彼女は|急に|黙りこみ、|立ち上がって|自分の前に|大きな|体を|そびえ立たせた|グラン=ルイを|見て、|呆然とした。


「お前の|兄だって?……」と、|メグレが|念を押した。


「何でも|ありません……|わたし……」


彼女は、|息を|整えながら、|無理に|笑顔を|見せようとした。||後ずさり|していたので、|マルティーノに|ぶつかった。||彼女は|相手のほうを|振り向いたが、|まるで|見覚えが|ないようで、|口ごもりながら|言った。


「ごめんなさい、|ムッシュー……」


閉め忘れられた|扉から、|風が|吹きこんでいた。

  1. トロムソ(Tromsø)は、ノルウェー北部のトロムス県にある港町です。北極圏の約350キロ北に位置し、北ノルウェー最大の都市として知られています。町の中心は、ノルウェー本土に近いトロムソ島にあります。(Tromsø kommune)
    ただし、トロムソはロフォーテン諸島の中にはありません。ロフォーテン諸島よりかなり北にあり、両者の間にはセニャ島やヴェステローレン諸島があります。観光案内でも、トロムソとロフォーテンは別の地域として扱われています。(ノルウェー観光ガイド)
    原文の、『Tromsö, dans les îles Lofoten』という表現は、地理的には正確ではありません。
    シムノンが|北ノルウェーの漁業地帯を|大まかにロフォーテン地方として書いたか、単純に地理を取り違えたものと考えられます。
    ↩︎